Alain Houpert : “François Hollande est un président hors-sol”

, sénateur de la Côte-d’Or et conseiller municipal de Dijon signe une tribune au lendemain de l’interview du Président de la République pour dénoncer l’état du pays. “Au lieu de regarder la réalité en face, il choisit la fuite. Impuissant à redresser la France, il préfère nous entraîner sur les chemins chaotiques d’un paysage irréel, celui du Big Bang territorial”, considère-t-il.

Lire le communiqué de presse ci-dessous.

“La France va mal, les Français sont inquiets, chaque jour un peu plus nombreux : mille PME disparaissent chaque semaine, les grands groupes sont dans une situation difficile, le pays se dégrade inexorablement.

Les Français perdent confiance, ils redoutent des lendemains qui déchantent, pour eux, pour leurs enfants, pour leurs aînés… Nous venons de passer le deuxième anniversaire de l’arrivée de François HOLLANDE au pouvoir. Sous les huées et les quolibets de la rue, il se retrouve toujours plus seul, dans une situation de profond rejet. Au lieu de regarder la réalité en face, il choisit la fuite.

Impuissant à redresser la France, il préfère nous entraîner sur les chemins chaotiques d’un paysage irréel, celui du Big Bang territorial, difficile à gérer…

La méthode est bien connue, au lieu de s’attaquer à bras le corps aux difficultés des Français, le Président de la République se contente de choisir un bouc émissaire, le mille-feuilles territorial, pour gagner du temps.

Il y a un an redécoupage des cantons à des fins électorales, puis création d’une dizaine de grandes régions par fusion (volontaire ?) des régions actuelles, hier annonce d’un report de 2015 à 2016 des élections départementales et régionales, par peur d’une sanction électorale et maintenant disparition du département alors qu’il jurait de le préserver trois mois plus tôt lors de ses vœux de TULLE : Incohérence.

Il sera difficile de fusionner deux régions quand on sait qu’en Bourgogne par exemple, SENS regarde vers PARIS et le sud de la Saône et Loire vers Lyon !

Quelles seront les bases territoriales de ces grandes régions, désormais déconnectées des départements et des bassins de vie économiques et sociaux : c’est toute la pyramide territoriale qui se trouve sous la menace de profonds déséquilibres, c’est prendre le risque de porter une atteinte durable à l’équilibre de notre démocratie, aux fondements de notre pacte républicain.

Les départements ont été créés en 1790 avec le souci de la proximité des populations et des espaces : le préfet chargé de représenter le pouvoir exécutif, une assemblée – le conseil général – élue par la population.

Qui va faire le travail des départements une fois supprimés ? Notamment l’aide sociale, l’aménagement du territoire et l’aide aux communes ? Depuis 1982, l’Etat leur a transféré ces compétences, dans le cadre de la décentralisation, pour ne plus avoir à en assumer la charge. Faut-il craindre un retour en arrière à l’Etat jacobin ? L’Etat n’en n’a plus les moyens.

Les régions, depuis 1972, se sont constituées par l’union des départements. Aujourd’hui, parce que l’argent public est devenu rare, il faut traiter les régions comme une organisation territoriale qui coûte le moins cher possible au contribuable.

Je ne suis pas dans le conservatisme intégral, un décapage de nos institutions peut être nécessaire, surtout depuis la création récente des métropoles : la nouvelle métropole de Lyon, par exemple, prend en charge les compétences du Conseil Général, que deviendra le reste du département du Rhône et le reste des départements où il y a des métropoles ?

S’attaquer au département, c’est vouloir s’attaquer aussi au Sénat, qui est, avec l’Assemblée Nationale, une assemblée législative de plein exercice. Notre constitution défend le bicamérisme. C’est l’assurance d’une République apaisée. N’oublions pas le projet présidentiel de François HOLLANDE de vouloir faire disparaître le Sénat en le réunissant au CESE, le Conseil Economique Social et Environnemental, qui impliquerait une nomination de ses membres. Ce serait une atteinte à la démocratie et à la représentation du territoire. Le Sénat n’est pas une commission Théodule. Nous avons la chance d’avoir un Parlement à deux chambres : c’est le garant d’une représentation équilibrée des populations et des territoires, qui est l’honneur de notre démocratie. Une démocratie qui fait la fierté de la France partout dans le monde.

Le traité de ROME de 1957, nous sommes entrés dans une autre communauté de destin, l’Europe. A quelques jours des élections européennes, il est surprenant que François HOLLANDE n’ait pas prononcé une seule fois le mot EUROPE lors de son interview d’hier matin : un silence révélateur ?

Hollande veut faire taire les territoires, c’est un président hors-sol.

Les commentaires sont clos.

  1. Un baron des communiqués comme Gibus Ier… Non à la Tritium République!!!

    Dijon Autrement le lundi 12 mai 2014 à 15h46

  2. Communiqué de presse d’un ex-maire de Salives toujours plus hors sol…

    Alexandre le lundi 12 mai 2014 à 22h59