Beaune/Dijon : la guerre des “cités” n’aura pas lieu

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La de Beaune, c’est parti. Il n’aura fallu qu’un peu plus de deux semaines depuis la présentation officielle de Dijon, Cité internationale de la gastronomie pour que sa quasi-homonyme petite sœur consacrée à l’oenotourisme ne voit le jour. Curieux timing, mais le Bureau interprofessionnel des Vins de Bourgogne () comme , député-maire de Beaune le jurent en cœur : “rien à voir avec Dijon”. Ce qui n’empêche pas l’édile beaunois de glisser quelques petites piques à l’adresse de sa grande voisine.

“Ce projet mûrit depuis deux ans”, se souviennent et , présidents du BIBV. “On attendait de voir comment le dossier de Beaune, Cité internationale de la gastronomie, évoluait. Une fois Beaune écarté, on s’est remis à plancher la Cité des vins de Bourgogne.” Un centre culturel dédié au vin, sur trois bâtiments entre 1.100 et 1.200 m², proche du Palais des congrès de Beaune. “L’objectif principal est d’en faire la porte d’entrée vers tout le vignoble, détaille Pierre-Henry Gagey. Cela fait des années que les touristes nous disent qu’ils ne savent pas par où commencer en arrivant ici.” Une porte d’entrée qui ne se réduira pas à Beaune et ses environs immédiats. Les touristes seront aussi guidés vers le Mâconnais, Chablis, la côte chalonnaise…

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Photo Jonas Jacquel

“Beaune a le devoir de rayonner”

“On ne peut pas parler de gastronomie en France sans parler de vin”, se lance Alain Suguenot. “À côté de l’assiette, il y a le verre.” Pourtant, il est bien prévu que la de Dijon consacre un espace au vin. “Oui, mais aux vins du monde, le vin en général,” rétorque le maire de Beaune. “Nous, c’est le vin bourguignon que nous mettrons en avant.” Clairement, Beaune a toute légitimité pour créer sa Cité. “Ce projet existait avant que Dijon, et même Beaune, ne porte sa candidature pour la Cité internationale de la gastronomie. Beaune est bien la capitale des vins de Bourgogne. Comme toute capitale, elle a un devoir, rayonner.” Côté BIVB, on est carrément dans le rétropédalage. “En tant que Beaunois, on a soutenu la candidature de notre ville pour la Cité internationale de la gastronomie. Mais cela reste une petite ville”.

Ouverture prévue en… 2016

Coût de cette Cité des vins de Bourgogne : 10 millions d’euros. “Le BIVB investira entre 1 et 2 millions d’euros. Mais le but est que la structure s’auto-finance”, assure Pierre-Henry Gagey. “Pas question de mettre la main au porte-feuille à la fin de chaque année.” Alain Suguenot refuse de donner la participation de la Ville. “On doit faire le point avec nos investisseurs privés”. Qui sont les mêmes, à quelque chose près, que ceux qui étaient prêts à investir pour la Cité internationale de la gastronomie.

“Dijon est une ville amie et partenaire sur le dossier de la reconnaissance des climats de Bourgogne à l’Unesco”, assure le maire de Beaune. Pourtant l’ouverture de la Cité des vins de Bourgogne est prévue pour 2016, la même année que la Cité internationale de la gastronomie de Dijon. “Pour Dijon, on en reparle en 2020. Avec les travaux que nécessite l’hôpital, le désamiantage…” Tiens, mais alors pourquoi le maire , parle-t-il de 2016 ? “Il y a des élections d’ici là”, glisse Alain Suguenot. À Beaune aussi, non ?

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