“Un lundi noir” estime Alain Millot, suite à la fermeture de l’aéroport Dijon-Bourgogne

Suite à l’annonce de François Patriat, président de la région, hier, lors du conseil régional de Bourgogne, de renoncer à gérer l’, le maire de Dijon, , estime que c’était un “lundi noir pour notre aéroport, au-dessus duquel le ciel n’a cessé de s’assombrir ces derniers mois”.

Il dresse un historique de la structure et rejette la faute sur le dos du conseil général de Côte-d’Or “qui s’est brutalement retiré du tour de table des financeurs en septembre 2013”.

“Pour ma part, j’avais été convaincu, en 2006, écoutant les chefs d’entreprise du territoire défendre leur projet, fondé sur leurs études, de la pertinence du projet Renaissance. Je rappelle que, jusqu’alors, j’avais soutenu l’idée que Dole pourrait constituer une plateforme interrégionale. Aujourd’hui, Dole connaît certes un renouveau, mais sa situation reste fragile, pour un certain nombre de raisons qui ne sont pas le sujet d’aujourd’hui”.

A lire ci-dessous l’intégralité du communiqué de presse d’Alain Millot : 

Lundi noir pour l’aéroport Dijon-Bourgogne : Le Grand Dijon ne laissera pas la Bourgogne sans avions

Ce 12 mai, François Patriat vient d’annoncer que le conseil régional de Bourgogne renonce à devenir l’autorité concédante, autrement dit l’autorité de gestion, de l’aéroport Dijon-Bourgogne à compter du 1er juin 2014. C’est un lundi noir pour notre aéroport, au-dessus duquel le ciel n’a cessé de s’assombrir ces derniers mois. Je laisse le président de région développer les raisons de son désengagement, alors même que la procédure d’appel d’offres relancée l’an dernier par le conseil régional lui-même laissait espérer une tout autre issue à ce dossier. Je regrette, pour ma part, les conséquences de l’arrêt de l’aviation commerciale (lignes régulières et vols charters) à Dijon, tout d’abord pour 23 employés de la CCI affectés à la plateforme ainsi que pour les 21 salariés de l’unique compagnie aérienne basée à Dijon. Mais aussi parce que les liaisons aériennes, complémentaires des dessertes TGV, constituent un outil d’accessibilité et d’attractivité pour notre territoire.

Je tiens à rappeler tout d’abord que, si nous en sommes arrivés là, c’est d’abord et surtout du fait du conseil général de Côte-d’Or, qui s’est brutalement retiré du tour de table des financeurs en septembre 2013. Cette décision unilatérale et irresponsable, annoncée par François Sauvadet en totale négation avec les engagements formels qu’il avait pris dans le cadre du dossier Renaissance, a été approuvée par les élus de la majorité départementale, au premier rang desquels Alain Houpert, qui était alors vice-président du conseil général, hallucinant donneur de leçons qui osait briguer la mairie de Dijon en prétendant défendre les intérêts des acteurs économiques !

Pour ma part, j’avais été convaincu, en 2006, écoutant les chefs d’entreprise du territoire défendre leur projet, fondé sur leurs études, de la pertinence du projet Renaissance. Je rappelle que, jusqu’alors, j’avais soutenu l’idée que Dole pourrait constituer une plateforme interrégionale. Aujourd’hui, Dole connaît certes un renouveau, mais sa situation reste fragile, pour un certain nombre de raisons qui ne sont pas le sujet d’aujourd’hui.

En tout état de cause, le Grand Dijon a, dès lors qu’il a approuvé Renaissance, été un acteur du dossier, fidèle à ses engagements, apportant un soutien indéfectible à l’aéroport. Année après année, alors que ce sujet était l’un des rares à ne pas faire consensus au sein du conseil d’agglomération, j’ai toujours résolument fait en sorte que les subventions à l’aéroport soient votées. Ces dernières semaines encore, même si c’est de l’ordre du symbole, nous avons permis à la CCI, exploitante de l’infrastructure, d’utiliser 300 panneaux ou écrans publicitaires dans les stations de tramway de l’agglomération pour promouvoir les lignes régulières et les vols charters au départ de Dijon. Dans ces conditions, alors que tous les regards se tournent vers le Grand Dijon, dernier soutien de l’aéroport, me rendre responsable, ne serait-ce que partiellement, de l’échec de ce projet serait profondément malhonnête.

Parce que l’existence d’un aéroport opérationnel est un élément d’attractivité incontestable du territoire, pour accueillir notamment des vols privés et des vols d’affaires, parce qu’un aéroport est vecteur de développement économique et touristique, je réfléchis actuellement à une solution technique et juridique qui permettrait de maintenir une activité aéronautique sur le site de Longvic-Ouges. Cette solution pourrait prendre la forme d’un syndicat mixte qui, dans un premier temps, permettrait de développer le volume existant et la qualité de l’aviation d’affaires, et qui favoriserait le déploiement d’activités nouvelles et porteuses dans le domaine de la maintenance et de l’hébergement d’aéronefs. Je demande donc aux partenaires historiques, et à de nouveaux partenaires potentiels, d’entrer dans cette démarche.

Alors que Dijon s’est métamorphosée ces dernières années, entrant de plain-pied dans le club des métropoles régionales, alors que les climats du vignoble de Bourgogne feront leur entrée au patrimoine mondial de l’Unesco l’an prochain, alors que nous nous apprêtons à faire sortir de terre, au cœur de Dijon, la Cité internationale de la gastronomie, nous ne pouvons nous résigner à voir disparaître cet outil d’attractivité qu’est l’aéroport. Le Grand Dijon ne laissera pas la Bourgogne sans avions.

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