Rythmes scolaires : Qui met la réforme au piquet ?

Photo Jonas Jacquel

Depuis 2008 et la réforme de Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation nationale, les élèves des écoles élémentaires ont 4 jours travaillés dans la semaine, pour un temps total de 24 heures hebdomadaires. Mais prochainement, il y aura une demi-journée supplémentaire.

Fer de lance de , actuel ministre de l’Éducation, la prochaine réforme du rythme scolaire sera appliquée à partir de 2013, selon la volonté des communes, puis sera imposée à l’ensemble du territoire en 2014. Et lundi 8 juillet 2013, les chiffres sont tombés : 4.000 communes vont franchir le pas selon le ministère. Le syndicat SNUIPP-FSU livre aussi sa propre estimation : 18,6% des villes, dont Dijon, vont opter pour ce choix.

Une réforme attendue

“En Côte-d’Or, ce seront près de 30% des élèves qui sont concernés”, indique Dominique Baud, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) du département. Une fédération de parents d’élèves qui “attend cette réforme depuis un moment”, explique-t-elle. Avant d’ajouter que la FCPE “demande une refondation complète du système scolaire”.

L’objectif du décret est de mettre fin au constat des années scolaires trop courtes “et des journées beaucoup trop longues” pour les écoliers. “On ne veut pas d’élèves assis qui reçoivent un flux d’informations qu’ils ne sont pas aptes à comprendre”, témoigne Dominique Baud. Il faut comprendre par là qu’il faut se mettre au niveau de “l’horloge biologique de l’enfant”. C’est-à-dire savoir “aérer” les cours par des temps de pause. “On souhaite une remise en cause est complète du système actuel”.

Concrètement, une demi-journée sera ajoutée à chaque semaine, principalement le mercredi matin mais exceptionnellement le samedi matin. Les jours travaillés dans l’année resteront inchangés, donc 144 heures totales, et la dose de travail hebdomadaire restera à 24 heures. Au final, il en résulte que les journées seront raccourcies. Le rythme scolaire n’est pas atteint par la réforme, mais un éventuel décret en 2015 n’est pas à négliger (Lire ici LeMonde.fr)

La réforme impose trois principes simples : la journée ne peut pas durer plus de 5h30 au sein de la classe, une demi-journée ne peut durer que 3h30 et la pause méridienne doit être supérieure à 1h30. Le site du ministère de l’Éducation nationale propose quelques exemples d’application de ces principes.

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“Respecter l’horloge biologique des enfants”

Face aux différentes options modulables qui s’offrent aux municipalités, Dominique Baud préconise déjà une journée type, dans laquelle il n’y “aurait que 3 heures le matin et 2 heures l’après-midi. Mais ce qu’on souhaite avant tout, c’est une longue pause méridienne sur laquelle les élèves prennent le temps de manger, de se poser et de faire d’autres choses que se concentrer. Ensuite, les faire revenir sur du travail scolaire lorsqu’ils sont aptes à l’intégrer, quand ils sont prêts, les enfants et non pas les adultes”.

Une réforme censée convenir au rythme des enfants, mais qui n’est pas encore au goût de la FCPE qui considère que “la réforme n’est pas appliquée comme nous le souhaitons, la pause méridienne est réduite. C’était ça où faire venir plus tôt les enfants à l’école. Où est le rythme biologique de l’enfant là-dedans ?”, se demande la présidente départementale.

D’autant plus que cette réforme aura un coût. “En rajoutant une demi-journée supplémentaire, il y aura plus de travail dans le domaine du périscolaire”, ou bien les écoles devront ouvrir leur cantine le mercredi après-midi, alors que ce n’était plus le cas depuis 4 ans. “Le gouvernement a reporté ce coût sur celui des mairies”, conclut-elle, et pour la ville de Dijon, l’addition s’élève à 260.000€.

Ci-dessous, la carte de toutes les municipalités ayant adopté la réforme de Vincent Peillon dès la rentrée 2013.

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