Contrat de génération : une aide modeste pour transmettre le savoir-faire

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En pleine conférence sociale, alors que François Hollande milite pour l’utilisation de sa “boîte à outils” contre le massif des jeunes, un a été signé, jeudi 20 juin 2013, à l’entreprise Rémi Confection, basée à Longvic. Evelyne July, 58 ans, va transmettre son savoir-faire de couturière à Prescillia Boitard, fraîchement embauchée en CDI.

L’entreprise Rémi Confection est spécialisée depuis 1955 dans la création et la confection de textiles professionnels : blouses, tabliers, chasubles… Les prototypes sont créés ici, avant d’être produits en sous-traitance en Tunisie. Dans l’atelier, huit femmes s’appliquent à poser des finitions sur des modèles. Ambiance concentrée dans le rythme des machines à coudre. “Tu prends le bouton que tu glisses comme ça, et tu presses”. Démonstration d’Evelyne, “42 ans de boîte”. C’est au tour de Prescillia, sous l’oeil attentif de sa mentor. “A l’école, on a appris une façon de faire que tout le monde pratique. Grâce à Evelyne, j’apprends d’une autre manière. Elle me confie des astuces”, raconte la jeune femme.

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Photo Nicolas Boeuf

“Juste un petit coup de pouce”

Pour Pierre Lambey, qui co-gère l’entreprise avec sa fille, le but est de “perpétuer un savoir-faire”. “La transmission inter-générationnelle fait partie de l’ADN de Rémi Confection, se lance Pierre Lambey. On a beaucoup de stagiaires, de contrats d’alternance, etc.” Prescillia est la 17ème employée de l’entreprise, au SMIC, à 39h par semaine, comme Evelyne. Grâce au contrat de génération, Pierre Lambey peut compter sur une aide de 2000 euros par an et par employée, soit 4000 euros, pendant trois ans maximum. Quand Evelyne partira en retraite, en octobre 2014, l’entreprise ne touchera plus que 2000 euros par an.

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“Je ne sais même pas exactement quelles aides je vais toucher, confie Pierre Lambey. De toute façon, cela ne représente pas grand-chose. Je l’aurais embauchée de toute façon. Disons que c’est un petit coup de pouce.” L’aide allouée par l’Etat à la signature du contrat de génération ne pèse en effet pas bien lourd face aux charges du patron. “Mais la fidélité de nos clients dépend de la qualité de nos produits, qui est assurée par les petites mains. On ne peut pas se permettre de perdre un savoir-faire quand une ancienne s’en va”.

Calcul fait, l’aide de l’Etat représente 10% des salaires que Pierre Lambey doit verser à ses deux employées. “C’est déjà ça. Disons que cela me permet de compenser le manque à gagner : forcément, tant qu’elle forme Prescillia, Evelyne est moins productive”, se retourne le patron.

Le contrat de génération : un beau principe, mais une aide presque symbolique ? En tout cas, il séduit. Déjà 122 jeunes ont signé un CDI grâce à ce dispositif en Bourgogne.

Les commentaires sont clos.

  1. Bien. Une personne de moins à chômage. Ça fait plaisir.
    Maintenant, considérons la situation. Les contrats d’avenir avecc d’ contrats de génération sont censés être les outil de lutte massive contre le chômage. C’est bel et bien un enfumage électoraliste. Tant que le gouvernent continuera les coupes nettes du budget, rien de positif ne sortira en matière de social.
    La base de l’austérité c’est la récession, tout le monde le sait. Alors le chômage explose. Et on dit ensuite que les caisses du chômage et des retraites sont vides. Alors on augmente la durée de cotisation. Mais comme les seniors ne trouvent et plus travail, ils creusent encore les caisses du chômage. Je vous annonce dans la suite logique la baisse des durée des indemnisations et des indemnités chômage.
    S’ils veulent relancer l’activité, il fait augmenter les salaires. Avec quel argent ? Celui de la fraude fiscale. Le SMIC a 1700 euros coûte 20 milliards. La fraude fiscale : 80 milliards. Des dispositifs d’ajustement peuvent permettre aux PME de ne pas souffrir d’une rapide augmentation des salaires (voir niches fiscales inutiles selon la cour des compte). Remplir le carnet de commande des entreprises sera me seul moins de relancer l’activité. Et y’a des domaines industriels et énergétiques qu’il est nécessaire de développer (géothermie, ports, hydroliennes etc etc etc). On parle ici de plusieurs centaines de milliers d’emploi.
    Au lieu de ça on saigne le pays et les gens avec.

    Arnaud Cuvenatam le vendredi 21 juin 2013 à 9h34