Sur la route, ep. 3 – Le Morvan, entre cimes et grands lacs

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Marre des énormes valises, de l’autoroute, de ses bouchons interminables et des péages excessivement chers ? Pour partir en vacances, restez plutôt en Bourgogne !

Cet été, la rédaction du Miroir vous propose une série d’itinéraires de tourisme au fil des routes historiques et caractéristiques de la région… à emprunter en voiture, le temps d’une balade dominicale. Car contrairement à ce qu’impose la tendance, la voiture n’est pas à reléguer au simple rayon des moyens de « transport ». Non, l’automobile est, depuis plus d’un siècle, aussi un loisir, un moyen de balade et de plaisir.

Confortablement installé au volant de votre voiture, vous aurez pour seule règle d’éteindre la climatisation, d’ouvrir les fenêtres en grand, et de ne surtout jamais atteindre la vitesse maximale autorisée en profitant au mieux des paysages.

C’est un peu les « Vacances pour ceux qui restent » qui vous prouveront que la région, avec ses panoramas, son histoire et son patrimoine, n’a rien strictement rien à envier aux stations balnéaires. Bonne route !

Entre cimes et grands lacs, percée à travers le

Pour cette troisième virée automobile, ce n’est pas une boucle que nous vous proposons, mais une percée aventureuse à travers le tortueux parc régional du Morvan. De Saulieu à Château-Chinon, à l’assaut des routes en lacets, des monts et des lacs. Le tout dans le poumon végétal de la Bourgogne.

Tout commence à Saulieu. Connue pour avoir été une étape gastronomique phare de la route des vacances au bord de l’ex-Nationale 6, la ville constitue aussi et surtout une des principales portes du Morvan. Le Morvan, ce massif de collines que l’on pourrait difficilement qualifier de montagneux avec son point culminant à 901 mètres, mais qui en offre pourtant les mêmes paysages. Le Morvan, cet espace rural préservé de toute urbanisation démesurée, peuplé avant tout de grands arbres, offrant dans ses atours comme une petite Savoie aux Bourguignons en manque d’air pur.

Photo Jonas Jacquel

La traversée que nous allons emprunter est marquée par les deux éléments caractéristiques du parc régional : ses lacs et ses forêts de sapins. Pour partir, il suffit de traverser Saulieu en rejoignant la départementale 26. Celle qui dès la sortie de la ville, au bout d’un virage, se pare soudainement de brouillard. Mais pas d’inquiétude, la brume morvandelle est une sorte de témoin d’entrée dans le parc. Et quelques kilomètres plus loin, c’est déjà le premier lac artificiel qui apparaît : le réservoir de de Chamboux.

Le lac de Chamboux est le plus récent des six principaux lacs du Morvan. Construit il y a moins de trente ans, il sert tout simplement de réserve d’eau potable à la région !

En continuant votre route vers Alligny puis Moux-en-Morvan, vous aurez le sentiment de vous enfoncer de plus en plus dans une masse de verdure humide. Les arbres forment des arches au-dessus des routes, rendant par moments la traversée sombre comme la nuit. Mais saviez-vous que toutes ces étendues de forêts appartiennent à plus de 85% à des propriétaires privés ? Pour la production de bois, principalement, qui au 19e siècle était acheminée vers Paris par “flottage” des rondins au fil du canal de Bourgogne.

Photo Jonas Jacquel

En longeant Moux-en-Morvan, vous découvrez le village typique du parc régional : de vieilles maisons recouvertes d’enduits gris, aux toits en ardoise. Soit beaucoup de grisaille sur fond de ciel souvent tout aussi gris, mais heureusement rattrapé par la densité de la verdure et le charme architectural de ces petites maisons de village en pierre.

Plus loin, sur le chemin du lac des Settons, vous traversez d’étranges champs de production de petits arbres épineux de toutes tailles : des élevages de sapins de Noël ! Ceux-là mêmes que vous achetez pour décorer votre intérieur à l’approche des fêtes de fin d’année. Beaucoup, épicéa comme Nordmann, sont produits dans le Morvan. D’ailleurs, si pour Noël 2013 vous voulez soutenir la production locale, sachez qu’une Fête du Sapin et une vente directe sont organisées chaque année au centre-ville de Saulieu.

Photo Jonas Jacquel

En redescendant, la route vous mène au célèbre lac des Settons. Célèbre car probablement le lieu le plus touristique du Morvan. Mais lui aussi, avec ses 13 kilomètres de périphérie, est artificiel. Sur les rives, discriminées comme à Paris entre rive gauche et rive droite, on trouve de multiples campings, gîtes et cabanes de pêcheur. Et tout au bord de l’eau, quelques restaurants pour touristes et loueurs de pédalo. À la fraîcheur du Morvan perce là une ambiance estivale hésitant entre trente glorieuses populaires et station thermale bourgeoise. Et sur le barrage, la maison de garde, classée monument historique, ne manquera pas de vous marquer par sa parfaite symétrie.

Photo Jonas Jacquel

Après cette pause, dirigez-vous vers Montsauche-en-Morvan, sans pour autant vous y attarder plus que nécessaire ; la ville a elle aussi subi les ravages de la désertification. Seuls les amoureux de façades anciennes de commerces trouveront leur bonheur, dans une ambiance parfois quelque peu post-apocalyptique. Mais rassurez-vous, le chemin vers le troisième lac, celui de Pannecière vous fera définitivement pénétrer au cœur du Morvan profond. Celui aux routes de plus en plus étroites, sans plus aucun marquage au sol pour délimiter les voies…

Photo Jonas Jacquel

Mais l’heure est peut-être pour vous déjà à la pause gastronomique. Compte tenu de la disparition des petits commerces, peu de choix s’offrent à vous. Malgré tout, les tables encore ouvertes aujourd’hui n’en sont pour autant pas moins qualitatives. Deux options à ce niveau du Morvan : la ferme-auberge de Cœuzon “Chez Flo“, à trois kilomètres d’Ouroux-en-Morvan, ou le restaurant le Lion d’Or, situé au cœur du village.

La première solution impose de réserver à l’avance ; car à cette longue table de 55 couverts au menu unique, vous mangerez uniquement des spécialités de la ferme produites à la propriété ! Le menu complet, boisson comprise, est à 22 € et l’accueil y est chaleureux. Et si d’aventure vous n’aviez pas pris soin de réserver, allez donc à l’hôtel-restaurant du Lion d’Or. Pour 11 €, vous aurez droit à un menu complet proposant une cuisine de brasserie tout à fait honorable, incluant entrée, plat, fromage, dessert, café et boisson ! Difficilement concurrençable en Bourgogne.

Après cette pause digestive, la route vous mène déjà à la dernière étape de cette traversée du Morvan : le lac-réservoir de Pannecière. Si vous êtes ici au milieu de la forêt nivernaise, proche de la rivière Yonne, le réservoir de Pannecière appartient pourtant aux “grands lacs de la Seine“. Ceux construits durant l’après-guerre pour réguler les eaux de la Seine. Avec 80 millions de mètres cubes de capacité, c’est en effet précisément ce réservoir du Morvan qui évite les crues au cœur de Paris et permet un niveau constant du fleuve. Construit en 1949, il avait été pensé dès le début du siècle après les inondations dévastatrices de 1910 et 1924 dans la capitale.

Enfin, après avoir traversé en voiture le barrage vertigineux de Pannecière, la route débouche quelques kilomètres plus loin sur Château-Chinon, fief de François Mitterand. Celui qui en a été maire pendant plus de vingt ans a droit à son musée là-bas, inévitable pour les passionnés d’histoire politique contemporaine.

La grande boucle

Et c’est déjà la fin de cette percée morvandelle. Car si Château-Chinon apparaît au cœur du parc régional sur une carte, la route vers Autun vous mènera en trente minutes rapidement à la sortie de ce poumon de nature qu’est le Morvan.

Mais si par hasard vous aviez encore soif de verdure, de route en lacets et de fraîcheur humide, vous pouvez toujours réaliser la grande boucle en roulant jusqu’au site archéologique de Bibracte, au sommet du Mont Beuvray. De là-haut, vingt siècles d’histoire contemplent le Morvan !

Photo Jonas Jacquel

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