Les écolos à la croisée des chemins…

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

La campagne pour les élections municipales de 2014 à Dijon commence doucement à s’animer et avec elle, les premières intentions se font jour du côté d’Europe écologie – Les Verts. À Dijon, rien n’est encore décidé, il faudra attendre octobre 2013 pour que les stratégies soient totalement dévoilées. Pourtant, en coulisse, les partisans de l’union avec François Rebsamen ou de l’autonomie sont déjà en campagne.

Le bilan en question

Nantes, Strasbourg, Lyon. Dans plusieurs villes de l’Hexagone, Europe écologie – Les Verts a fait vœu d’autonomie. Souvent contre le parti socialiste, du moins au premier tour. Depuis 2001, les écolos sont dans l’équipe de François Rebsamen. En 2008, ils étaient même une des composantes de la liste “arc-en-ciel”, conduite par François Rebsamen, aux côtés du Modem entre autres. Alors la décision doit être tout, sauf hâtive.

Des réunions internes, les 4 mai et 22 juin ont eu pour but de déblayer les pistes programmatiques et planifier la procédure de travail. Si bien que la sortie de Philippe Hervieu au micro de France bleu Bourgogne a poussé à dénoncer son attitude. Pour mémoire le conseiller régional de Bourgogne estimait qu’EELV avait réussi à “écologiser Dijon”. Et d’ajouter : “Nous sommes très contents de l’accord que nous avons avec le Parti socialiste”.

“Cette affirmation est tout simplement fausse”, explique François Ducol tout en égrenant les mesures blâmables selon lui : le cumul des mandats, l’extension du centre commercial Toison-d’Or, la construction de l’écocité du Jardin des Maraichers, la part du bio dans les cantines scolaires. “Il faut voir d’où on part”, se défend , chef de file des élus écologistes au conseil municipal de la ville. “En 2001, la ville avait du retard sur de nombreux domaines comme celui du traitement sélectif des déchets par exemple. Je constate que depuis notre arrivée, nous avons participé au changement historique de la ville”.

Le débat s’engage donc au sein de la formation politique. Et François Ducol se défend “de créer une polémique inutile ou d’étaler de nouvelles divisions”. Pourtant, il se dit attaché “à ce que les élus d’un parti ne disent pas n’importe quoi en leur nom”.

Union ou autonomie

Au palais des Ducs de Bourgogne, François Rebsamen a déjà engagé les discussions. Le sénateur-maire sortant a annoncé depuis plus d’un an déjà qu’il briguerait un troisième mandat. Et pour composer sa liste, il n’a que l’embarras du choix. Dans la frange écologique, Cap21 devrait figurer en bonne place et les discussions sont donc en cours avec Europe écologie. Trois personnes ont été mandatées pour discuter avec lui. Sans qu’aucune décision ne soit encore prise.

Une seconde rencontre est prévue au mois de septembre pour affiner les propositions. Le fruit de cette rencontre sera ensuite rapporté aux militants lors d’une nouvelle assemblée générale en octobre 2013. Date à laquelle ils devront trancher. “En interne, un véritable travail de fond est mené pour échanger sur nos positions et faire émerger un programme que l’on pourrait éventuellement présenter”, détaille , secrétaire départementale d’Europe écologie Côte-d’Or.

Le parti se prépare donc aux deux éventualités : l’autonomie ou la fusion. Aucune des deux femmes ne donnera cependant son avis sur la question. “Si elle est convaincante d’un point de vue technique, la majorité optera pour une liste d’union mais si les propositions de François Rebsamen ne sont pas à la hauteur des enjeux, la majorité optera pour l’autonomie”, ajoute Michele Varney.

Six conseillers… Et plus si affinités

François Ducol, n’hésite pas à parler de “pressions amicales” du parti socialiste sur EELV21 : “L’idée d’une liste autonome et ouverte à la société civile trouve une approbation chez une partie significative des militants EELV, notamment par la volonté d’un vrai travail programmatique préalable comme par souci d’ouverture et de cohérence”.

Dès lors, les points d’achoppement au sein de l’actuelle majorité peuvent-ils faire pencher la balance ? “Bien au-delà de 2014, nous devons réfléchir à la ville du 21ème siècle pour faire face aux enjeux écologique, économique ou les problèmes de fractures sociales”.

Michele Varney d’ajouter : “A Nantes, EELV a décidé de faire une liste autonome en réponse au projet d’aéroport. À Dijon, la situation est toute autre. Il faut se projeter selon les avancées potentielles qui peuvent être enregistrées en matière de transport, de santé publique,…”

Alors bien sûr, les écologistes ne perdent pas de vue l’objectif de représentativité. “Soyons présents sur la ville, sur l’agglomération, de telle sorte qu’on puisse contribuer à apporter la spécificité de nos propositions”, poursuit Catherine Hervieu. Six conseillers siègent actuellement à la mairie de Dijon.

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