A petits mécènes… grands projets

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Un proverbe des Balkans dit : “Goutte par goutte se fait la mer”  – et en période de fortes chaleurs, chaque goutte d’eau compte. La jeunesse bourguignonne, un peu à sec, peine toujours à financer ses projets. Alors elle a eu l’idée décisive de se tourner du côté de la solidarité locale. Espérant que ceux qui possèdent encore un peu de liquide puissent mettre la main à la poche pour arroser d’espoir la petite graine qui fera un arbre. C’est ce que l’on appelle une production communautaire.

Les idées poussent et se retrouvent sur des sites internet de financement participatif tels qu’Ulule.com, Kisskissbankbank ou Octopousse. Les jeunes de tous milieux surfent là sur une vague de taille : la mode aux projets collaboratifs ( en anglais). Elle est même devenue en quelques années un phénomène international. Presque un nouveau mode de pensée et de comportement imposé par la génération connectée.

La série dijonnaise , le livre du médaillé paralympique sont deux exemples de réussite. Et puis, il y a les autres…

L’idée plaît, le projet marche

Le site de crowdfunding kiss kiss bank bank

Le site de crowdfunding kiss kiss bank bank

Internet s’est, avec le temps, transformée en véritable machine à fluidifier l’offre et la demande. Ainsi les différentes plateformes de crowdfunding s’inventent lieux de rencontres entre créateurs inspirés et mécènes prêts à parier sur le projet. Sauf que l’affaire ne se conclut pas en costume trois pièces, un cigare à la main dans le boudoir d’un hôtel particulier ou dans le fumoir d’un grand hôtel, mais plutôt de manière très simple entre “petits” acteurs de la vie sociale.

Le projet est décrit de manière exhaustive et détaillé à l’aide de vidéos. Il affiche la somme nécessaire et un temps imparti à l’opération. Celui qui souhaite soutenir l’idée peut mettre 1 euros comme 20 comme 500, en fonction de son apport, les créateurs du projet lui proposent différentes petites attentions en remerciement. Si la somme n’est pas atteinte à temps, le projet tombe à l’eau. Les mécènes sont remboursés.

Petits perdants, grands gagnants

C’est entre autre ce qui est arrivé à un projet de jardin en permaculture dans le Périgord auquel participait Benji, un Bourguignon, sur Octopousse, la plateforme des projets engagés, solidaires et artistiques. Le projet Là où il pleuvine se retrouve sur la brèche, avec 69% du total de ce qu’il demande, 1200 euros pour mettre en place la 4e édition d’un festival à Saulieu, sur le site Kiss kiss bank bank. Le projet CRANE lab dont nous avions parlé dans nos pages (Lire ici), n’a trouvé aucun collaborateur également.

Parmi les projets en cours, on croise celui de Kaophonic Tribu, sur ulule.com, un groupe de rockers venus de Bourgogne qui cherche à publier son album, coût : 2000 euros et pour l’instant, 700 euros ont été investis. Rendez-vous le 5 septembre 2013 pour savoir si le projet est viable. Sur la toile, il y a aussi une série dijonnaise qui n’attend que ses collaborateurs pour voir le jour. Il s’agit de “Le métier de comédien pour les nuls”, porté par un duo danseur / scénariste et réalisé par l’équipe de Chapet Hill que la rédaction du Miroir a suivi quelques mois plus tôt sur un tournage de court-métrage (Lire ici). Un autre projet attend de voir le jour, il s’agit d’un énorme match international de boxe, porté par un Dijonnais ambitieux, là aussi.

La série Lobo remporte son pari

La série Lobo remporte son pari

Les heureux gagnants – de la somme qu’ils demandaient – ont pu commencer à mettre en oeuvre leur projet. On parle ici de l’équipe de créateurs bourguignons du pilote de la future série dijonnaise LOBO. Ils ont reçu 105% des 1500 euros dont ils avaient besoin, soit 1580 euros. Ils ont d’ores et déjà tourné deux bandes annonces du pilote qu’ils présenteront à des producteurs. Le sportif Charles Rozoy avait demandé le concours de ses fans pour réaliser un livre sur Sport.sponsorize.me, le Dijonnais multiple médaillé et recordman de natation handisport écrit : “Je me suis toujours dit, ou entendu d’autres personnes dire “Un jour il faudra que j’écrive un livre” en rigolant. Et pourtant, ce jour est arrivé; plus tôt que prévu”.

Le projet à 12 000 euros marche beaucoup mieux que prévu et le sportif de 26 ans récolte … 17 039 euros.

Les commentaires sont clos.

  1. “Les jeunes de tous milieux surfent là sur une vague de taille : la mode aux projets collaboratifs (crowdfunding en anglais).”
    Je suis un peu étonné de cette notion de génération. Le peu que je connaisse du crowfunding ne semblait pas spécifiquement à relier aux plus jeunes ou aux plus agés.

    François COLAS le samedi 10 août 2013 à 18h36

  2. Marion Chevassus

    Cher François Colas, merci de votre intérêt pour le Miroir.
    En réalité, il s’agit d’un choix d’angle pour mon article. J’ai ciblé les jeunes talents bourguignons dans la mesure où cette génération est à la fois en recherche de financements pour ses projets, mais est aussi très connectée. Avec la montée du chômage et d’une forme de précarité dans ces tranches d’âges, il s’agissait de mettre en lumière une solution ” débrouille ” qui suscite un véritable engouement actuellement. Je ne doute pas que toutes les générations y aient accès, c’est même un outil que le gouvernement a promis de préciser à la rentrée 2013. Nous en reparlerons à ce moment plus en détail.
    En espérant avoir apporté une réponse adéquate à votre commentaire,
    je vous souhaite une excellente journée !

    Marion Chevassus le mardi 13 août 2013 à 0h55

  3. Je viens de voir les épisodes et je rejoints certaines critiques.
    C’est pas folichon et un tantinet tape-à-l’oeil.
    Je me demande comment les financeurs vont se rembourser

    Gael le vendredi 31 octobre 2014 à 12h07