Figure 2 Style : Entrez (vous aussi) dans la danse

Figure 2 Style | Photo DR

Figure 2 Style | Photo DR

Dès le 15 septembre 2014, la compagnie phare de Chenôve, Figure 2 Style prend ses quartiers dans le nouveau centre culturel Le Cèdre. Elle continue d’y cultiver un esprit d’ouverture et de diversité, salutaire pour les nouvelles générations.

Car la culture d’une manière générale doit continuer à se nourrir de valeurs fortes, s’enraciner dans la vie pour lui donner du sens …et surtout ne pas devenir un quelconque produit de consommation, c’est en tous cas l’avis de Fabrice Fiossonangaye, à la tête de la compagnie depuis plus de 15 ans.

Clips, chorégraphies de stars, créneau exclusif aux banlieues… Et si l’industrie télévisuelle se trompait carrément sur le hip hop ?

Chenôve est en effervescence autour de sa nouvelle salle, Le Cèdre, qui devrait transformer votre quotidien ?

Pour nous cette salle sera synonyme d’évolution claire, de gros changement. [Jusque-là, Figure 2 Style occupait la maison de la Danse] La structure est neuve, toutes les conditions sont réunies pour que l’on puisse travailler correctement. La taille de la salle sera doublée voire triplée par rapport à celle où nous travaillons actuellement.

Monsieur le Maire a souhaité que nous ayons notre propre salle, dédiés aux cours de danses urbaines. Nous aimerions pouvoir nous implanter encore plus dans ces lieux, encore trop neutres, pour en faire battre le cœur et les animer. Nos bureaux seront installés là également, mais sans cette indépendance pure qui a caractérisé l’époque ” maison de la Danse ” où nous étions vraiment ” chez nous “. (Lire ici notre article à propos du centre culturel du Cèdre)

C’est la rentrée des classes, qu’a-t-elle de particulier cette année ?

Notre idée générale est de pouvoir permettre cette année aux enfants de Chenôve, par le biais de l’aménagement du temps scolaire, de pouvoir intégrer la nouvelle structure du Cèdre. Nous essayons de travailler à 100% avec toutes les écoles primaires de Chenôve pour faire en sorte qu’ils puissent avoir accès à la danse hip hop et la structure culturelle Le Cèdre et se l’approprier.

Nous nous ouvrons aussi à de nouveaux publics à travers un cours qui mixe culture hip hop et sport : le cardio dancing, il est dédié à ceux qui souhaitent pratiquer un sport tonique sur un fond musical et une ambiance hip hop sans forcément faire de spectacles ou s’imprégner plus que cela du mouvement culturel.

Est-ce qu’à la rentrée vous n’accueillerez que des jeunes ou des enfants ?

Non, nous dansons aussi avec les parents ! Ils ont en moyenne entre 35 et 45 ans. Ils sont arrivés là par le biais des spectacles, ou via leurs enfants. Ils viennent en fin de cours, ils regardent, s’aperçoivent que d’autres parents sont présents, et puis ils se disent pourquoi pas ! On sent qu’il y a un réel besoin de se dépenser, de faire autre chose, de se prouver quelque chose. Se dire je suis capable d’effort physique, de monter sur scène, c’est une façon aussi de se sortir d’une certaine routine. Ce cours est très ouvert, notre élève la plus mûre devait avoir 57 ans. Nous accueillons trente personnes dans le groupe des parents.

Mais nous aimerions mettre en place un autre cours dont nous avons parlé cet été, avec des mères du quartier : elles nous ont proposé de faire une activité physique entre elles. On leur a proposé de venir, de les fédérer et de faire en sorte qu’elles travaillent ensemble entre elles et qu’elles puissent se dépenser d’une autre manière et avoir une autre activité. Ce devrait être lancé bientôt.

En quoi est-ce important aujourd’hui de transmettre les cultures urbaines à ceux qui y sont réceptifs ?

Les gens viennent retrouver ici une ambiance familiale, des valeurs toutes simples de fraternité qui existent dans les petites communautés. Aujourd’hui, avec la télé, les cultures urbaines sont très visibles pour le grand public, on les consomme. Elles suscitent un très vif engouement, mais selon moi l’image que l’on donne de la culture hip hop à travers ces canaux est complètement biaisée. C’est comme tout  : on mixe tout pour que ça plaise et on donne ça à manger aux bêtes – histoire de vendre, de gagner en notoriété.

Et ça marche, les gens ne cherchent pas plus loin : ” Je veux faire comme dans tel film, comme dans tel film “. C’est dangereux et ambigu : sans bases solides, ça peut s’éteindre très vite. On va d’une discipline à l’autre en les oubliant au fur et à mesure. C’est une consommation de la culture et non plus une construction. Je crois personnellement, qu’on a besoin fondamentalement des racines, d’expliquer ce que c’est. Que les gens puissent se projeter, que cela pénètre dans leur esprit, qu’ils apprennent cela comme une façon de vivre pour ceux qui le souhaitent. La danse hip hop ce n’est pas lié qu’à des gamins, des banlieusards, on est loin de tout cela aujourd’hui.

” Je veux faire comme dans tel film, comme dans tel film ” … C’est une consommation de la culture et non plus une construction”

Notre rôle est de transmettre cela et le faire perdurer dans la vie de nos élèves. On ne veut pas que passé 20 ans, ils se mettent au costume cravate en ayant tout oublié. Les valeurs du hip hop, c’est paix, amour et unité : respecter son prochain, se respecter soi-même, être fier de ce que l’on est, de ses origines et les défendre. A la base, le hip hop, c’est tout cela, ce n’est pas juste une mode. Nous ça nous a tout apporté, ça nous a fait voyager, aujourd’hui, on en vit. Alors pourquoi pas les autres ?

Quels seront les nouveaux (et originaux) projets de Figure 2 Style pour 2014-2015 ?

En plus de tous nos cours habituels, on s’est tourné vers le handicap. Nous essayons de voir comment travailler avec des structures très diverses : un hôpital psychiatrique, des handicapés moteurs, des déficients visuels, des sourds-et-muets. D’ailleurs, je garde un souvenir assez ému de ces enfants sourds et muets que nous avons eu en stage et qui sont venus s’inscrire dans un cours normal. C’était un sacré challenge de les intégrer dans un groupe d’entendants.

Le 13 septembre à 18 heures, Figure 2 Style donnera un spectacle gratuit pour l’inauguration du Cèdre à 18 heures en plein air. Rendez-vous au centre culturel Le Cèdre  (terminus du tram n°2 )

Les commentaires sont clos.

  1. J’ADORE CE GROUPE !

    MOI le jeudi 11 septembre 2014 à 18h26

  2. On ne crane pas, on (n’)tou-te-s de “Ch’nôve”!

    Dijon Autrement le jeudi 11 septembre 2014 à 18h31