Coldwater, portrait d’une jeunesse condamnée à la violence

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“Je préférerais être en prison plutôt qu’ici. Au moins en taule, tu sais quand tu sors”. C’est ce qu’affirme un des co “détenus” de Brad, dans le camp de redressement de Coldwater.
Aux États-Unis, plusieurs jeunes délinquants sont “rééduqués” dans ce genre de camps et certains n’en sortent jamais.
D’emblée, Vincent Grashaw, jeune producteur de Bellflower, nous plonge dans cet enfer où des jeunes sont affamés, brutalisés et torturés jusqu’à devenir fou. Tout cela à travers les yeux d’un petit dealer de drogue incarné par le jeune P.J Boudousqué, dont la ressemblance avec Ryan Gosling est assez frappante. D’où la phrase accrocheuse sur l’affiche : “la jeunesse version Dog Pound du personnage de Ryan Gosling dans Drive“.
Avec Coldwater, Grashaw ne prend pas de pincettes : on est immédiatement déstabilisé par cette ambiance claustro de camp militaire croisé avec Guantanamo. Les gardiens, aussi déconnectés du monde réel que leurs victimes, prennent un malin plaisir à humilier et tabasser sans retenue. Un présent forcément dur, filmé de manière frontale et entrecoupé de flash-back du passé criminel du héros.
Le réalisateur a encore un peu de mal à trouver ses marques, promettant une vision réaliste d’un camp “encadré par aucune loi fédérale”. Mais en même temps il s’arme d’une histoire assez conventionnelle avec tous les clichés du genre, malgré un dénouement des plus extrême.
Rien de très nouveau dans ce film. Il n’en ressort pas moins une image glaçante de la jeunesse américaine d’aujourd’hui, une génération perdue menée inexorablement à la folie destructrice. Les fans d’American History X apprécieront.

(Critique : Alice Chappau pour Le Miroir, en partenariat avec le cinéma Le Devosge, Dijon)
Projection VOST : Tous les jours 18h et 22h – du 15 juillet au 22 juillet (Plus d’infos ici)

Les commentaires sont clos.

  1. Halte à la violence, ambigüe!
    J’ai préféré aller voir “The Zero Theorem” de l’excellent Terry Gilliam.

    Dijon Autrement le mardi 15 juillet 2014 à 13h21

  2. Bonne idée, ce film!

    CamilleG le mardi 15 juillet 2014 à 16h49

  3. Il y a pire: “American Nightmare 2: Anarchy”, un film putride au possible

    Dijon Autrement le mercredi 23 juillet 2014 à 10h09