Orchestre Dijon Bourgogne : Le directeur musical demande aux passionnés “d’élever la voix”

2014-06-17-orchestre-dijon-bourgogne-presentation

“La création de la musique et de l’art devrait être en dehors de tout et comme telle, indépendante de toute pression et décision à caractère politique”. Gergely Madaras, directeur musical de l’ demande, dans un communiqué, à l’ensemble des passionnés de musique “d’élever la voix à chaque opportunité contre ce procès dégradant, et de manifester leur solidarité par la signature de la pétition“.

La structure, né de la fusion de l’orchestre de l’opéra de Dijon et de la Camerata de Bourgogne en 2009 serait menacé, en danger de mort même, selon sa direction. La ville a en effet décidé de ne pas verser la subvention supplémentaire exceptionnelle que lui demandaient le président et le directeur de l’orchestre. “La mairie n’a ni la vocation ni les moyens de pallier une gestion déficiente par le versement de dizaines voire de centaines de milliers d’euros supplémentaires”, expliquait l’adjointe à la Culture, Christine Martin en juillet 2014.

“Depuis ce mariage forcé, et malgré de nombreuses difficultés, l’orchestre s’est amélioré avec le temps, devenant un ensemble original et dynamique”, répond Gergely Madaras. “Lors de notre concert de clôture de la saison, nous étions pleins d’espoir que ces difficultés n’étaient que passagères et que nous pourrions les régler sans tarder et en bonne foi de la part de tous”.

L’Orchestre annonce même qu’il sera, dès septembre, le premier orchestre régional à disparaître dans un contexte culturel et social déjà inquiétant. “J’espère qu’avec notre engagement de continuer l’œuvre que nous avons entamée et le soutien sans relâche de nos nombreux et fidèles supporteurs, les politiciens responsables se rendront compte de la valeur de ce trésor”, ajoute Gergely Madaras.

Lire le communiqué de presse ci-dessous.

“Je suis profondément concerné par l’avenir de l’Orchestre Dijon Bourgogne, cet ensemble de 46 musiciens hautement qualifiés et très talentueux, pleins de détermination et professionnalisme, tous enflammés de la passion pour la musique.

En 2009, l’orchestre a vécu et surmonté une période difficile. C’était le temps où l’orchestre de l’Opéra – récemment banni de l’Opéra de Dijon – et la Camerata de Bourgogne ont été réunis, par une décision politique. Depuis ce mariage forcé, et malgré de nombreuses difficultés, l’orchestre s’est amélioré avec le temps, devenant un ensemble original et dynamique. Merci à la nouvelle équipe administrative et à son directeur général, Daniel Weissmann, qui a bâti une politique prospère ; qui a fait preuve de discipline, d’une éthique sans faille ; qui a conduit des projets musicaux avec audace et succès tout en maintenant la stabilité économique de l’orchestre.

J’ai rejoint l’ODB l’année dernière en tant que directeur musical. Durant notre dernière saison – la première de tant d’autres que nous avions envisagées ensemble – nous avons commencé à développer quelque chose de spécial dont a témoigné l’atmosphère même de chacune de nos répétitions pleines d’énergie, de satisfaction et d’excitation en vue de l’avenir prospère et des projets créatifs futurs.

Nous étions persuadés qu’à travers nos répétitions et concerts, nous forgions notre propre voix unique et distincte, et que nous étions sur la bonne voie pour atteindre nos buts artistiques. Notre public a aussi ressenti le nouveau ferment : la saison passée, nous avions vendu quatre fois plus de billets que l’année précédente ; cela signifiait que les habitants de Dijon et de la région devenaient de plus en plus curieux et se sentaient mieux impliqués dans l’évolution excitante de Leur orchestre.

C’était une période glorieuse, et malgré certaines difficultés lors de notre concert de clôture de la saison, dues aux tensions budgétaires, nous étions pleins d’espoir que ces difficultés n’étaient que passagères et que nous pourrions les régler sans tarder et en bonne foi de la part de tous.

Mais cette promesse et cette harmonie ont été détruites par un désastre qui s’est abattu sur nous sans crier gare. Désormais nous commençons peu à peu de perdre ce qui nous reste d’espoir de continuer ce voyage excitant et plein de promesses dans lequel nous étions engagés.

Les musiciens de l’ODB et leur directeur général sont pleins d’amour pour leur région, son héritage culturel et artistique. Ils ont consacré leurs vies à la rendre encore plus belle et apporter de la joie à ses habitants de tous âges et sans distinction, les passionnés de musique ainsi que ceux qui commencent seulement à l’apprécier.

Le temps que nous avons passé ensemble à créer une musique superbe nous a tous rapprochés, et je tiens énormément à toute l’équipe et à tous les musiciens de l’ODB. Je me sens profondément et sincèrement attristé, désenchanté en voyant à quel point notre groupe peut être vulnérable aux bouleversements et décisions politiques. Je crois que les responsables de cette situation ignorent complètement le travail crucial et d’extrême importance qui est mené par cet orchestre et toute son équipe de direction, le travail qu’il développe et qui enrichit la région musicalement en contribuant à son image encore plus progressiste.

Nous sommes les artistes, et non pas les politiciens, et la seule chose que nous pouvons faire est de nous lever et manifester notre dévouement et notre passion pour notre métier d’artiste. La création de la musique et de l’art devrait être en dehors de tout et comme telle, indépendante de toute pression et décision à caractère politique. Prouvons que nous n’abandonnons pas nos principes ! Il y avait un orchestre à Dijon longtemps avant la forme représentée par l’ODB, et il nous en faut un à l’avenir longtemps après nous, pour maintenir les habitants de Dijon et de la Bourgogne en état d’éveil culturel.

J’espère qu’avec notre engagement de continuer l’œuvre que nous avons entamée et le soutien sans relâche de nos nombreux et fidèles supporteurs, les politiciens responsables se rendront compte de la valeur de ce trésor, cette richesse que l’ODB offre à la région et à ses habitants. Je crois sincèrement qu’ils comprendront à quel point l’existence de cet orchestre unique est irremplaçable, fondamentale et que l’ODB est une institution qui dans un plus grand intérêt public doit être protégée, supportée et sauvée.

Je demande à tous les passionnés de musique d’élever la voix à chaque opportunité contre ce procès dégradant, et de manifester leur solidarité par la signature de la pétition.”

Les commentaires sont clos.

  1. La clé du problème

    Dijon Autrement le dimanche 24 août 2014 à 14h31