Montbard : Avant les Sénatoriales, petites pressions (et démission) entre amis ?

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Parce qu’elle ne partageait pas les mêmes convictions politiques avec le maire de la ville, Nadine Roger a dû abandonner son poste de conseillère municipale de . Sauf qu’elle aurait dû le faire sous la pression. C’est en tout cas ce qu’elle insinue dans un courrier envoyé à la préfecture. , la maire de la ville souhaite porter l’affaire devant justice.

Une démission “sous la contrainte” ?

Ça ne fait plus vraiment de doute, fin septembre, le Sénat devrait basculer à droite. Reste encore à savoir qui y représentera la Côte-d’Or. Le sénateur UMP sortant, , remet bien son titre en jeu, mais doit faire face à une dissidence, du nom de . Ce dernier, lui aussi encarté à l’UMP, a placé en seconde position sur sa liste le maire UDI de Montbard, Laurence Porte. Alors quand Alain Houpert a souhaité venir rencontrer les grands électeurs dans cette ville de Haute Côte-d’Or, il s’est retrouvé bien seul. “Il y avait deux personnes, dont une par pur hasard. L’information n’avait pas été faite”, déplore-t-il.

La deuxième personne présente n’était autre que Nadine Roger, conseillère municipale déléguée à l’action culturelle de la commune de Montbard. Ce statut de conseillère municipale lui donne aussi le droit de voter pour les élections sénatoriales. C’est ce qu’on appelle un grand électeur. Mais visiblement, la maire de Montbard aurait préféré qu’elle apporte son soutien à sa liste, celle menée par Gilbert Menut. “Je n’ai pas apprécié la façon dont le sénateur Houpert a été reçu, ou plus exactement non reçu, ce qui n’est pas digne d’une vraie démocratie”, écrit Nadine Roger dans sa lettre de démission. “Je ne peux accepter votre décision d’imposer le choix d’une liste à vos conseillers grands électeurs”.

Contactée vendredi 29 août, Laurence Porte répond : “Je suis étonné que la démission d’une simple conseillère fasse autant de bruit. C’est un choix qu’elle a fait de son plein gré, pour ses raisons propres”. Sauf que Nadine Roger n’est pas de cet avis. Car si l’élue a bien présenté sa démission, elle a ensuite, dans la foulée, envoyé un courrier à la préfecture de Côte-d’Or afin de revenir sur sa décision.

Une plainte pour diffamation

Alors que dans la première missive, elle mettait en avant ses “divergences croissantes d’opinion” et les “problèmes posés par son appartenance politique”, le style de la seconde lettre est plus académique, mais aussi plus accusateur : elle explique avoir signé sa première lettre “sous la contrainte, après que la maire l’a convoqué et humilié dans son bureau, en présence du premier adjoint de l’équipe municipale”. Le courrier a été déposé le 28 août à la sous-préfecture de Montbard.

Sauf que les démissions de simples conseillers ne passent pas devant la préfecture, même si l’information de ce corps de l’État est obligatoire. C’est en effet ce que prévoit l’article L. 2121-4 du Code général des collectivités territoriales. Ce second courrier est donc totalement inutile. Pour Laurence Porte rien de tout cela n’est vraiment justifié. Jamais elle “n’a porté atteinte au processus démocratique”, explique-t-elle. “Il n’y a aucun lien avec les Sénatoriales […] Quand on joue la carte perso, on prend ses responsabilités”…

“Cette polémique détourne l’attention des grands électeurs du débat”, poursuit Laurence Porte, qui refuse cependant de voir un quelconque lien avec la candidature d’Alain Houpert. Pourtant ce dernier se dit “stupéfait” par cette nouvelle. “Ce n’est pas ça la droite républicaine. La politique se fait par la séduction, pas par la peur”. Une plainte pour diffamation est désormais instruite par Laurence Porte et son premier adjoint. “Ces accusations sont très graves. Aussi, nous nous réservons le droit d’adjoindre à cette procédure, toute personne qui reprendrait ces affirmations”…

Depuis la publication de l’article de nos confrères du Bien Public, mardi 2 septembre, Nadine Roger refuse de communiquer : “Tout ce que j’ai dit est exact. Mais je dois d’abord voir avec des personnes qui sont proches si je peux parler”. Elle ne citera qu’un nom, celui qui l’a suivi dans cette affaire : un ancien assistant parlementaire d’un certain… Alain Houpert.

Les commentaires sont clos.

  1. Un autre élément est à prendre en compte. Cette pseudo dissension entre ces candidats de droite aura pour réelle conséquence d’écarter les femmes du sénat! La candidature du maire de Montbard se fait en réalité au détriment de Anne-Catherine Loisier!

    Chatmot le jeudi 4 septembre 2014 à 10h16