Contre la “plaie du chômage”, la Bourgogne dégaine ses emplois d’avenir

2013-08-emploi-signature-contrat-avenir-creps-JJ-miroir-6

Ce mercredi 28 août, les présidents d’une dizaine de ligues sportives se sont réunis autour de , préfet de Bourgogne, dans un bâtiment du . L’objectif de cette réunion, signer une convention-cadre engageant les associations sportives à offrir des emplois d’avenir en 2013 et en 2014.

Alors que le taux de chômage en Côte-d’Or a chuté de 2,9% et de 2,1% sur la région, les emplois d’avenir font office de petites bulles d’oxygène dans des secteurs très précis, où l’offre existe.

La pluie avant le beau temps

“Avant, je travaillais dans les espaces verts. Mais par la suite, j’ai passé 2 ans à Pôle emploi. J’ai cherché dans tous les corps de métiers qui s’offraient à moi, sans succès. J’ai vu que dans le cyclisme un poste existait, je n’ai pas alors réfléchi et j’ai postulé immédiatement”, témoigne Guillaume, qui a signé son contrat de 3 ans sous le label de l’emploi d’avenir le 27 mai dernier. Désormais, il travaille pour le comité régional de cyclisme en tant que mécanicien vélo. “Je gère toute la logistique, le matériel et je me déplace même en tant que mécano quand il y a besoin”, finit-il de préciser.

Guillaume n’est pas le seul à bénéficier de ce dispositif dans la région. La Bourgogne compte aujourd’hui 1.783 emplois d’avenir signés, soit 65% de l’objectif des 2.742 contrats régionaux. “On est dans la moyenne nationale, mais le mieux serait d’être au-dessus de celle-ci”, rajoute Pascal Mailhos. Pour ce qui est du secteur de la jeunesse et du sport, la Bourgogne s’est fixée au 1er août l’objectif de 171 contrats à signer pour l’exercice 2013.

“Le est une plaie dans notre société et touche les plus fragiles, les plus démunis, et plus singulièrement, les jeunes”, explique le préfet. Des jeunes qui sont durement touchés, notamment parce que ceux-ci sont 3.500 à sortir du système scolaire sans diplôme chaque année dans la région. Une donnée encore plus vertigineuse lorsque vient le moment de faire le point sur le nombre de jeunes actuellement sans diplôme dans la région : ils sont actuellement 15.000 en Bourgogne. “Nous devons réagir ! Un pays qui n’aide pas ses jeunes s’handicape car ils constituent son avenir”.

Un autre jeune bénéficiaire du dispositif national était présent ce matin-là. Il s’appelle Loïc et doit encore attendre avant de signer son contrat d’avenir le 1er septembre. Lui qui a travaillé la moitié d’une année dans le bâtiment, il s’est retrouvé sur la paille en mars. Grâce au Creps Dijon-Bourgogne, il a pu postuler après avoir vu une de ses offres recherchant un chauffeur. “Ma mission sera de conduire les jeunes athlètes de haut niveau du centre à leurs lieux de compétition”. Les contrats d’avenir ont une durée comprise entre 1 et 3 ans, et Loïc espère bien devenir chauffeur de poids lourds après son contrat.

Un avenir qui doit se dessiner malgré les obstacles

Or, il aura justement une formation pour préparer son “après-contrat d’avenir”. Car c’est bien là l’objectif du dispositif, donner une chance aux jeunes et la thésauriser pour que ces derniers puissent s’inscrire durablement dans le monde du travail. “C’est en donnant aux jeunes des possibilités de progression que l’on tire le niveau vers le haut”, rajoute Pascal Mailhos.

Mais alors, pourquoi viser le domaine du sport et de la jeunesse plutôt qu’un autre bassin d’emploi plus important ? “Tout simplement parce que l’emploi sportif est extrêmement important dans notre région !”, s’exclame Jean-Pierre Papet, président du Comité régional olympique et sportif (Cros). Il rajoute qu’il y a plus de 5.000 associations sportives bourguignonnes, et “seulement 10% d’entres elles sont employeurs, ce qui est peu”. En général, ces associations n’emploient qu’une ou deux personnes.

Un manque à gagner que les emplois d’avenir vont s’efforcer de remplir. Si le potentiel d’emploi est important, les freins le sont aussi : les moyens financiers des petites structures ne permettent pas forcément d’embaucher, le temps de travail de celui-ci peut-être très loin des 35 heures hebdomadaires et surtout il faut encadrer le jeune en contrat d’avenir, or il se peut que personne  n’ait les compétences pour le faire au sein d’un club.

Un autre problème inquiète Bernard Depierre, président de la Ligue bourguignonne de basket, celui de la polyvalence des jeunes. “Les clubs ont des besoins polyvalents, or, il s’avère que le niveau de “non-qualification” est très mal défini par le projet des emplois d’avenir”, autrement dit, il y a un doute de savoir si le jeune est apte à remplir sa future tâche au moment de la signature.

Pourtant, lorsque chacun des présidents est appelé à la table pour apposer sa griffe sur la convention, aucun ne s’y opposera. En quittant le Creps, Loïc nous croise, un sourire aux lèvres et l’air beaucoup plus détendu. Son avenir vient peut-être de se dessiner.

Les commentaires sont clos.