Aéroport Dijon-Bourgogne : “La région n’ira pas seule !”

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Au printemps 2013, le président du conseil général de Côte-d’Or appelait de ses vœux à un vrai investissement de la région à propos de l’aéroport Dijon-Bourgogne. Rectification : “l’aéroport Dijon-Côte-d’Or”, se décharge , président du conseil régional. L’air de ne pas vouloir y toucher, il a néanmoins fait voter, lors de la séance plénière du lundi 24 juin 2013, la subvention de 272.500 euros représentant son soutien temporaire à l’initiative conjointe du – pourtant vacillant.

Les trois autres acteurs : Grand Dijon, conseil général de Côte-d’Or et chambre de commerce et d’industrie de Bourgogne, sont censés apporter la même part d’investissement au projet – eux aussi au chevet de la structure accusant un déficit structurel d’un million d’euros. La subvention actuelle, signée par le président le 28 janvier 2013 couvrira pour l’instant les frais du déficit prévisionnel d’exploitation de la plateforme par la CCI sur la période du 1er janvier au 31 mai 2013. Il avait été convenu le 11 mars 2013 en présence du préfet que la CCI de Côte-d’Or poursuivrait l’exploitation de la zone civile de l’aéroport Dijon-Longvic jusqu’en mai 2014.

Fermer l’aéroport, un acte de lucidité et de courage ?

“La région n’ira pas seule”, avertit François Patriat, pas vraiment prêt à prendre sur ses épaules le pari de la suite. En juin 2014, il faudra pourtant que les quatre acteurs concertés prennent une vraie décision. Depuis le printemps 2006, environ 15,5 millions ont été engagés sur l’argent public pour développer les infrastructures et 4,7 millions pour l’aide au lancement de nouvelles lignes (celles vers Southampton et Nantes ont fermé au bout de quelques mois).

Jusque-là, l’aéroport mixte (militaire et civil) était entretenu par les services de la BA 102. Mais la refonte de l’armée et le dernier livre blanc du gouvernement sur la réduction des effectifs (20 000 à l’horizon 2019) pourrait remettre en cause leur présence sur le lieu, et donc leur participation technique concernant les infrastructures. A l’inverse, le maintien de la BA 102 tiendrait aussi à la relance de l’activité de l’aéroport civil. Les deux activités ayant un destin lié.

Le dossier Renaissance pose également les problèmes de sa viabilité et de son attractivité (42.000 passagers en 2012, soit 9% de moins qu’en 2011) qu’a souligné Catherine Vandriesse (groupe d’opposition Bourgogne Active) en session : “Il l’est moins que celui de Dôle-Tavaux” pointant du doigt le problème des destinations qu’il propose (vers Toulouse et Bordeaux).

Alors qu’à 40 kilomètres de là, son concurrent jurassien (34.000 passagers en 2012) brade des vols qui s’adressent directement et pragmatiquement aux communautés et vacanciers : Portugal et Maroc en tête des offres. Michel Neugnot (PS) se pose en défenseur d’une logique est-ouest privilégiée pour la simple raison “qu’elles sont supérieures à 3 heures avec un autre moyen de transport” – limite psychologique qui déclenche selon le conseiller régional le besoin d’un vol.

Si le projet Renaissance laisse sceptique le conseil régional, les associations environnementales de l’Est dijonnais (AEED) ont, elles, un avis bien tranché sur la question : “C’en est fini du projet Renaissance. Mais nos élus, semble-t-il, en rêvent d’un autre. Pour les AEED, il n’y a sûrement pas de place pour deux aéroports à 40 kilomètres de distance, et probablement pour aucun. Fermer l’aéroport de Dijon ne serait ni une folie, ni un drame, mais plutôt un acte de lucidité et de courage au regard des enjeux majeurs du 21e siècle”.

Les commentaires sont clos.

  1. Je peux être naïf ?
    On en a besoin de cet aéroport ?

    Arnaud Guvenatam le mercredi 26 juin 2013 à 11h28

  2. La prochaine rallonge financière sera à faire après les municipales de 2014… ce qui reporte donc le débat après les élections ; bien joué pour Dijon ! L’aéroport ser-t-il un sujet de la campagne ? probablement non car de droite (classique) comme de gauche (classique) et au centre (classique) personne ne s’oppose à engoufrer à perte des finances dans cet aéroport inutile.

    Phil le jeudi 27 juin 2013 à 0h51

  3. Pourquoi ne pas s’associer avec une compagnie comme Ryan Air, Easy Jet ou autres ? Même si ce pour une certaine période cela peut marcher ? A la création du l’aéroport, on nous l’avait “vendu” avec destination pour le Maghreb, la Croatie, la Russie etc….. que nenni, ce serait intéressant d’avoir que le vol

    Jacqueline le jeudi 27 juin 2013 à 12h58

  4. Oui, on en a besoin de cet aéroport, avec les ambitions qu’on a : cité de la Gastronomie, climats à l’UNESCO, etc. On signe un mémorandum avec une grande ville chinoise et on va leur expliquer qu’ils faut qu’ils arrivent en voiture ? Un peu de sérieux, Messieurs les politiques !

    Papou9 le jeudi 27 juin 2013 à 13h54

  5. Je suis complètement d’accord, la ville tend à devenir de plus en plus touristique, un aéroport est donc indispensable! Les touristes privilégierons toujours l’avions à d’autres transport si la destination est trop loin, ils ne feront souvent pas l’effort de s’arrêter à l’aéroport de Paris ou Dole pour faire ensuite de la voiture ( C’est trop compliqué, plus cher et ne ramènera donc personne )

    Thibo le jeudi 27 juin 2013 à 20h11

  6. de l’utilité : oui
    des prix pratiqués entre vol aller et retour : non

    utilisateur le vendredi 28 juin 2013 à 9h22

  7. Un aéroport a Dijon est indispensable pour le rayonnement économique et touristique de la ville. Un aéroport de ce type à pour vocation d’accueillir des vols courts et moyens courriers. Un transfert de ces activités à Dôle serait un lourd handicap du fait du temps d’accès, environ 45 min. Un voyageur d’affaires venant de Bordeaux par exemple et devant effectuer une journée de travail à Dijon perdrait 1h30 de son temps de travail pour rejoindre Döle. Sans compter qu’il devra louer un véhicule alors qu’à Dijon il pourra utiliser les transports en commun ou un taxi. L’attrait économique de la ville s’en verrait énormément dégradé.

    Philippe Besognes le vendredi 28 juin 2013 à 13h26

  8. Dijon-Toulouse: Aller-retour
    Par le train: départ vendredi et retour le dimanche en 12h30, 219€
    Par voiture: en 14h00, sans arrêt, 255€.
    Par avion: en 4h20, 491€ sans anticiper sa réservation.
    Chacun fait son choix.
    Il est certain qu’avec de plus gros avions, les prix pourraient descendre sensiblement.
    Surtout que la piste et ses taxiways sont dimensionnés pour accueillir des A320 et B737.

    JAL le vendredi 28 juin 2013 à 21h49

  9. Chaque métropole régionale avec un aéroport tourné vers le national et l’international ??
    Oui, on le voudrait, mais le coût environnemental est il supportable ? et le coût pour la société ? L’aérien : un mode de transport incroyablement énergivore, des infrastructures et un fonctionnement au coût énorme pour la collectivité. La France est le pays européens le plus doté en aéroports et aérodromes ? Est-ce tenable encore longtemps ? Ouvrons les yeux : l’optimisation des grandes plate-formes existantes répond aux principaux besoins, en croisant les différents modes de déplacement en commun.

    Il faut améliorer les interconnections rails-aéroports, pas développer un aéroport plus grand à Dijon. Et si priorités il y a actuellement, c’est dans le développement des transports régionaux et inter-régionaux (TER), pour répondre aux plus grands nombres de déplacements quotidiens et hebdomadaires, pas pour répondre aux besoins de déplacements épisodiques.

    Phil le dimanche 30 juin 2013 à 21h41