Alain Houpert (UMP) pointe la “totale décadence” de l’éducation nationale

Le sénateur UMP de Côte-d’Or et conseiller municipal de Dijon, , signe une tribune pour s’insurger contre les propositions du ministre de l’Education Nationale. “Rien, décidément rien de ce que ce gouvernement propose n’élève les Français vers le meilleur et la grandeur”, écrit-il.

Lire le communiqué de presse ci-dessous.

“Les couleurs du déclin

La France est en déclin et notre éducation nationale est en totale décadence.

Le projet de suppression des notes dans le cursus scolaire proposé par notre nouveau Ministre de l’éducation nationale montre à quel point nous nous engageons dans un processus d’isolement.

Une mauvaise note n’a jamais été un drame pour un élève qui travaille, quant à la bonne note, c’est la récompense d’un effort et aussi la satisfaction personnelle qui encourage à aller plus loin.

C est l’échec qui fait avancer, vieil adage d’un autre temps…

Supprimer les notes, c’est renoncer à la valeur du travail et surtout à la notion et au sens de l’effort. Plutôt que de soigner la fièvre, on casse le thermomètre !

Avec ce funeste projet, on va encourager le renoncement, le nivellement par le bas, le “à quoi bon” .

La gauche ne veut pas de français trop intelligents ni trop cultivés, la moyenne lui va très bien. L’obsession égalitariste s’apprête à former officiellement des français moyens qui n’auront plus le sens de l’effort ni de l’excellence. Des Français qui seront définitivement hors de la course européenne, hors de la compétition internationale.

Notre système est déjà incroyablement laxiste par la non reconnaissance ne serait-ce que du civisme et que du respect des professeurs.
Où est la valeur de l’exemple si chère à Jean Jacques ROUSSEAU : ” Proposons de grands exemples à vivre plutôt que de vains systèmes à suivre” …

Rien, décidément rien de ce que ce gouvernement propose n’élève les Français vers le meilleur et la grandeur.

On veut masquer aujourd’hui la médiocrité d’une politique éducative par des couleurs qui ne veulent rien dire ailleurs qu’en France. En remplaçant les notes par les couleurs, on encourage le laxisme et on décourage les bosseurs.

Pourtant le travail et l’effort sont de belles valeurs qui donnent aux jeunes générations le sentiment de leur jeune dignité, pleine d’avenir et pourquoi pas d’ambition, osons le mot.

Les “notes” font partie de l’existence, comment le nier … et ce n’est pas de la malveillance. Qui n’a pas vu un enfant revenir à la maison fier de ses notes, se sentant admis et reconnu ? C’est le début de la socialisation. Alors pourquoi changer les valeurs en couleurs, à quoi joue t-on, quelle est cette bienveillance malsaine et démagogique ?

Diluer les valeurs dans les couleurs, quel beau programme éducatif !

Benoît Hamon c’est le Ministre de la couleur et François Rebsamen, le Ministre du chômage ! Les derniers chiffres sont accablants avec toujours plus de chômeurs … 25300 chômeurs de plus pour le mois de mai, nouveau record. François Rebsamen espère désormais se rattraper sur les seniors…

Ces deux ministres vont réussir à faire définitivement sortir la France hors du rail …

Quant à nos professeurs, qui eux aussi ne sont plus notés, là encore il y a une singularité française. Il n’y a plus d’inspection des académies sur le niveau des enseignants ou si peu, il s’agit souvent d’une formalité administrative.

Le dernier rapport de l’OCDE de juin 2014 dénonce notre laxisme en termes d’évaluation et de notation des professeurs. La formation continue des enseignants s’est réduite comme une peau de chagrin, cette étude montre à quel point les enseignants français sont livrés à eux-mêmes.

Il ne faut pas s’étonner que les contenus des cours n’évoluent pas beaucoup au fil des ans et soient de plus en plus déconnectés du monde du travail, des nouveaux besoins de notre économie. On fonctionne et on éduque comme si le marché de l’emploi était immobile, comme si la France vivait en vase clos, c’est dire à quel point ce système éducatif français porte malheureusement bien son nom.

Certains enseignants, plus lucides ou plus courageux que d’autres, ont exprimé le besoin d’être formés en continu et de manière différenciée selon les niveaux des classes.

Cette demande est restée lettre morte, le ministère ne sait toujours pas faire.

Dans l’éducation nationale française, on fait du “pédagogisme”, les formations, quand elles existent, sont essentiellement axées sur le comportemental, plutôt que les nouvelles technologies par exemple.

Après les professeurs, il est normal d’appliquer le même traitement aux élèves, niveler par le bas, “médiocriser” et créer des fonctionnaires. Soixante mille nouveaux enseignants ont été créés depuis deux ans dont nous n’avons nul besoin.

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.”

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