Le Centre pour “sortir de l’Europe des Bisounours”

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

, tête de liste / dans l’Est était lundi en campagne à Dijon, à moins d’une semaine des élections européennes. L’eurodéputée appelle à “cesser l’élargissement de l’Europe” au profit d’un “approfondissement”. Foncièrement pro-européen, le Centre regrette que l’Union soit trop souvent le bouc émissaire de toutes les difficultés nationales.

UDI et Modem, les deux grands courants du centre se sont donc mis d’accord pour cette campagne électorale des Européennes. “Ce n’est pas seulement pour passer un échelon électoral”, se défend Nathalie Griesbeck, alors que des dirigeants centristes s’inquiétaient en l’attendant au Rich Bar où se tenait la conférence de presse, d’avoir ne serait-ce qu’un élu dans la circonscription de l’Est. “Nous avons la même ambition européenne et de décentralisation”, assure l’eurodéputée.

Face à la prétendue montée de l’eurosepticisme, le Centre choisit d’être pragmatique. “L’Europe n’est pas seulement un idéal, mais une nécessité. C’est le seul chemin de la croissance et d’une certaine compétitivité”, assène Nathalie Griesbeck. “L’Europe n’est pas parfaite, mais elle est trop souvent le bouc émissaire”.  Pour renforcer cette Europe, l’UDI et le Modem plaident avant tout pour une harmonisation des règles fiscales et sociales pour éviter le dumping, surtout en faveur de pays de l’Est. “Nos premières propositions vont en direction de l’emploi, qui est la question qui inquiète le plus, à la fois ceux qui n’en ont pas mais même ceux qui en ont et qui doutent de l’avenir”, explique Nathalie Griesbeck.

L’Europe des Bisounours

Pour cela, les Centrises ne s’embarrassent pas de prendre des positions fermes. “Il faut cesser l’élargissement de l’Europe mais l’approfondir, notamment sur l’euro”, tranche Nathalie Griesbeck. “La politique européenne sur l’immigration est complètement schizophrénique”, continue-t-elle. En matière de règle d’accueil des migrants, pour l’instant, chaque pays applique plus ou moins ses propres règles. “Il faut peut-être instaurer des quotas et faire en sorte d’arrêter que la Méditerranée devienne un cimetière”.

Plus de lois communes, plus d’intégration européenne… Plus on est, et plus on sera fort dans la tourmente de la mondialisation. Mais le Centre est-il suivi sur cette ligne politique ? “Les Etats veulent plus d’Europe”, affirme Nathalie Griesbeck. “Mais ils veulent moins de règles et de taxes”. Pour la première fois de l’histoire de l’Europe, le budget de l’Union (environ 1000 milliards d’euros) est en baisse. “Il faut que l’on sorte de l’Europe des Bisounours où elle est ouverte à 80% alors que nos concurrents ne sont ouverts qu’à 20%”, martèle l’eurodéputée centriste.

Lignes rouges

Nos concurrents, ceux-là même qui pourraient devenir nos “partenaires”, en cas d’établissement d’une zone de libre-échange avec les Etats-Unis. Le traité transatlantique est devenu un sujet obligatoire de cette campagne des Européennes. “Au sujet de TAFTA”, se lance Nathalie Griesbeck, “certains ne veulent même pas en entendre parler. Notre position est de discuter sur des bases qui exigent la réciprocité. Le problème pour l’instant, c’est que les négociations sont totalement opaques. On ne sait même pas où elles en sont, seulement qu’elles sont ouvertes”.  L’eurodéputée plaide pour la démarcation de “lignes rouges”, notamment sur la sécurité alimentaire, avec le fameux “poulet au chlore”, le gimmick indispensable de la panoplie du candidat aux élections européennes. “Si mes lignes rouges sont dépassées, je voterais contre”, promet Nathalie Griesbeck.

En France, le Centre se démarque politiquement dans un débat national fortement polarisé entre gauche et droite. Mais au Parlement européen, le vote se fait plutôt entre pro et anti-Europe. Comment se positionne l’élue UDI/Modem ? “C’est simple, nous sommes numériquement le troisième groupe, celui qui fait les votes”, veut croire Nathalie Griesbeck. Sur la plupart des sujets, gauche et droite s’entendent. Le Centre compte faire pencher la balance lors des votes tendus. “Lundi, il n’y aura pas d’Europe de droite ni d’Europe de gauche”, pose Nathalie Griesbeck. Elle tacle d’ailleurs au passage les partis qui prospèrent sur l’euroseptisisme, Front national en tête : “Ils se présentent aux élections européennes, mais ne veulent pas de l’Europe. On entend tout les jours parler de ceux qui ne font rien. On n’est pas au Parlement européen pour être sous les sunlights, mais pour oeuvrer pour nos citoyens et pour la construction européenne”.

Les commentaires sont clos.

  1. … pour l’Europe des Télétubbies(tm)?

    Dijon Autrement le mercredi 21 mai 2014 à 10h06