Pour se chauffer, l’université de Bourgogne abandonne le charbon

Photo Jérémie Lorand

La grande cheminée rouge et blanc domine encore le campus universitaire Montmuzard de Dijon. Mais pour combien de temps ?

Depuis le 16 octobre dernier, les bâtiments de la fac sont chauffés par le réseau de chaleur du Grand Dijon. La chaufferie charbon a, elle, cessé définitivement son activité dans la nuit du 26 au 27 mars.

Voilà plus de cinquante ans que le campus Montmuzard était chauffé au charbon. Une chaufferie construite à l’initiative du recteur Marcel Bouchard, en 1962. Jugée trop polluante, elle sera démantelée. Un data center sera prochainement implanté sur le site. La chaleur produite par celui-ci sera injectée dans le réseau de chauffage du campus.

Un data center pour se chauffer

Un godet plonge dans le petit tas de charbon situé à l’extérieur du bâtiment. Il attrape une tonne de combustible et se dirige, sur des rails, vers la chaudière. Chaque jour, trente tonnes étaient littéralement englouties par la machine. Quarante lorsque la température extérieure descendait en-dessous de zéro degré. “Avec ça, les amphithéâtres sont chauffés à 19°C”, souligne Amandine Borneck, responsable du service “Campus durable et citoyen” à l’.

Au cours de ses 50 années de fonctionnement, la chaufferie a permis de produire 13,5 milliards de Kwh thermiques, soit près de 1 millième de la consommation énergétique annuelle de la France ! A l’origine, le charbon venait de la région du Creusot. Désormais, il vient d’Amérique ou d’Afrique du Sud. “Entre l’approvisionnement en matière première et les travaux d’entretien, le coût annuel était d’un peu moins de 1,5 million d’euros”, ajoute Amandine Borneck. Le passage à la biomasse, c’est-à-dire les matières organiques consommables,  n’allégerait la facture que de 3 345 euros.

Alors, pourquoi changer ? Essentiellement pour des questions environnementales. L’université de Bourgogne, à travers l’ensemble de ses sites, rejette près de 13 000 tonnes de CO2 par an, dont 11 000 rien qu’à Dijon. Avec ce changement, l’université espère réduire la quantité de gaz à effet de serre qu’elle émet par an  de plus de 50% !

“Nous conserverons la petite chaufferie au gaz, en cas de gros coups de froid”, souligne Charles Cordier. “La nouvelle énergie viendra d’abord de la chaufferie Nord, le récupérateur de chaleur de l’usine d’incinération du Grand Dijon et bientôt de la chaufferie urbaine au bois”. Située boulevard Petitjean entre le cimetière des Péjoces et la rocade Est, elle doit entrer en fonction à partir de l’automne 2014. Elle sera composée de trois chaudière biomasse de onze mégawatts utiles chacune mais aussi d’équipements de traitement des fumées.

L’énergie sera elle acheminée par les trente kilomètres du réseau de chaleur du Grand Dijon qui, schématiquement, a été construit sous le tramway. Il permettra d’alimenter en eau chaude et en chauffage les bâtiments publics et d’habitats collectifs des quartiers le long du tracé mais aussi d’autres équipements comme le Centre hospitalier universitaire, la piscine olympique et donc l’université.

Et à partir de 2015, la chaleur sera aussi informatique. Adossé à la chaufferie, l’université prévoit en effet de construire un data center. “L’appel à projet est lancé”, assure-t-on du côté de la communication. Les travaux doivent être présentés dans quelques jours.

A l’intérieur des chaudières, le charbon chauffait l’eau à 90°C avant de desservir l’ensemble des bâtiments, des 24 000 étudiants et des 2 500 personnels. Dans la pratique, les étudiants n’y verront rien. Car la transition est déjà effective depuis plusieurs mois : “le nouveau système de chauffage a été installé peu après les travaux du tramway”, détaille Charles Cordier, le technicien de maintenance. “Nous l’avons remis en route il y a quelques jours pour permettre d’écouler le stock”. Dans la cour extérieure, il reste tout juste une dizaine de tonnes de charbon. Le sol est encore maculé de noir alors que le tas de mâchefer attend d’être récupéré, pour des travaux de voirie.

Les commentaires sont clos.

  1. Installer des panneaux voltaïques sur les milliers de m2 des bâtiments serait à moyen terme judicieux car le chauffage au bois municipal est à mes yeux une grave hérésie anti-écologique

    Dijon Autrement le jeudi 10 avril 2014 à 16h57

  2. Grave hérésie ou compromis économique de court-terme?

    Sylvain le jeudi 10 avril 2014 à 19h05

  3. Faut pas se tromper : il n’y a pas que de la biomasse désormais pour chauffer l’université !

    L’incinérateur de Dijon, qui alimente le réseau de chaleur brule beaucoup de déchets ultimes (plastiques, métariaux non triés, etc.), au bilan carbone et environnemental désastreux !

    Quel est le programme de réduction de consommation énergétique de l’université ???

    Antoine le jeudi 10 avril 2014 à 23h22

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    polaire salomon le mardi 24 juin 2014 à 3h53