Plus fort que l’économie verte, l’économie bleue !

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Bleue comme le ciel, la mer et la Terre, planète bleue. Dans la suite logique et plus fondamentale de l’économie verte, l’économie bleue s’attache à proposer une mentalité, une philosophie, une méthodologie et donc des modèles pour un développement proche du principe de l’écosystème.

Si vous ne connaissez pas “l’économie bleue”, et que le CRANE ne vous dit rien non plus, vous avez en revanche sûrement entendu parler de l’Été des arts en Auxois. En réalité, cette grande manifestation artistique annuelle n’est autre que la face visible de l’iceberg, la concrétisation populaire et publique des travaux menés par le centre de ressource artistique du .

Au calme des vieilles pierres du château de Chevigny, vers Millery (21), les équipes du CRANE composées principalement d’artistes en résidence s’intéressent aux questionnements et réponses relatives au défis éthiques de la société, à travers l’acte artistique, face au phénomène de surconsommation notamment.

Soutenu par la Drac de Bourgogne et réorienté sous la forme d’un pôle de recherche à part entière, le  “CRANE Lab”, invite de nombreux artistes étrangers (Canada, Japon, Belgique, etc.) à venir débattre, converser, réfléchir, inventer, créer, transmettre par le bais de l’art, le temps d’une résidence, dans le calme de la campagne française.

L’objectif étant d’organiser un réseau d’échange et de communication entre les artistes, les associations et de promouvoir une approche de l’art bien particulière.

La sagesse des écosystèmes

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Photo Jonas Jacquel

Ce centre de réflexion artistique international méconnu du grand public organisait un colloque autour de la notion d’économie bleue mercredi 26 juin 2013. Une date importante pour le collectif car elle est le point de départ d’une réflexion et d’une éthique internationale vouée à s’étendre dans le monde. Elle offrait aussi la possibilité d’accéder à des travaux de recherche par une entrée libre au public. Au programme de cette réunion d’artistes, sociologues de l’art, écodesigners et autre philosophes de l’art, une discussion autour de la place de l’éthique dans l’art et de la notion d’économie bleue…

On ne trie plus, on ne recycle pas, car les “déchets” des uns sont la matière première des autres. On parle ici de régénération. Une approche de l’économie au sens large selon un système cyclique en renouvellement perpétuel visant à améliorer très significativement le respect de l’environnement et des équilibres naturels, la préservation des ressources mais aussi l’augmentation du niveau de vie, créer des emplois ou encore renforcer le capital social. Lire l’article de Libération.fr sur Gunter Pauli, le fondateur de ce mouvement.

Elle s’applique en premier lieu aux artistes et étudiants qui viennent travailler en résidence au Crane.

“Nous ne sommes pas là pour faire du “babacoolisme”, mais pour aller de l’avant, en amont même du recyclage ou du développement durable. Nous demandons à tous les artistes qui viennent de poursuivre leur processus créatif en remplaçant les matériaux qu’ils utilisent habituellement par des matières naturelles ou recyclables. Beaucoup d’artistes n’en ont rien à faire de l’éthique aujourd’hui, mais l’humanité ne survivra pas sans éthique”, entame Jean Voguet, directeur du Crane, lors de son propos préliminaire. “Un vaste de travail de pédagogie est à faire et notre ambition première est d’aller à la rencontre de la population, d’engager et de développer la conversation”.

300.000 tonnes de métal pour se raser…

Pour l’écodesigner canadien Mario Lambert “On ne peut pas tout prendre dans la nature et ne rien lui redonner en échange”. Un des objectifs est évidemment de faire changer les mentalités industrielles, pour tendre vers moins de complexité des procédés de fabrication, d’utiliser des matériaux moins nocifs ou tout simplement de favoriser des ressources localement disponibles. Un exemple – simple mais parlant – a permis à l’auditoire de comprendre immédiatement la philosophie de l’économie bleue tout autant que sa concrétisation industrielle.

“On utilise 300.000 tonnes de métal par an pour se raser au niveau mondial et un nombre incalculable de rasoirs jetables. Une équipe d’écodesigners vient de mettre au point un rasoir à fil de soie. Un seul rasoir doté d’une lame parfaitement régénérante et aussi tranchante que l’acier” explique Jean Voguet pour lancer la discussion. Il ne reste plus qu’à commercialiser tout cela et à l’appliquer au reste de nos produits de consommation !

Les commentaires sont clos.

  1. Très intéressant. Merci pour cet article relatif à une manifestation effectivement méconnue.

    Ducol le samedi 29 juin 2013 à 22h19

  2. serions nous en passe de devenir un petit peu rationnel.

    Declic21 le dimanche 30 juin 2013 à 7h45

  3. Bonjour,

    j’ai récemment entendu parler de l’économie bleue.
    Plus particulièrement des pleurote, des champignons qui pourrai être cultivé a partir de marre de café.
    Avez-vous des renseignements concernant cette méthode de culture?
    Connaissez vous des personnes qui sont dans le domaine, ou des associations qui en cultivent?

    Merci pour votre site, il est très intéressant..

    Prune le mardi 30 juillet 2013 à 21h58