Ils passent leurs vacances au camping de Dijon

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Annoncé comme “un des lieux de séjour les plus agréables de Bourgogne” sur le site de Côte-d’Or Tourisme, le camping du lac Kir est pourtant situé en plein centre-ville de Dijon. C’est d’ailleurs le seul camping de la ville. Coincé derrière le centre hospitalier de la Chartreuse, à la croisée entre le boulevard Chanoine Kir et le boulevard des Gorgets, difficile d’imaginer des touristes venir passer leurs vacances ici. Et pourtant…

Entre les boulevards, la vie

“La deuxième partie du camping n’est pas encore ouverte”, introduit Philippe, le gérant du lieu de villégiature. “En mai nous avons subi les inondations qui ont frappé la région, on a eu très peu de temps pour tout remettre en l’état”. Des dégâts colossaux puisque la crue de l’Ouche a inondé l’ensemble du camping à hauteur d’1m20 à son entrée et jusqu’à 1m80 à son extrémité (voir ici Infoclimat), qui longe la promenade de l’Ouche.

“On a réouvert le 18 juin. Tout n’est pas encore parfait, mais ça prend forme”, assure ce Lorrain d’origine, qui est entré en fonction il y a deux semaines. Employé par la société Sercol, il nous explique que, bien que le camping soit la propriété de la mairie, les communes délèguent de plus en plus certains de leurs services publiques. “Autrefois, c’étaient les secrétaires à la mairie qui gérait les réservations”, mais faute de temps et de moyens, “ce n’est plus vraiment possible aujourd’hui”.

Interrogé sur sa clientèle, Philippe détaille que ce sont, pour la majorité des cas, des touristes de passage qui réservent un emplacement. “Ils restent une, deux voire trois nuits, puis repartent et continuent leur trajet. Généralement, il y a 70% de Hollandais, 10% de Britanniques, 10% de Français et 10% d’autres pays”. Des pays qui peuvent se révéler quelques fois très éloignés, comme ce fut le cas avec plusieurs visiteurs venus d’Australie.

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Photo Jonas Jacquel

Première attente des touristes : “le câble et le wi-fi”

Pour Philippe, le succès du camping tient en la nature de Dijon, “qui a de nombreux atouts”. “Les touristes sont souvent curieux, notamment ceux provenant des Pays-Bas”. Il y a aussi des vacanciers d’un autre genre, qui n’ont sur leur emplacement qu’un vélo et une tente. “Ce sont des touristes qui ont une péniche le long du canal et qui font escale quelques temps à Dijon. A vélo, ils en profitent pour visiter la région”. Des vacances qui ne sont donc pas uniquement culturelles, mais aussi sportives. “En septembre, il y a aussi beaucoup de réservations suite au Vélotour”.

“En ce moment, il y en a une cinquantaine de pris sur les 80 actuellement disponibles, en basse saison”, et une fois les rénovations de la seconde partie du camping terminés, il en comptera 120. “Les places sont spacieuses pour accueillir les camping-cars, qu’on préfère placer sur du dur plutôt que sur l’herbe”. Mieux vaut éviter qu’ils ne s’embourbent si le temps se gâte. D’ailleurs, il y avait plusieurs mobile-homes. Mais ça, c’était avant les intempéries de mai.

En visitant l’étendue du camping, Philippe explique que les préoccupations premières des touristes sont d’avoir le satellite et le wifi au camp. Beaucoup de paraboles sont installées sur les toits des camping-car ou bien même à même le sol. “Avant même de demander s’il y a du pain”, s’amuse à penser à voix haute le gérant. Le camping du est effectivement équipé d’une connexion wifi.

“Dijon is een prachtige stad*”

Dans les allées clairsemées de tentes ou bien de caravanes, beaucoup de plaques d’immatriculation en provenance des Pays-Bas. Parmi elles, une modeste roulotte appartenant à Yolande et son mari, tous deux sexagénaires. Ils parlent un petit peu français, mais il s’avère qu’ils maîtrisent l’anglais sur le bout des doigts. Comme l’expliquait Philippe, ce sont des voyageurs qui ne font qu’une brève escale dans la cité des Ducs : “Nous ne sommes que restés trois nuits ici. Nous avons fait un long voyage jusqu’au sud de l’Espagne, le 21 avril, puis nous sommes progressivement remontés par étapes sur la Côte d’Azur, et maintenant nous rentrons chez nous”, retrace Yolande avec un soupçon de nostalgie dans la voix.

Ce qu’elle a aimé à Dijon ? “Le coeur historique de la ville, qui a beaucoup de charme”, ce n’est donc pas un hasard si ce sont des amis à elle qui lui ont conseillé de séjourner quelques temps ici. Même son de cloche chez une voisine d’emplacement, néerlandaise elle aussi : “On nous a toujours dit que Dijon était à visiter, et cette année on a saisi cette chance et on l’a fait. On ne regrette pas, la ville est super, tout comme le camping”.

Pourquoi tant de touristes des Pays-Bas ? Yolande y va de son explication personnelle : “Les Néerlandais n’aiment pas trop être coincés dans un hôtel, avec un lit et une cuisine. Nous préférons être libres de nos gestes, de dormir où l’on veut avec notre camping-car”.

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Photo Jonas Jacquel

Ils ont vendu leur maison pour vivre en camping-car

A l’entrée du camping, un imposant camping-car est rangé sur le côté, un chat attaché à côté du marche-pied. Il est immatriculé en France, l’un des rares du camp. A bord, Alain et Chantal, en retraite depuis une poignée d’années. “Avec mon épouse on a pris cette option de vivre en camping-car. On vit exclusivement dedans, c’est notre maison sur roues depuis bientôt 3 ans”, raconte Alain. Un mode de vie qui leur convient particulièrement bien, d’autant plus qu’ils ont “longtemps voyagé avec un camping-car plus classique”.

Plus classique ? “Notre voiture peut rentrer dans le camping-car. Il a des dimensions un peu plus larges et longues que la normale”. S’ils sont libres d’aller où ils veulent, en profitant notamment des pays ibériques lorsque c’est l’hiver, il n’y a pas véritablement d’économie de coûts par rapport à une maison : “Ce mode de vie n’est pas spécialement économique, l’investissement initial est assez énorme, à hauteur de 250.000€, et l’entretien est important”.

Chantal présente l’intérieur du véhicule, où tout est optimisé au centimètre carré près : “J’ai une vie comme dans un studio, j’ai tout, congélateur, frigo, micro-ondes. Il faut en revanche apprendre à tout ranger et être méticuleux”.

Leur présence à Dijon est toute simple : “c’est parce que nous y avons vécu 30 ans”, justifie Alain. Un retour aux sources original pour un couple désormais sans racine.

* : Dijon est une ville charmante, en néerlandais.

Les commentaires sont clos.

  1. Votre article est très sympa. Deux remarques, toutefois:
    – le camping a rouvert le 18 juin et non pas le 18 mai;
    – On va “à vélo”, parce qu’on est dessus!( excusez l’ancien enseignant grincheux)

    Longue vie à votre Miroir qui reflète l’actu sous un bon angle!
    Alain

    Alain le lundi 1 juillet 2013 à 11h25