Les JMJ, voyage au bout de la spiritualité

2013-07-10-religion-jmj-rio-2013

Rio. Son carnaval, sa samba, ses plages de sable fin et sa statue du Christ Rédempteur. Dominant la baie de Guanabara, les bras ouverts, comme un geste de bénédiction, il va accueillir, durant deux semaines, près de deux millions de croyants, dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse.

Car à partir du 23 juillet, la mégalopole d’Amérique du Sud va devenir le cœur de la chrétienté. Une vingtaine de jeunes Dijonnais entament, dès jeudi 11 juillet, leur voyage spirituel qui les conduira à l’autre bout du monde jusqu’à la rencontre avec le pape.

Une expérence unique

Héritage du Pape Jean-Paul II, les journées mondiales de la jeunesse vont fêter cette année leur 28ème édition. Et il est bien loin le temps ou 300.000 jeunes se réunissaient sur la place Saint-Pierre de Rome : cette année, l’organisation attend plus de deux millions de personnes. Sylvain sera de ceux-ci. À 25 ans, ce Dijonnais participe à sa deuxième manifestation du genre, après celle de Cologne en 2005.

“C’est une expérience qu’on ne vit nulle part ailleurs : plusieurs nations se réunissent pour une même raison. C’est un autre monde, un autre univers, une expérience de vie complètement à part”. Pourtant, Sylvain n’est pas un pratiquant régulier. Loin d’être un handicap pour lui : “Chacun de nous à un profil, des attentes spirituelles et personnelles différentes et c’est plus la foi au fond de nous qui compte”.

Au Diocèse de Dijon, c’est Jacques Descreux qui a en charge de coordonner le groupe : “Nous avons vingt-quatre participants dont un volontaire et cinq accompagnateurs”, souligne-t-il. Les volontaires seront cette année 84.000. Ils devront gérer la logistique durant la manifestation. “Les participants du département ont de dix-huit à vingt-huit ans”, poursuit le délégué. “La plupart ont noué un partenariat avec une paroisse dont ils sont l’ambassadeur au Brésil”.

5.400 Français au rendez-vous

“La paroisse partenaire les a aidés financièrement, ils lui ont rendu des services”, détaille Jacques Descreux. “Le diocèse a également apporté une aide au budget des jeunes pour autant qu’ils ont eux-mêmes participé à des actions de financement [ndlr : Des jeunes ont par exemple vendu des bouteilles de vins]. Il y a eu une solidarité à ce niveau entre les différents participants si bien que certains sont finalement partis en n’ayant à peu près rien versé de leur poche”.

Sylvain a pour sa part choisi de partir sans être lié à une paroisse. “Pour des raisons professionnelles, je n’avais pas pu aller aux de Sydney en 2008 et de Madrid en 2011. Je nourrissais donc ce projet depuis la fin 2012”. Et l’investissement, aussi bien personnel que financier – 2.000 euros – doit, selon lui conditionner les réelles convictions des participants.

La première semaine, le groupe se retrouve en effet en immersion dans les familles brésiliennes. La ferveur religieuse du pays n’est plus à démontrer, il s’agira donc, pour les côte-d’oriens de découvrir la culture, de partager la leur à travers des opérations de porte-à-porte par exemple. La semaine suivante, la manifestation en tant que telle débutera avec en point d’orgue la veillée et la messe papale.

“Nous ne sommes pas en voyage touristique”

“Nous verrons le pape, au moins sur écran géant”, plaisante-t-il. Le Souverain Pontif arrivera le 25 juillet lors de la célébration d’accueil puis participera au chemin de Croix le 26 juillet, le tout sur la plage de Copacabana.

“Nous ne sommes pas en voyage touristique mais bien culturel et spirituel”, souligne pourtant Sylvain. Cependant, des consignes ont bien été données aux participants eu égard à la grogne sociale palpable à un an de l’organisation du Mondial 2014 dans ce même pays. Certains quartiers de Rio sont ainsi bannis et la vigilance est de mise dans les zones touristiques.

“Pour la messe de Campus Fidei, on nous a conseillé d’emmener une radio portable pour suivre la messe. Elle sera en effet traduite sur onde FM”. À Madrid, en 2011, près de 5.000 emplois ont été créés. Le Brésil, premier pays catholique au monde, avec 123 millions de pratiquants sur plus de 192 millions d’habitants devra transformer chez lui comme chez beaucoup d’autres cet enthousiasme collectif en inspiration durable.

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