Alain Houpert (UMP) signe un plaidoyer contre la gestion du centre Sadi Carnot par la ville de Dijon

“Histoire sociale et roman de la misère”. C’est en citant Victor Hugo que le sénateur-maire de Salives, , a introduit, auprès de la presse, sa tribune, jeudi 22 août 2013. Une tribune consacré au centre d’accueil Sadi Carnot, qu’il a visité la veille. “Ici quatre invités permanents, la drogue, la violence, le sida et l’alcool, parfois des invités supplémentaires, les poux, la gale, les cafards, les blattes…”

Dans quelques jours, des travaux de rénovation vont débuter. “Je ne veux pas voir derrière cette réfection une quelconque manœuvre électorale pour faire plaisir aux riverains”, écrit-il. “On a dépensé des sommes folles pour le tram, pour la rue de la liberté, pour la place de la République mais l’urgence n’était-elle pas ici, n’était il pas plus urgent de programmer ces travaux au plus tôt ? Il est vrai que la misère, les plus démunis n’intéressent personne, mais il me semble que pour redonner de la dignité, un endroit propre et accueillant est une première étape pour envisager l’avenir”.

Pour en savoir plus, lire le tribune ci-dessous.

“Au début de la fêlure d’un être humain, il y a souvent une rupture, une perte de lien affectif le plus souvent, un père, une mère, un époux, une épouse, puis la perte d’un emploi, puis la perte de l’argent, puis la perte des amis, puis la perte du statut social et c’est la lente glissade vers la pauvreté et l’exclusion.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, a fait entrer son combat contre la misère dans les politiques publiques. Elle a demandé que les plus démunis soient assurés que « notre pays se remettra sans cesse en question tant que les droits fondamentaux ne seront pas effectifs pour tous. » Elle a rappelé alors que l’engagement ne se divise pas et que nous avons un devoir de solidarité dans toutes les choses que nous entreprenons….Mais beaucoup de temps s’est écoulé et la détresse s’est amplifiée.

Point n’est besoin de visiter le monde pour rencontrer la misère, elle est au cœur de notre ville, derrière un portail de fer bleu que j’ai poussé hier, en visitant le centre d’accueil Sadi Carnot.

Au moment où je pénètre dans la cour les mots du père Joseph Wresinski me reviennent en mémoire : « Le plus grand malheur de la pauvreté extrême, écrivait-il, est d’être comme un mort-vivant tout au long de son existence, de vous savoir compté pour nul, au point que même vos souffrances sont ignorées. » « La misère ne se soulage pas, disait-il, elle se détruit »…Pourtant ll n’y a aucune honte à être démuni. La seule honte, c’est d’oublier la fraternité.

J’ai été tout de suite accueilli par le chef de service et son assistant ils m’ont fait visiter ce qui était possible et m’ont expliqué le fonctionnement du foyer d’accueil Sadi CARNOT. C’est un service créé à la demande de la Ville de Dijon pour aller au-devant des personnes marginalisées vivant dans des squats ou installées sur les lieux publics. L’objectif est d’entrer en contact avec ces personnes, les convaincre d’accepter une prise en charge sociale et les orienter vers un service ou établissement adapté. Sadi Carnot peut accueillir environ 50 personnes, dans deux structures différentes. Un premier bâtiment ou il y a les des S.D.F sans ressource et plus loin un autre bâtiment appelé la stablisation autrefois baptisé « Asile », qui reçoit ceux qui ont un petit revenu et peuvent pour 30 euros par mois louer une chambre. J’ai pu en visiter une qui n’était pas occupée…un néon, des graffitis lourds de sens dignes de Baudelaire ou de Verlaine sur des murs tristes : « je regrette, de n’avoir plus la force de regretter », des traces de sang sur un carrelage sale…et l’odeur des excréments de chien partout présente qui vous saisi à la gorge.

Je ne veux pas faire de voyeurisme, mais comment se reposer quand l’âme est agitée, le corps douloureux et que l’on est 7 par chambrée. Ici 4 invités permanents, la drogue, la violence, le sida et l’alcool, parfois des invités supplémentaires, les poux, la gale, les cafards, les blattes…. Et puis cette solitude poisseuse qui oppresse, qui empêche de respirer, celle qui naît de la privation de l’écoute, du soutien, du regard de l’autre, celui qui est dehors, celle de l’indifférence qui vous fait oublier jusqu’à ce que vous êtes, celle qui fait oublier le sentiment d’aimer et d’être aimé, cette impression d’être utile qui donne sens à la vie même.

Heureusement, il y a autour d’eux une équipe formidable d’hommes et de femmes qui sont présents au quotidien : Ils écoutent, soignent, apaisent, réconfortent, pansent les âmes et les corps et redonnent un visage humain à la pauvreté que la société ne veut pas voir.

La fraternité n’est pas un dogme, elle n’est pour moi ni une assistance ni la charité mais une espérance . Au mal absolu, disait Malraux, on ne peut opposer que la fraternité.
Les plus pauvres d’entre nous ont besoin les uns des autres mais ont aussi besoin de nous tous, car ce combat contre l’exclusion ne peut se mener qu’ensemble. La misère est attentatoire à la dignité de l’homme, nous devons nous lever, aux côtés des plus pauvres, pour la refuser…

Des travaux vont être entrepris à SADI CARNOT, à partir du 26 août je crois . Je ne veux pas voir derrière cette réfection une quelconque manœuvre électorale pour faire plaisir aux riverains, mais on a dépensé des sommes folles pour le tram, pour la rue de la liberté, pour la place de la République… etc..etc…etc…, mais l’urgence n’était-elle pas ici, n’était il pas plus urgent de programmer ces travaux au plus tôt ?….il est vrai que la misère, les plus démunis n’intéressent personne, mais il me semble que pour redonner de la dignité , un endroit propre et accueillant est une première étape pour envisager l’avenir.

Pourtant l’espoir de s’en sortir existe….Au milieu d’une cour que quelques roses trémières n’arrivent pas à égayer, j’ai croisé une femme douchée, parfumée et changée qui se rendait au réfectoire. …”

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