Faut-il sauver le soldat Sarkozy ?

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Avec l’invalidation des comptes de campagnes du candidat , c’est une véritable course aux dons que l’UMP vient de lancer. L’équation est bien simple : si les 315.000 adhérents du parti versent chacun 35 euros, la cagnotte sera suffisante pour reléguer au stade de mauvais souvenir le prêt de onze millions que l’État ne remboursera finalement pas.

Mais cette campagne auprès des militants et sympathisants met en lumière une autre réalité : l’UMP a accumulé près de 55 millions d’euros de dettes, dont 40 rien que pour l’acquisition de son siège. Si aucun plan social n’est à craindre – l’UMP emploie 90 personnes à son siège, ce “Sarkothon” parait déjà crucial pour le parti.

Un sarkothon à 11 millions

Et l’opération semble déjà porter ses fruits puisque, mardi 09 juillet 2013, Jean-François Copé annonçait sur Europe 1 avoir atteint la barre des 2,7 millions d’euros de paiements en ligne, sans compter les chèques. Et de préciser “Les dons affluent, j’en suis très touché”. Désormais, suivant l’exemple du “patron”, Nicolas Sarkozy, chaque élu est invité à mettre la main à la poche pour verser 7.650 euros, montant maximum autorisé par la loi.

Sur la première circonscription de Côte-d’Or, , par ailleurs conseiller municipal à Dijon, a aussi participé à cet effort : “Notre pays a besoin d’un grand mouvement d’opposition, ancré dans les valeurs républicaines, pour contrer la politique désastreuse du gouvernement socialiste”. C’est donc assez naturellement qu’il a relayé par mail l’initiative auprès des sympathisants sur son territoire, “pour les sensibiliser”.

La décision du Conseil constitutionnel repose essentiellement sur un financement jugé “irrégulier” : celui du meeting de Toulon, le 1er décembre 2011. “Compte tenu de l’implication du parti dans cette manifestation, de l’ampleur du public convié, comprenant notamment des adhérents et sympathisants de l’UMP, des modalités d’aménagement des locaux et des moyens de communication déployés”, ce déplacement, réglé par l’Élysée, était clairement un meeting de campagne.

“Mendicité galopante”

“Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut respecter les institutions de la République et le Conseil constitutionnel en est une”, martèle Laurent Bourguignat. “Cette décision est lourde de conséquences et on voit bien que Nicolas Sarkozy est victime d’un vide juridique portant sur le double statut de Président sortant et de candidat à l’élection”.

Sur Twitter, le député PS de Côte-d’Or, ironise : “J’arrive à Paris, j’espère ne pas être trop ennuyé par la mendicité galopante de l’UMP à chaque coin de rue”. Avant de poursuivre : “La faillite actuelle de l’UMP n’est que la poursuite de la logique de l’irresponsabilité”. La dernière campagne des Législatives 2012 a aussi porté un autre coup : l’aide publique, indexée sur le nombre de députés, va passer de 33 millions à moins de 20 millions d’euros par an et le non-respect de la parité engendre une amende de quatre millions.

Depuis quelques jours, le grand public découvre Catherine Vautrin, la trésorière nationale du parti. C’est elle qui doit instaurer l’austérité au sein du parti de la rue de Vaugirard pour rétablir l’équilibre à la fin de l’année 2016. Le JDD détaillait plusieurs mesures : “Jean-François Copé a troqué la C6 du président pour une C5 […] Le bureau politique, en présence de Nicolas Sarkozy, s’est fait dans la salle de conférences du siège. En d’autres temps, on aurait organisé l’événement au Méridien”.

, le sénateur-maire de Dijon ne se fait lui que peu d’illusion quant au devenir du pays. Lorsque Le Parisien lui demande s’il va trouver les onze millions d’euros, le patron des sénateurs socialistes répond : “Je ne m’en fais pas. Il a tellement d’amis dans les milieux d’affaires. Il faut dire qu’il les a bien servis pendant cinq ans”. Son principal challenger à la mairie de Dijon, Alain Houpert de s’interroger : “Je me souviens d’une récente visite officielle du président Hollande au maire de Dijon”, écrit-il.

Les deux jours en province, le 11 mars dernier, sont pointés du doigt : “La facture de ce déplacement sur deux jours avoisinait les 50.000 euros. Cette visite a, de toute évidence, revêtu un caractère électoral pour François Rebsamen, même si la réussite ne fut pas, loin s’en faut, au rendez-vous”.

Les commentaires sont clos.

  1. Mr Grandguillaume devrait se souvenir des cotisations bradées au PS une idée de Jack Lang ou de la faillite du PCF qui vendait du muguet
    Nous verrons dans 4 ans comment Hollande va procéder entre son statut de sortant et de candidat.
    La vengeance de Debré sera le nid du FN en plus de la politique du PS

    Laurent le mardi 9 juillet 2013 à 17h07