Subjectif : Les 5 incontournables de la rentrée pour l’Opéra Dijon

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Les grandes civilisations ont souvent acquis au summum de leur puissance, un raffinement culturel délicieux. L’Europe n’a pas fait exception à la règle à l’époque des Lumières. Aussi, chaque année, depuis 2008, l’Opéra Dijon, véritable gardien du temple en Côte-d’Or, restitue le goût des chefs-d’œuvre qui ont participé au rayonnement du Vieux continent.

Un frisson à Prague

Cette année, on parlera de Prague, cette capitale d’Europe pas si lointaine qui s’épanouit aujourd’hui richement aux confins du monde occidental en s’imprégnant du monde slave. La vie de Bohème, vous en rêviez ? Sachez que Prague est la capitale historique du Royaume de Bohème ! Le ton est donné, il ne vous reste qu’une barrière : celle de franchir la porte d’un lieu (qui semble) trop important pour vous.

L’opéra, le ballet, les orchestres… Vous y croiserez peut-être vos parents ou grands-parents en tenue du dimanche, mais sachez que les jeunes aussi s’y bousculent. Déjà parce que la plupart des œuvres sont rénovées, les metteurs en scène font exploser les codes inventés sous Louis XIV, les acteurs ne portent pas de perruques à bouclettes (si, si!) et les musiciens mouillent le costume pour permettre aux spectateurs d’accéder au septième ciel et de nager avec les dieux pendant une ou deux heures.

Car oui, c’est du frisson que vous venez chercher ici. Celui des emportements symphoniques intenses comme des tsunamis, celui des voix puissantes des acteurs d’opéra, de celles qui vous transpercent ou vous arrachent une larme d’émotion, collé par les G à votre fauteuil de velours, voire celui de la grâce d’un mouvement encore inégalé par Madonna ou Chris Brown.

Alors, au moment où la culture mainstream engloutit l’imaginaire français, via les radios ou les cinémas, pourquoi ne pas imposer fermement sa résistance à une certaine défaite de la pensée – Disneyland a vaincu Shakespeare, pense tout haut Alain Finkelkraut. Peut-être pas, lui direz-vous. Vous qui incarnez cette génération slow (comme le Miroir), celle qui ne veut pas troquer la qualité du propos contre la vacuité d’un refrain de clip de pop, celle qui ose dire que la culture, c’est plus sexy que les mini-shorts, celle qui se révolte en lisant des manifestes politiques plutôt qu’en se tatouant la cheville…

Prague vous attend à l’Opéra Dijon, parce que c’est ça, après tout, la vie de Bohème.

Prague à l’Opéra, c’est :

Les Muffatti, avec Vivaldi en Bohème est un orchestre belge dirigé par le très sympathique Peter Van Heyghen. (le 16 octobre à 20 heures à l’Auditorium)

Pour mieux les connaître et surtout pour se convaincre qu’il faut absolument aller les voir, regardons ensemble cet extrait vidéo.

Martinu et la France par l’Orchestre de chambre de Basel et le Quatuor Julliard nous promènent dans l’univers d’une figure indépendante de la musique tchèque par son visage le plus souriant. (dimanche 16 novembre à 15 heures à l’Auditorium)

Les Nuits d’Angelin Preljocaj se tourne vers les mystères d’un Orient rêvé : Les Mille et unes nuits de Shéhérazade, l’intelligente et la cultivée. (Le spectacle n’a rien de Tchèque, mais le chorégraphe est de culture slave, originaire des Balkans, un peu plus au sud). (Les vendredi et samedi 24-25 octobre à 20 heures et le dimanche 26 à 15 heures à l’Auditorium)

Andreas Staier et le Concerto Köln proposent avec Classiques à Prague, quelques perles rares délaissées par les salles de concert, dont la symphonie n°27 d’Antonio Rosetti, dont les symphonies furent à l’époque aussi prisées que celles de Haydn ou Mozart. Jeudi 20 novembre à 20 heures à l’Auditorium)

La Messe du couronnement de l’Insula Orchestra et l’Accentus (choeur) avec sa soprano Nuria Rial devraient pouvoir vous envoûter dans ce morceau du jeune Mozart joué lors du couronnement du roi de Bohème, Léopold Ier. (le 7 octobre à 20 heures à l’Auditorium) Un avant-goût ici :

Les commentaires sont clos.

  1. Excellente saison que celle qui s’annonce. Avec tant d’oeuvres et d’artistes à (re-)découvrir ! Katia Kabanova, Wozzeck, Brundibar, der Kaiser von Atlantis… William Christie, Jordi Savall, Emmanuelle Haïm… on en redemande !

    andorcet le jeudi 4 septembre 2014 à 21h51