Selon l’Unef, l’université de Bourgogne sélectionnerait illégalement ses étudiants

L'université de Bourgogne Franche-Comté verra le jour en 2014 | Photo Jonas Jacquel

L'université de Bourgogne Franche-Comté verra le jour en 2014 | Photo Jonas Jacquel

Le rapport sur les dérives universitaires dévoilé par l’, lundi 22 juillet 2013 est peu reluisant. Selon le syndicat étudiant, vingt-sept universités pratiqueraient une sélection illégale des étudiants après le bac et vingt-quatre “persistent” à imposer des frais d’inscriptions illégaux. Parmi elles figure l’ et son département Administration économique et sociale par exemple. Elle proposerait quatre diplômes dont l’accès est conditionné à un entretien ou aux résultats du bac.

Selon le syndicat, “de plus en plus d’établissements choisissent de limiter le nombre de places disponibles dans leurs licences par un processus de sélections”. De plus, cette nouvelle tendance “est en totale contradiction avec la loi, qui stipule que la sélection d’un bachelier pour l’accès aux premiers cycles universitaires est prohibée”. Très rapidement, l’Université a répondu, sous forme de démenti : “Les modalités d’inscription sont publiées sur notre site internet. Elles précisent que l’inscription est de droit quand on a validé un baccalauréat ou un diplôme équivalent”.

Mais pour le syndicat considère que les pratiques sélectives poussent les étudiants “dans les bras du secteur privé” : “En refusant une inscription à certains bacheliers, les universités se rendent responsables de laisser des jeunes sans autre solution de formation que le secteur privé pour poursuivre le cursus de leur choix. On estime ainsi une perte de 23.400 étudiants qui renoncent à une formation universitaire tous les ans. Parallèlement, le nombre d’étudiants inscrits dans le privé a connu une progression de 32% entre 2005 et 2012 (soit 72.000 étudiants de plus)”.

L’Unef interpelle donc l’État et le ministère de l’Enseignement supérieur. “Il n’est pas question de laisser ces pratiques perdurer”, avancent ses représentants dans le communiqué de presse accompagnant le rapport. “La recherche de nouvelles ressources ou la quête d’attractivité ne sont en aucun cas des raisons valables pour refuser à des bacheliers le droit d’accéder à une formation publique de qualité”.

Il demande la fin des licences sélectives illégales et la garantie effective pour chaque bachelier de pouvoir s’inscrire dans la filière de son choix, mais aussi le remboursement immédiat de tous les frais illégaux récoltés par les universités à chaque étudiant s’en étant acquitté. Dans certains cas, ces frais illégaux peuvent aller de 10 euros à 9.000 euros pour l’Institut National Polytechnique de Toulouse.

Edit – 15h40

En milieu d’après-midi, , première organisation représentative des étudiants de Bourgogne a diffusé un communiqué pour réagir aux dénonciations de l’Unef. Son leader, Jean-Baptiste Baccon, assure que ces pratiques illégales en matière de frais d’inscription ou bien de sélection à l’entrée d’une formation de licence sont absentes de l’université de Bourgogne : “Non seulement, notre présence quotidienne aux côtés des étudiants par un maillage d’une quarantaine d’associations étudiantes nous permet de connaitre la réalité du terrain, mais surtout notre participation active au sein des conseils centraux de l’université de Bourgogne (CA, CEVU, CS) nous permet de veiller lors de l’ouverture ou la modification de chaque formation au respect de la loi”.

Edit – 16h18

Un autre syndicat étudiant, l’ monte aussi au créneau. Pour Axel Sibert, l’Unef “se paie un coup de pub sur le dos des universités accusées”. “Pour l’ Bourgogne, les accusations envers l’Université de Bourgogne sont graves. Or l’UNEF n’apporte aucune preuve de ses accusations Nous souhaitons aussi rappeler que l’UNEF siège au CA de l’UB et donc si cette dernière agit dans l’illégalité, l’UNEF est en partie responsable”.

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse ci-dessous.

  • Communiqué de presse de l’Université de Bourgogne

“L’université de Bourgogne dément la sélection illégale à l’entrée de certaines Licences

L’université de Bourgogne ne fait pas partie des 36 universités pointées du doigt par le syndicat étudiant UNEF comme pratiquant des frais d’inscription illégaux, ce depuis le début de la mise en place de ses rapports annuels.

Toutefois, l’UNEF, dans son rapport, indique que l’université de Bourgogne procèderait à une sélection de ses étudiants dans 4 de ses licences (AES, Sciences économiques et gestion, Sciences et techniques, LEA).

L’université de Bourgogne dément toute sélection à l’entrée en première année de licence. Les modalités d’inscription sont publiées sur notre site internet (http://www.u-bourgogneformation.fr/-Licences-.html). Elles précisent que l’inscription est de droit quand on a validé un Baccalauréat ou un diplôme équivalent.

L’université de Bourgogne se tient à la disposition de l’UNEF afin de recevoir les critères choisis par celle-ci pour établir ces allégations”.

  • Communiqué de presse d’Associatif et indépendant

“Comme chaque année, depuis 2005, l’UNEF publie le palmarès des universités ayant recours à des frais d’inscription illégaux pour trouver de nouvelles ressources ou à une sélection illégale dans le but de réduire le nombre d’étudiant.

Cette année, l’UNEF annonce que l’université de Bourgogne fait son entrée dans le classement des universités hors-la-loi. Selon l’UNEF, 2ème organisation représentative des étudiants en Bourgogne, l’université de Bourgogne aurait recours à une sélection dans 4 de ses licences (AES, Sciences économiques et gestion, Sciences et Techniques, LEA).

Pour autant, dans un communiqué de presse, l’université de Bourgogne « dément toute sélection à l’entrée en première année de licence ».

« Associatifs & Indépendants », 1ère organisation représentative des étudiants, confirme l’absence de pratiques illégales en matière de frais d’inscription ou bien de sélection à l’entrée d’une formation de licence au sein de l’université de Bourgogne.

L’ensemble des élus étudiants « Associatifs & Indépendants » sont particulièrement vigilants à ce que l’université de Bourgogne n’ait pas recours à ces pratiques illégales qui dénaturent, dans d’autres universités, le service public d’enseignement supérieur. Grâce à l’action des élus associatifs, l’université de Bourgogne est même allée plus loin en supprimant tout simplement les frais facultatifs liés au droit d’accès au sport universitaire. « Il est important pour nous de permettre à tout étudiant qui le souhaite de pouvoir exercer une pratique sportive, sans contrainte d’ordre économique. C’est un enjeu majeur pour notre santé mais également pour l’amélioration de nos conditions d’études » affirme Dorian COLAS DES FRANCS, élu « Associatifs & Indépendants » au Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire.

Pour Jean-Baptiste BACCON, leader des « Associatifs & Indépendants » : « Non seulement, notre présence quotidienne aux côtés des étudiants par un maillage d’une quarantaine d’associations étudiantes nous permet de connaitre la réalité du terrain, mais surtout notre participation active au sein des conseils centraux de l’université de Bourgogne (CA, CEVU, CS) nous permet de veiller lors de l’ouverture ou la modification de chaque formation au respect de la loi. Il est donc surprenant que l’UNEF vienne aujourd’hui affirmer qu’il y ait des pratiques illégales à l’université de Bourgogne, alors que l’organisation n’en a jamais fait écho lors de la réunion d’un de conseils de l’université de Bourgogne”.

  • Communiqué de presse de l’Uni-Met

“Un coup de com’ déconnecté de la réalité.

Tous les ans, l’UNEF, classé à gauche et très proche du gouvernement, sort son rapport sur les frais d’inscriptions cachés et la sélection illicite. Plus qu’un rapport pour faire avancer l’enseignement supérieur, l’UNEF se paie un coup de pub sur le dos des universités « accusées ».

Pour l’UNI-MET Bourgogne, les accusations envers l’Université de Bourgogne sont graves. Or l’UNEF n’apporte aucune preuve de ses accusations Nous souhaitons aussi rappeler que l’UNEF siège au CA de l’UB et donc si cette dernière agit dans l’illégalité, l’UNEF est en partie responsable.

Un rapport qui tente d’en cacher un autre

Le dernier rapport de la cour des comptes sur les mutuelles étudiantes est accablant pour la LMDE, mutuelle dont les 29 administrateurs sont issus des rangs de l’UNEF.

Ce rapport fait état de la mauvaise gestion, de retards de remboursements ou encore de la qualité de service médiocre offerte aux étudiants. Or, depuis les révélations du quotidien le Monde sur les « finances malades de la LMDE », on sait que l’UNEF a pris le contrôle de la LMDE. Il semble donc que l’UNEF essaye de faire diversion afin que le rapport de la cour des comptes ne fasse pas trop de bruit.

L’UNI-MET Bourgogne invite la section de l’UNEF à Dijon à prendre ses responsabilités et se justifier quant aux accusations sur l’Université de Bourgogne”

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