Les “Fralib” ont le thé très amer…

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À l’extérieur de la plateforme de Fauvernay, une partie de pétanque s’engage. L’accent est chantant, mais le terrain n’est pas forcément des plus adéquats. Depuis 4h, ce vendredi 05 juillet, une cinquantaine de salariés de bloquent partiellement l’accès à cet entrepôt de l’agglomération dijonnais.

Ils sont partis la veille de Marseille pour être au rendez-vous. Voilà plus de 1.000 jours que ces salariés sont en lutte. Depuis que le groupe Unilever a annoncé le 28 septembre 2010 sa décision de fermer l’usine de , dans les Bouches-du-Rhône, où était fabriqué plus d’un million et demi de sachets de thé des marques Lipton et Éléphant notamment. “La marque Éléphant n’est distribuée qu’en France, mais aujourd’hui, les plantes viennent d’Amérique latine, le conditionnement se fait en Pologne et la distribution débute à Fauvernay”, détaille Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de Fralib.

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Photo Jérémie Lorand

Depuis mars 2013, les salariés de l’entreprise ne touchent plus de salaires, mais ne comptent pas pour autant baisser la garde : “Le groupe Unilever fait des milliards de bénéfices”, martèle Olivier Leberquier. “Les licenciements ont tous été annulés par la Justice, mais la direction, en toute impunité, s’assoit sur le droit français. Elle s’en fout royalement et fait ce qu’elle veut”. Une délégation syndicale a d’ailleurs rencontré le gouvernement début juin pour prendre des dispositions.

Durant la campagne de la Présidentielle 2012, le candidat François Hollande et son VRP de la “France qui souffre”, Arnaud Montebourg, s’étaient rendus sur place. “Arnaud Montebourg préconisait la réquisition avec une indemnisation aussi ridicule que ce qu’Unilever à l’habitude de verser aux salariés”.

530 kilomètres et un même combat

En Côte-d’Or ce conflit revêt une importance encore plus particulière. En 2008, Unilever avait en effet annoncé la fermeture de l’usine Amora-Maille du quai Nicolas Rollin à Dijon. Malgré l’opposition massive de la population et des élus, les derniers salariés quitteront l’usine en juillet 2009. “Nous avons accueilli cinquante d’entre eux”, se souvient Christian Bouglionne, employé au Centre de logistique Amora à Chevigny Saint Sauveur. “Avec la direction, c’est toujours un dialogue de sourds. Ils emploient cinquante surcroits tous les mois en expliquant que nous ne travaillons pas assez pour remplir les objectifs”.

Voilà 37 ans qu’il travaille chez Amora-Maille. Et ses conclusions sont similaires : “Les dirigeants de groupe comme celui-ci s’en foutent totalement. Ils n’ont pas compris que l’argent on n’en avait rien à fiche, ça ne paye pas tout”. À ses côtés, des employées de l’usine Chocolaterie de Bourgogne, installé à Dijon par exemple ou encore de Val d’Aucy, à Ciel en Saône-et-Loire : “Nous concentrons nos luttes divergentes sur plusieurs secteurs d’activités”, reconnait Sandrine Bernadat, déléguée syndicale CGT. “Fralib est un symbole de lutte. Ils n’ont plus de salaire mais continuent à se battre”.

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Photo Jérémie Lorand

Et Olivier Leberquier attend beaucoup de ces multiples actions : “Nous menons le combat sur tous les terrains, syndical déjà, mais aussi judiciaire et politique. Nous attendons de François Hollande qu’il tienne ses promesses”. Parti peu après onze heures, les salariés vont retrouver leur site de Gemelos. Avec la promesse de multiplier les coups d’éclat pour que le groupe Unilever se mette “enfin” autour de la table.

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