Le combat des extrêmes…

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Sur chaque lampadaire et poteau du quartier Jacques Cellerier, des affiches et une même invitation : Venir dire au que sa permanence comme sa liste aux prochaines élections municipales sont loin d’être les bienvenues.

“Si nous voulions en découdre, nous ne serions pas habillés comme ça”. Sourire aux lèvres Stéphane mène le groupe devant la rue Henry Chambellan, où est justement inauguré le local du parti frontiste. Ce 10 juillet au soir, la tension est palpable les deux camps s’observent sonnant le début d’un combat qui pourrait s’annoncer long.

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Photo Jonas Jacquel

Il y a quelques jours déjà, à l’occasion de la venue de Florian Philippot, le vice-président du Front national, plusieurs militants du s’étaient rendus à Fénay pur faire part de leurs intentions. “Le message est simple, on leur dit cassez-vous”, assurait alors Jean-Michel Dorlet, mandataire départemental du en Côte-d’Or. “Si le Front national compte présenter une liste à Dijon, nous nous battrons contre ces idées”.

Et c’est bien cette voie que compte suivre le parti de Marine Le Pen. Depuis plusieurs semaines, son nouveau secrétaire départemental, Christian Launay, fait durer le suspense autour de la personnalité qui conduira la tête de liste. Trois noms sont dans l’arène pour une réponse définitive le 17 juillet.

La 40ème permanence de France

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Photo Jonas Jacquel

Si bien que l’ouverture d’une permanence apparaissait comme une évidence comme l’explique , vice-président du Front national chargé des manifestations et des formations, qui avait fait le déplacement pour l’occasion : “C’est la quarantième que nous inaugurons cette année alors que les autres partis en ferme”. Édouard Ferrand, chef de file des élus régionaux d’ajouter que les principales villes de la région – Sens, Auxerre, Mâcon – seraient prochainement couvertes.

Au bout de la rue, fermée par les forces de l’ordre, des explosions retentissent, des slogans résonnent : “Pas de fachos dans mon quartier, pas de quartier pour les fachos”. Louis Aliot s’interrompt : “Les aboyeurs publics arrivent. Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont les complices du système. Pendant qu’ils manifestent comme des bœufs pour dire non au fascisme, qui n’existe pas d’ailleurs, ils ne voient pas que le chômage, la misère et la mondialisation à outrance créer des dégâts considérables. Ils sont l’expression braillarde d’une partie de la société qui a perdu le sens de la mesure”.

“C’est honorifique de sa part”, répond Stéphane de la coordination antifasciste. “C’est même sympa de sa part. Se faire insulter par Louis Aliot prouve que notre combat à un sens”. Dans l’immeuble aussi, l’implantation du parti n’est pas bien accueillie : “Nous avons reçu un morceau d’assiette et un autre nous a assuré que la copropriété ne voulait pas de nous”, pointe un jeune sympathisant, pas démoralisé pour autant.

Une bataille idéologique

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Photo Jonas Jacquel

Après un tour du quartier, la centaine de manifestants fait à nouveau face à la police. “La montée en puissance de la violence de l’extrême droite est héritée des années Sarkozy”, pointe Stéphane. Il en veut pour preuve l’affaire Clément Méric ou encore les récentes dégradations du local de Cigales, l’association gay et lesbienne de Dijon.

Pourtant, c’est bien dans les rangs des militants de gauche que viendra cette suspicion. Une altercation sur la connotation homophobe d’une insulte à destination des supporters de Marine Le Pen sonnera la fin du rassemblement. Pourtant, Stéphane l’affirme, ces manifestations pourraient se répéter, “pour informer les gens et qu’ils puissent voter dans les meilleures conditions”.

“En quelque sorte, ce sont les idiots utiles du système”, lâche Louis Aliot. “Malheureusement, ils ne s’arrêteront pas et le dialogue est difficile. Mais, puisque nous sommes dans un pays démocratique, ils ont le droit de manifester, de dire ce qu’ils veulent, de brailler. Pourvu qu’il n’utilise pas la violence comme une arme politique”. Avant de préciser que ce discours est aussi applicable aux structures d’extrême droite.

Les commentaires sont clos.

  1. Cette propension à se représenter comme “extrêmes” les défenseurs de la tolérance et de l’esprit républicain, renvoyés comme simple envers des racistes du FN, est navrante, c’est vraiment un élément de langage que ne cessent de colporter les journalistes sans aucune réflexion…

    Michel Latoute le vendredi 12 juillet 2013 à 8h43