Sur la route, ep.1 – De Dijon à Semur, virée vers l’Auxois

Photo Jonas Jacquel

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Marre des énormes valises, de l’autoroute, de ses bouchons interminables et des péages excessivement chers ? Pour partir en vacances, restez plutôt en Bourgogne !

Cet été, la rédaction du Miroir vous propose une série d’itinéraires de tourisme au fil des routes historiques et caractéristiques de la région… à emprunter en voiture, le temps d’une balade dominicale. Car contrairement à ce qu’impose la tendance, la voiture n’est pas à reléguer au simple rayon des moyens de “transport”. Non, l’automobile est, depuis plus d’un siècle, aussi un loisir, un moyen de balade et de plaisir.

Confortablement installé au volant de votre voiture, vous aurez pour seule règle d’éteindre la climatisation, d’ouvrir les fenêtres en grand, et de ne surtout jamais atteindre la vitesse maximale autorisée en profitant au mieux des paysages.

C’est un peu les “Vacances pour ceux qui restent” qui vous prouveront que la région, avec ses panoramas, son histoire et son patrimoine, n’a rien strictement rien à envier aux stations balnéaires. Bonne route !

De Dijon à Semur, virée vers l’Auxois

Cette semaine, cap vers l’Auxois, au départ de Dijon. Une route magnifique, chargée d’histoire mais trop ignorée depuis l’ouverture de la grande bretelle à 2×2 voies menant à l’autoroute vers Paris. Car avant la construction de celle-ci, on prenait la Nationale 5 pour monter vers Semur, , ou Alésia. La N5, c’était celle qui reliait Paris à Genève, empruntée par tous les touristes en mal de stations thermales. Une petite route charmante traversant une succession de villages au milieu d’une campagne aux atours purement côte-d’oriens.

Aujourd’hui, il faut être connaisseur pour réussir à ne pas emprunter la voie rapide et rester sur celle qui est devenue, déclassée, la D905. Mais si vous nous suivez, si vous prenez les bons virages (reportez-vous à la carte d’itinéraire affichée en bas de l’article), vous verrez qu’elle recèle encore d’innombrables vestiges d’une France rurale et touristique. Alors montez donc !

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Période estivale oblige, partez du Lac Kir, pour remonter dans un premier temps les communes bordant l’Ouche et qui alimentent ce plan d’eau. L’occasion d’envier les baigneurs qui profitent du fameux lac artificiel de l’agglomération. En 2014, il fêtera ses cinquante ans. Un demi-siècle de verdure sur un terrain qui devait à l’origine se transformer en une immense zone d’activités commerciales.

Mais poursuivez rapidement vers Plombières, puis Velars-sur-Ouche et Fleurey. Coincés entre l’autoroute à gauche et le canal de Bourgogne que vous longez sur votre droite, deux logiques s’opposent : la folie de la vitesse à gauche, et le calme tranquille des petites maisons fleuries d’éclusiers à droite. Jusqu’à Sombernon, prenez donc bien garde à suivre la D905, et non la voie rapide ! Si vous ne le perdez pas des yeux, le canal construit au XIXe siècle, saura vous guider. Sur votre route, plus loin, vous retrouverez deux des six réservoirs qui alimentent en milliers de mètres cubes d’eau ce canal de 250 kilomètres long et font au passage la joie des estivants.

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Sur le chemin, Pont-de-Pany caractérise bien le village-étape avant l’arrivée à Dijon. D’anciens restaurants “ouverts le dimanche” pour les Côte-d’oriens en balade proposaient un dépaysement total à seulement 20 kilomètres de la capitale bourguignonne. Pour les touristes du Nord, les vieilles façades publicitaires donnent le ton : dans 25 minutes à Dijon, vous arriverez dans le pays de la moutarde “Grey-Poupon”.

Mais c’est bel et bien la petite ville de Sombernon, quelques kilomètres plus à l’Ouest, qui symbolise vraiment l’ambiance de l’ancienne Nationale 5, avec ses vieilles publicités Ricard ou Vichy Célestins. La montée en lacets jusqu’en au haut de ce belvédère offre une vue magnifique sur la vallée de l’Ouche. Arrivés en haut, pensez à prendre de l’essence, car désertification rurale et autoroute obligent, Sombernon est le dernier oasis de carburant en service avant plusieurs dizaines de kilomètres !

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A la sortie, en direction de Vitteaux, le chemin que vous empruntez est encore surnommé “Route de Paris”. Et déjà le premier réservoir de Grosbois fait son apparition. De vos fenêtres ouvertes pénètrent des odeurs d’huile solaire et de snack. Sur votre droite, dans les prés, les vaches sont là pour surveiller que les jeunes baigneurs ne sautent pas dangereusement depuis le haut du barrage.

Et puis quelques villages s’enchaînent, dont celui de , fleuri de dizaines de géraniums au bord des fenêtres de vieilles maisons en pierre. De quoi vous faire regretter d’habiter en ville. Là encore quelques quelques vieilles publicités, pour le pastis Dubonnet cette fois.

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Au bout de cette longue ligne, vous pénétrez dans Vitteaux, et c’est le début de l’Auxois. A quoi le reconnaît-on ? “Aux cabines téléphoniques encore en service”, vous répondraient certains citadins ! Non, plus sérieusement Vitteaux symbolise l’ambiance des petites villes de Haute Côte-d’Or, ancrées dans l’agriculture et la ruralité, mais malheureusement victimes de la fermeture des commerces. Aujourd’hui, avec toutes ses façades définitivement closes, Vitteaux semble sinistrée mais authentique. Cela vous attriste ? Soutenez donc l’activité locale et arrêtez-vous donc boire un café dans un des quelques bistrots encore ouverts !

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A la sortie de Vitteaux, dirigez-vous vers Précy-sous-Thil. Sur votre droite, vous apercevrez une étrange sculpture de soucoupe volante, que certains vidéastes s’amusent à faire passer pour vraie.

Jusqu’à Précy, la route est aussi longue que droite, comme tracée à la règle. Vous pourrez tout de même, si le temps vous le permet, faire un détour par les ruines du château de Thil, sur les sommets de la commune de Vic-sous-Thil. Datant du Xe siècle, il offre un panorama imprenable sur tout l’Auxois-Morvan. Au loin, on aperçoit l’Yonne.

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Mais si d’aventure vous étiez plus farniente que contemplatif, dirigez-vous directement vers Pont-et-Massène et son réservoir, le lac de Pont. Plus petit que les cinq autres réservoirs du canal de Bourgogne, il offre pour autant une ambiance digne des années 60, avec sa petite plage de sable et son camping à proximité. Un vieux plongeoir en béton planté dans l’eau vous donnera la sensation d’être revenu en pleines Trente glorieuses, au bord d’une dense et fraîche forêt.

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Mais la plus belle étape de votre périple restera sans nul doute l’arrivée à Semur, incroyable ville médiévale au cœur de l’Auxois. Les passionnés d’histoire et de vieilles pierres tomberont sous le charme de la vieille ville fortifiée. Les imposantes tours de plus de 40 mètres haut vous donneront envie de prendre le cœur historique d’assaut et vous délasser en son sein, pourquoi pas en terrasse devant une glace artisanale.

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Une fois digéré, descendez donc à pied vous promener le long de l’Armançon, sous le pont Joly. La fraîcheur de l’eau et la beauté des jardins la bordant vous donneront une fois de plus l’envie de vous installer définitivement dans cette ville d’art et d’histoire, très prisée des antiquaires et des artistes.

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Le retour

Vous voici donc arrivés au terme de 80 kilomètres de balade automobile en plein Auxois, sans aucune portion de voie rapide et quasiment aucun feu rouge. Seulement des paysages magnifiques et des monuments remarquables. Mais il vous faut encore faire le chemin du retour. Et pour cela, l’idéal est d’emprunter un autre itinéraire, cette fois par le “haut” de la Côte-d’Or.

En remontant sur Montbard, vous pourrez reprendre aisément la D905 jusqu’à puis , Darcey, Saint-Seine-l’Abbaye, Val Suzon et enfin Dijon (cf. carte ci-dessous).

Et s’il vous reste du temps pour flâner, le chemin vous réserve autant de surprises qu’à l’aller : l’Abbaye de Fontenay, Alésia, et ses anis, les sources de la Seine, puis enfin le Val Suzon et sa verdure inégalable.

Au final, un bien beau parcours de trois à six heures selon la durée de vos escales, qui ne manquera pas de vous rendre fier de votre région.

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Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel itinéraire bourguignon ! | Photo Jonas Jacquel

Les commentaires sont clos.

  1. Sympas le road-trip en cote d’or, c’est vraiment une super idée!

    Romain le samedi 20 juillet 2013 à 10h10

  2. Vitteaux : effectivement il y a encore 4 bistrots ouverts et 4 restaurants aussi ! un très beau patrimoine, souvent “caché”, et pour le découvrir n’hésitez pas à vous arrêter et vous échapper dans les petites ruelles, loin de la “grande rue de passage”

    Audrey le samedi 20 juillet 2013 à 10h29

  3. Merci Audrey pour cette défense de Vitteaux, tout aussi médiévale que Semur avec un site archéologique unique… Pas si morte que ça la petite ville…Elle renaît de partout.

    Michel Huvet le samedi 20 juillet 2013 à 19h18

  4. Découvrez la bien jolie ville médiévale de Semur en Auxois, flâner dans ses ruelles; au bord de la rivière l’Armaçon, empruntez les escaliers du fourneau ou de la poterne. N’oubliez pas de découvrir le musée municipal et cet été encore la tour de l’orle d’or, les jardins de l’hôtel particulier de Chassey jusq’au 10 août. Une ville à découvrir à pied ou en petit train touristique.

    sandrine le samedi 20 juillet 2013 à 12h33

  5. jusqu’au bout de mes rêves… non de mes souvenirs… j’ai parcouru ces routes au volant d’un vieux 15 tonnes Renault à la fin des années 50 (éh oui!!) pas de direction assistée, boite 3 vitesses le “Sombernon” à 15kms/h et encore pas en hiver, les haltes aux “routiers” etc…. à l’époque la route semblait interminable, le décor banal… C’est génial et tout à votre honneur de mettre en valeur ce qui reste de “ces autrefois” qui n’ont rien perdu de leur charme et donne une autre image de notre pays. Bravo à vous, sortez nous encore longtemps des sentiers battus.

    AL le vendredi 26 juillet 2013 à 8h47