Les mécontents du Budget…

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Et la solidarité gouvernementale vola en éclat. Alors que l’exécutif dévoile tout juste les premières orientations de son budget pour l’année 2014, la ministre de l’Écologie, , est désabusée. Au micro de RTL, elle a assuré que ce budget était tout simplement “mauvais”.

Et d’ajouter : “Je souhaite que dans les jours qui viennent, nous puissions faire la démonstration que la volonté de faire de la France la nation de l’excellence environnementale et de la transition énergétique n’est pas une variable d’ajustement”. La sentence n’attendra pas. François Hollande mettra fin à ses fonctions en fin de journée.

Alors que débutait, mardi 02 juillet 2013, le débat d’orientation des finances publiques à l’Assemblée nationale, cette sortie de la ministre a réveillé la polémique. À l’image du député PS de la première circonscription de Côte-d’Or, qui s’est fendu d’un tweet on ne peut plus explicite.

L’État est dans l’obligation de se serrer la ceinture et ces premières coupes ne couvrent que quatorze des vingt milliards d’économies qu’il doit réaliser en 2014 (Voir le détail ci-dessous). Aussi les ministres concernés ont l’impression de porter à eux seuls l’effort national. Pour autant, , conseillère municipale Europe-écologie – Les Verts à Dijon y voit un bon signe pour l’écologie : “Jusqu’à présent, nous nous questionnions sur sa volonté de porter la question environnementale au cœur des politiques publiques. Qu’elle tape du poing sur la table nous convainc”. Et d’espérer que la “grande famille écologiste” va la soutenir.

En 2010 déjà, Nicolas Sarkozy avait semé le trouble chez les écologistes en lâchant cette petite phrase qui depuis fait date : “L’environnement, ça commence à bien faire”. Catherine Hervieu soupçonne désormais les lobbies à Bercy – siège du ministère de l’Économie. “La semaine dernière, le gouvernement fait un grand pas en recevant le rapport Duron et là, on se retrouve avec une décision complètement contradictoire”.

Un pas en avant, deux pas en arrière

Du côté du ministère de la Culture, le sentiment est le même. Entre les deux tours de la Présidentielle, le candidat et futur président François Hollande prend sa plume et assure aux patrons des lieux de spectacles qu’il “redonnera sens et ambition au ministère affaibli par dix ans de restriction”. Or chaque année, 6 % des engagements du ministère sont gelés afin de se prémunir des aléas de la conjoncture. Un dégel partiel a été adopté en juin par Aurélie Filippetti.

“Nous ferons en sorte que ce dégel soit maintenu en 2014”, assure , conseiller régional de Bourgogne et délégué CGT du Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles (synptac). Car les acteurs du monde culturel n’entendent pas se démobiliser face à ces baisses de crédit : “Le 13 juillet, la profession se mobilisera à Avignon, dans le cadre du festival”.

Pour Catherine Hervieu, pas besoin de manifestation pour sensibiliser l’opinion à sa cause : “Les gens comprennent désormais que la relance écologique n’est pas un retour à la bougie, mais bien un outil qui ne hiérarchise pas les questions environnementales, sociales et l’efficacité économique”. Mais pendant ce temps-là, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, la ministre Delphine Batho demandait une suspension de séance. Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Matignon d’écrire un nouveau message, cinglant.

Quelques heures plus tard, les représailles ne se font pas attendre : Delphine Batho quitte son ministère. Philippe Martin la remplace. A 59 ans, le député socialiste et président du conseil général du Gers devient le troisième ministre de l’Ecologie et du Développement durable en un an. Contactée avant le renvoi de la ministre, Catherine Hervieu ne voulait envisager cette potentialité : “Nous devons faire réfléchir au plus haut sommet de l’État, nous ne pouvons pas opposer économie, lutte contre le chômage et la prise en compte de la question environnementale”.

D’autant que plusieurs études pour le compte de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ou du CNRS tablent sur 745.000 à 825.000 créations d’emplois d’ici à 2050. La plupart le seraient dans la rénovation thermique des bâtiments. Reste que ce limogeage est sans doute une preuve supplémentaire, pour les écologistes, du caractère non prioritaire de l’environnement pour François Hollande.

Dans le secteur de la culture en revanche on craint des suppressions de postes. “Nous voulons un budget sacralisé aussi bien au plan national que sur le plan local”, martèle Alain Renault. Car la question sous-jacente est celle des conséquences au sein des collectivités locales aux premiers rangs desquels le conseil régional de Bourgogne : “Nous sommes dans l’attente des lois de décentralisation, la région ne connaitra ses moyens qu’en octobre, mais nous nous battrons”.

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