Comment bien protéger ses vignes de la grêle ?

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Depuis trois ans maintenant, chaque été est devenu synonyme de tempête de grêle. Des grêles qui endommagent fortement les cépages côte-d’oriens. A tel point que les orages de ce week-end auraient touché 625 exploitations. “Des exploitations qui jouent leur destin” après chaque trombe, souligne François .

Le président du conseil général de Côte-d’Or était présent ce lundi 30 juin à , où il rencontrait les présidents de syndicats viticoles. Dans les vignes, les plants sont sévèrement touchés, pratiquement 90%. Les grappes sont éventrées, le temps est humide et les viticulteurs craignent qu’elles ne pourrissent. Le seul remède ? Du vent et du Soleil pour soigner les plaies.

Les inquiétudes quant aux prochaines récoltes sont sérieuses, ce qui vient à se poser cette fatidique question : comment protéger au mieux son exploitation des aléas météorologiques ?

1. S’armer de canons anti-grêle

C’est l’arme principalement utilisée dans le pays. Ces canons produisent une détonation, donc une onde de choc, qui se propage du sol jusqu’aux nuages menaçants. Dans la théorie, ils sont sensés empêcher le grossissement des grêlons en fragilisant leur couche externe, entravant ainsi leur fusion avec d’autres plus gros dans le nuage.

Seulement, dans les faits, l’effet est difficilement évaluable. D’une part, il faudrait que les viticulteurs détectent suffisamment tôt la menace céleste, entre 5 et 20 minutes avant qu’un orage n’éclate, sinon les ondes ne seront d’aucune efficacité sur des grêlons déjà consistants.

Aussi, même utilisé à temps, l’effet réel est immensurable. Un orage n’implique pas forcément de la grêle, et lorsque c’est le cas, la taille des grêlons varie selon la condition atmosphérique. En clair, une fois tombés au sol, difficile de savoir si les canons ont eu un réel impact sur la formation de cette pluie de glace, puisqu’il est impossible de connaître les dimensions de ces orbes de glace dans le nuage.

Au Mexique, ce système est largement utilisé et subventionné par l’État, tous les canons sont automatiques et reliés à des radars de détection d’orages. En Côte-d’Or, pourquoi ne pas faire une ceinture stratégique de canons puisque les orages arrivent manifestement de la même direction ?

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

2. Se cacher derrière des filets

Un moyen de protection peu utilisé et pourtant efficace. S’il a fait ses preuves en Italie ou en Argentine, en France il peine à s’imposer. Et pour cause, son coût relativement élevé pour couvrir plusieurs hectares. En revanche, son principe est des plus simples : un solide filet est installé autour et/ou au-dessus des plants. Son maillage serré limite les dégâts et seuls les plus petits grêlons passent au travers.

Technique, le filet comporte plusieurs paramètres : son ancrage, son câblage, le type de filet, sa coloration, leurs attaches…

3. Lancer des fusées paragrêle

Comme pour les pétards et les fusées de feux d’artifice, l’utilisation de fusée paragrêle doit se faire avec précaution. D’autant plus qu’elles peuvent présenter un danger pour la santé des exploitations. Bourrées d’iodure d’argent, elles explosent dans l’orage et ont pour but de limiter la croissance des grêlons, comme pour les canons. Le côté aléatoire de la pratique fait qu’elle est finalement peu utilisée et ses effets sont contestables.

De son côté, François Sauvadet a promis de saisir le plus rapidement possible le nouveau préfet afin d’instaurer une “instance technique faite de professionnels afin d’évaluer chaque cas et envisager par la suite une entente interprofessionnelle”. Face à des viticulteurs pas forcément convaincus, il insiste : “le conseil général s’engage financièrement à vous aider”. Et de se justifier qu’il ne “connaît pas un seul domaine qui arrive à vivre avec 70% de pertes sur ses vignes”.

Les commentaires sont clos.

  1. Replanter des vivrières

    Dijon Autrement le mercredi 2 juillet 2014 à 20h14