Les antennes 4G riment-elles avec danger ?

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Elles sont partout autour de nous, en ville, à la télé ou à la radio. Elles, ce sont les publicités vantant les mérites du prochain réseau téléphonique à haut-débit , pour “quatrième génération”. Mais à Dijon, ce nouveau standard de la téléphonie mobile n’est pas encore actif.

Annoncée comme le messie de l’Internet mobile, la 4G devrait permettre de naviguer dessus à plus de 100 Mb/seconde, contre 42 Mb/seconde – au maximum – avec la actuelle. Mais qui dit plus de puissance dit-il également plus de danger pour la santé ?

Une arrivée prévue pour octobre

“Le réseau 4G arrive uniquement pour le réseau SFR en octobre sur Dijon”, indique le service clientèle du réseau le plus attractif du mois de juillet, selon une enquête du site lebonforfait.fr. Une nouveauté qui arrivera dans un mois, et dont le terrain est extrêmement bien préparé en amont par sa campagne de publicité. Le son de cloche est le même du côté de Bouygues Telecom, qui précise qu’il faudra néanmoins “s’équiper d’un téléphone compatible avec la 4G et du forfait qui va avec”. Un forfait qui s’élève à 34,99€/mois.

Pourtant, à SFR, il n’est pas question de présenter des abonnements spéciaux pour l’occasion : “Un forfait classique suffira avec votre téléphone compatible”. Mais alors, qu’est ce qui changera concrètement entre un téléphone compatible 3G et un autre 4G ? “Vous aurez une vitesse de connexion supérieure à 100 mB/s” en optant pour la deuxième option. Autrement dit, un simple portable aura une vitesse de connexion sans fil égale à celle d’un ordinateur relié par fibre optique à son fournisseur d’accès Internet (FAI).

Un projet de loi tué dans l’oeuf

Une puissance non négligeable qui aurait pu être bridée en début d’année. Une proposition de loi avait été faite par le groupe Europe écologie – Les verts (EELV) à l’Assemblée nationale, visant à “réduire l’exposition des citoyens aux rayonnements par l’application stricte du principe de précaution”.

Le texte préconisait une interdiction du Wifi – une technologie utilisant le même principe que celle des téléphones portables – dans les maternelles et écoles primaires, un encadrement plus strict de l’implantation des antennes-relais via un permis de construire et surtout la réalisation d’une étude d’impact avant la mise en œuvre du réseau 4G. Botté en touche, le texte avait été directement envoyé en commission des Affaires économiques… par la majorité socialiste !

Si vous n’êtes pas constamment accroché à votre cellulaire, vous êtes malgré tout concerné et affecté par l’arrivée de la 4G : deux nouvelles bandes de fréquence seront utilisées à son lancement, ce qui fait que tout le monde y sera exposé.

“Une 4G pas plus nocive que la 3G”

“Actuellement, il y a des travaux d’installation des nouvelles antennes-relais. Ils seront achevés vers la fin du mois d’octobre”, précise SFR. “Ce n’est qu’une fois notre réseau d’antennes à Dijon installé que nous activerons la 4G”. Des travaux qui n’ont pas encore porté leurs fruits, à en croire la carte des antennes mobiles présentes à Dijon. Au jeu de celui qui plantera le plus d’antennes, c’est qui mène la danse dans l’agglomération dijonnaise.

S’ajouteront alors aux 150 antennes-relais déjà présentes dans Dijon et ses alentours de nouveaux dispositifs aux effets sur la santé encore indéterminés. Aucune étude n’a été faite sur la nuisance de la 4G, mais de précédentes sur la dangerosité des ondes électromagnétiques prouvent que la menace existe. D’ailleurs, le Centre international de recherche contre le cancer a classé les radiofréquences comme étant “possiblement cancérigènes”.

“La 4G ne sera pas plus nocive que les générations précédentes”, explique néanmoins Raphaël, un ancien ingénieur d’. “Avant on avait des antennes puissantes, donc dangereuses, qui envoyaient des informations très simples. Ces antennes étaient nocives lorsque l’on passait devant, mais en s’en éloignant, elles devenaient moins fortes”. Le procédé s’est par la suite amélioré avec la 2G, en diluant la puissance des antennes mais en augmentant leur nombre sur un même territoire.

“Le réseau de la 3G a un signal plus élaboré, donc il y a plus d’informations envoyées qu’auparavant, le codage des informations est plus intelligent”, détaille-t-il en longueur. Et cette course effrénée à la connexion la plus rapide se concentre désormais sur l’optimisation du message envoyé. C’est ce principe que reprend la 4G.

“Ce nouveau signal sera mis en service sur les anciennes ondes qu’utilisait la télé hertzienne, à savoir sur les fréquences 800 MHz et 2,6 GHz. Finalement, c’est un retour à la case départ, puisqu’on se retrouve avec toujours autant d’ondes dans les airs”.

Multiplier par 3 le nombre d’antennes ?

De son côté, l’association Robin des toits considère qu’avec la prochaine arrivée du nouveau réseau de téléphonie, les “niveaux d’exposition augmenteront”, tout comme la “toxicité” de ces ondes sur les personnes (Lire ici TerraEco.net).

Un récent rapport émis par le Comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile (Copic) prétend que pour atteindre le niveau d’exposition recommandé par le conseil de l’Europe (0,6 V/mètre – à titre de comparaison un écran d’ordinateur génère un champ électromagnétique de 1 V/mètre) il faudrait tripler le nombre d’antennes-relais.

“Bien entendu, multiplier par trois, quatre ou cinq les antennes-relais afin de réduire l’exposition d’ondes à la population entraînera des travaux et des coûts bien plus importants, ce qui n’arrange guère les opérateurs”, répond l’association. Selon elle, il est possible de réduire les ondes sans affaiblir le réseau à l’extérieur, mais il se détériorerait au sein des bâtiments.

Et si le danger venait d’ailleurs ?

Entre puissance débridée pour un accès au réseau toujours plus rapide et vitesse modérée selon les lieux, il faut choisir. Et si le danger ne venait pas des antennes-relais mais plutôt directement de nos poches ?

“L’antenne qui me fait le plus peur, c’est celle du téléphone portable”, lâche Raphaël, “avant tu avais 15 portables dans ton quartier, maintenant tu en as 150. Et ce sont tout autant de terminaux qui rayonnent à travers le corps humain”. S’il est facile de s’éloigner d’une , il est nettement plus compliqué de s’éloigner de tout portable.

Il explique que les micro-ondes que créent les portables “agitent les molécules d’eau de notre corps”, les ondes utilisées se rapprochant de la fréquence de résonance de l’eau. Bien que l’impact sur le corps humain soit des plus minimes, il rajoute que cette “exposition est constante et inconsciente. Sur le long terme, ça peut être la plus grande catastrophe sanitaire de notre histoire”.

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