Les demandeurs d’asile expulsés du squat de la rue Bertillon

Photo Jérémie Lorand

Photo Jérémie Lorand

Depuis huit heures ce vendredi 05 mai 2013, la préfecture était sur le pont, rue du docteur Bertillon à Dijon, en présence de représentants de la mairie pour expulser à l’aide de policiers en civil, de policiers et de CRS, les demandeurs d’asile mais aussi des personnes ayant obtenu le statut de réfugié politique. Parmi eux, certains habitaient là depuis un an et demi.

Expulsion pour cause d’insalubrité, de vétusté. De l’aveu de la mairie, les lieux n’étaient pas décents. Et pourtant, ils sont habités depuis l’automne 2011 par une centaine de personnes qui avaient pris cette ancienne boucherie pour abris.

« Jamais un accident », les associatifs de la Ligue des droits de l’Homme, les volontaires d’Urgence solidaire défendent le groupe qui s’est formé, où les hommes vivent entre eux, solidaires, débrouillards, sans histoires.  Une image plutôt sereine confirmée par un policier : « Nous avions de bons rapports, ils sont sympathiques, faciles d’accès, on peut discuter ».

L’expulsion se déroule dans une ambiance relativement calme. Les institutionnels gèrent les aléas en présence de l’huissier de justice, exécutrice de l’expulsion. Les associatifs, eux, rongent leur frein : « La préfecture nous avait juré qu’elle n’interviendrait pas ce matin… »

Le directeur de cabinet tempère :  « Ecoutez, désormais nous sommes face au même problème, que nous avons précipité, reconnait-il. Mais maintenant, essayons de travailler ensemble à cette situation. »

Plus d’informations, prochainement sur Le Miroir Mag.

Les commentaires sont clos.

  1. Triste situation!
    Il y a 6 mois, nous y avions fait un reportage sur le thème de l’accès aux soins pour tous, thème toujours d’actualité, même en été, malheureusement…

    François COLAS le vendredi 5 juillet 2013 à 12h34

  2. Oui le collectif d’associations de soutien aux demandeurs d’asile était présent lors de cette expulsion Pourquoi ce déploiement de police alors que la Préfecture, la veille, nous avait promis que nous serions prévenus de cette opération sans la présence policière ?
    Quel mépris vis à vis des associations – Comment faire confiance en la parole de l’Etat ?
    Depuis Nov 2011 le collectif d’associations a pris ses responsabilités en fournissant en permanence une aide administrative, une aide alimentaire régulière, un soutien moral, des cours d’alphabétisation etc…
    Tout le monde reconnaît qu’il n’y a pas eu le moindre incident ou violence malgré les conditions de vie désastreuses, des différences culturelles. Nous ne comprenons pas la présence policière
    une quarantaine de personnes se retrouvent à la rue, dont de nombreuses personnes ayant un recours en cours pour régulariser leur situation. Où vont-ils dormir ? Comment vont-ils se nourrir? Comment vont-ils se soigner ?

    HEDOU Jean-Pierre le samedi 6 juillet 2013 à 21h13