Un nouveau radar extra-large sur l’A38 ?

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Usagers fréquents de l’A38, “bretelle” reliant Dijon à Pouilly-en-Auxois, vous vous posez probablement la question depuis plusieurs semaines : quel est cet étrange et massif portique au-dessus de la voie, installé entre Velars-sur-Ouche et Plombières ? Sur sa structure, une dizaine de caméras braquées sur votre voiture vous font redouter un étonnant radar nouvelle génération supplémentaire…

Mais n’ayez crainte, il s’agit simplement d’un dispositif ciblant les véhicules de plus de 3,5 tonnes, en vue de l’entrée en vigueur le 1er octobre 2013 de l’écotaxe poids lourds. Une loi visant à faire fuir les camions des routes nationales et pour laquelle tout le territoire s’équipe depuis plusieurs mois.

Taxe “éco”, ou simple impôt ?

Alors à quoi servira ce portique, et plus précisément cette taxe ? “A contrôler les poids lourds”, assure Michel Quinet, responsable des infrastructures routières de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. L’idée plusieurs fois retardée – elle devait à l’origine entrer en vigueur en juillet -, est en effet de faire participer à l’entretien des infrastructures les plus gros pollueurs et utilisateurs du réseau, donc les poids lourds. À 14 centimes d’euro du kilomètre, la taxe appliquée à 800.000 véhicules en France sera reversée aux collectivités locales pour l’entretien du réseau.

Sur les 15.000 kilomètres concernés dans l’Hexagone, la Côte-d’Or n’échappe pas à la règle : les voies rapides – dont la bretelle Dijon-Pouilly -, l’ex-nationale 6 et la D974 figurent sur le tracé des routes désormais payantes.

Mais toutes les nationales et départementales ne sont pas encore concernées ; seules les plus fréquentées le sont. Sur ces routes, l’impact du passage des camions est en effet important puisque les poids lourds dégradent douze fois plus le revêtement qu’une voiture. Par cette taxe, l’idée est donc à la fois d’amortir les coûts d’entretien supportés par le conseil général, mais implicitement d’engager les à retourner sur l’autoroute.

Boudée jusqu’à présent par certaines sociétés de en raison de son coût élevé, elle devrait vraisemblablement accueillir un nouveau trafic. Mais ce n’est pas de gaité de cœur, à en croire la Fédération régionale des routiers de Bourgogne (FNTR). Son président Raymond Cordier, gérant de la société de transports Cordier, ne décolère pas. La mise en place de l’, il la chiffre entre 800.000 et un million d’euros de budget supplémentaire. “Certains de nos parcours auront en effet intérêt à revenir sur l’autoroute”, confie-t-il. “Mais cette taxe n’a rien d’écologique, c’est un impôt pur et dur qui se retrouvera malheureusement à terme dans les prix à la consommation”.

Soutenant les routiers, le président du conseil général de Côte-d’Or s’oppose lui à la mise en place d’une écotaxe qu’il soutenait en 2008 : “Le contexte économique du transport routier n’est plus le même que lors de nos débats de 2008 : ces derniers sont confrontés à une crise renforcée par la concurrence exercée par les transporteurs européens, des pays de l’Est notamment.”

Des péages sans barrière

Pourtant, il faudra bien s’y faire. Les “péages” et portiques de surveillance, à l’instar de celui de l’A 38, sont déjà installés sur les voies rapides, mais aussi sur les nationales. “Dans le cas de l’A38, il s’agit d’un système pour vérifier si les camions sont bien équipés du GPS qui permet de calculer le montant de la redevance”, ajoute Michel Quinet. “Ce dispositif pourra être complété par des bornes mobiles et par des contrôles de police”.

Comme à la station-service BP de Cussy-les-Forges, aux portes d’Avallon (89), où tout est déjà prêt. L’imposant péage Ecomouv’, flambant neuf, a été installé en avril. Sorte de distributeur automatique, il permet aux conducteurs occasionnels ou non abonnés de retirer leur borne GPS. Car c’est ainsi que fonctionnera le système de relevé de parcours, actuellement en phase de test en Alsace : une balise GPS installée à bord du véhicule enregistre le parcours et le transmet à la société Ecomouv’ chargée de traduire les distances en euros, prépayées ou non.

Quant aux 173 portiques autoroutiers, ils serviront à la fois de bornes “frontière” pour les balises des camions équipés, mais aussi de vérifier si ces poids lourds fréquentant l’autoroute s’acquittent bien de la taxe.

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