L’aéroport Dijon-Bourgogne se brûle les ailes

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Des balises de détresse tracent l’avenir incertain de l’aéroport de Dijon-Bourgogne. Comme unique parachute, cette réunion à la préfecture vendredi 24 mai 2013 censée garantir le fonctionnement de l’aéroport jusqu’au 1er juin de l’an prochain. Autour de la table , maire de la ville de Dijon, , président du conseil général de Côte-d’Or, , président du conseil régional de Bourgogne et enfin Patrick Laforêt, président de la chambre du commerce de Côte-d’Or. Pour rappel, la CCI 21 a refusé en mars de continuer à gérer l’aéroport et n’en sera plus responsable à partir du… 31 mai ! Une situation urgente qui a forcé , préfet de Bourgogne, a réunir les “quatre signataires” du projet renaissance.

Le point presse, initialement prévu à 18h15 mais qui se déroulera une heure plus tard, n’a guère duré qu’une poignée de minutes. En bon arbitre, le préfet a rapidement résumé la situation. “Les quatre signataires du projet renaissance se sont réunis aujourd’hui pour évoquer les modalités d’exploitation de l’aéroport jusqu’au 1er juin 2014 s’agissant en particulier de la répartition du déficit d’exploitation qu’ils ont convenu d’assumer à parts égales”. Un déficit qui s’élève, cette année, à plus d’un million d’euros (1.096.000 €), soit 274.000 € pour chaque partenaire. Le déficit d’exploitation pour l’année aurait dû s’élever à 600.000 €, mais en échouant à attirer une compagnie aérienne low-cost, l’aéroport de Dijon s’est drastiquement endetté. Sa gestion revient de nouveau à la chambre du commerce pour un bail d’un an.

Tour de contrôle, vous me recevez ?

“Les quatre signataires ont renouvelé leur attachement à la présence d’un aéroport à Dijon et leur souhait de trouver un accord quant à sa pérénnité”, précise le préfet. Si les quatre partenaires tirent tous dans le même sens le projet renaissance, cela ne les empêche pas de se lancer quelques piques, à l’image de François Sauvadet, au micro de France 3 Bourgogne : “La région doit prendre ses responsabilités, j’espère qu’elle les prendra et qu’on ne se retrouvera pas dans la même situation qu’aujourd’hui dans un an, dans l’urgence totale. J’appelle donc chacun à assumer ses responsabilités, comme nous l’avons fait, nous (NDLR : le conseil général)”.

Une réunion de “travail technique” est prévue lundi matin afin de “déterminer les modalités de répartition de ce déficit d’ici le 1er juin 2014 ». Autrement dit, comment chacun des quatre gestionnaires financiers apportera sa somme due. Pour autant, il manque toujours à cet aéroport un modèle économique fiable. Une nouvelle compagnie aérienne pour épauler Eastern Airways ? Peut-être est-ce la solution. Ouvrir de nouvelles lignes régulières en est également une autre.

Aujourd’hui, l’aéroport de Dijon relie régulièrement les villes de Bordeaux et de Toulouse. Or, sur ces deux seules destinations proposées, tous les autres moyens de transport sont plus avantageux économiquement.

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En comparant méticuleusement les offres de l’aéroport et de la gare de Dijon sur la destination de Bordeaux, on constate qu’il y a une différence minimale de 100€ entre l’avion et le train, l’écart atteignant pratiquement 150€ par rapport au trajet en voiture. L’aéroport de Dijon n’exploite pas son avantage naturel,celui de la voix des airs dans le Massif central, et fait payer au prix fort son gain de temps.

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La situation est la même pour relier Toulouse à Dijon. L’avion reste le moyen de transport le plus onéreux dans des conditions géographiques similaires (traversée du Massif central). Quant au TGV, il se fait en ligne directe, contrairement au trajet précédent où il fallait passer par Paris afin d’arriver en Gironde.

Et quand ce n’est pas une concurrence avec les autres moyens de transport proposés, l’aéroport de Dijon se fait de plus en plus menacer par l’aéroport de Dole-Jura, qui n’hésite pas à afficher ses publicités en territoire ennemi. En difficulté financière en interne, bousculée sur sa compétitivité face aux différents moyens de transport, l’aviation civile à Dijon et en Bourgogne est définitivement sur un siège éjectable pour une année supplémentaire.

Les commentaires sont clos.

  1. Le problème n’est il pas que cet aéroport n’est que le “joujou” de la chambre de commerce ?

    En ciblant avant tout les business man bourguignons et non le grand public comme le fait Dole, l’équilibre budgétaire semble bien incertain pour ce projet “Renaissance”…

    BlackMirror le mardi 28 mai 2013 à 9h47

  2. Le problème n’est il pas que cet aéroport est seulement le “joujou” de la chambre de commerce ?

    En ciblant avant tout les business man bourguignons et non le grand public comme le fait Dole, l’équilibre budgétaire semble bien incertain pour ce projet “Renaissance”…

    PS : Longue vie à vous et merci pour ce nouveau media bourguignon !

    BlackMirror le mardi 28 mai 2013 à 9h49

  3. Votre réflexion sur le fond du problème (la compétitivité de l’avion par rapport au train et à la voiture) n’est pas inintéressante, mais elle s’appuie sur une erreur (le vol Dijon-Toulouse est bien direct, il ne comprend pas d’escale à Bordeaux) et ne prend pas en compte un facteur : les voyageurs pour Bordeaux souhaitent effectuer l’aller-retour dans la journée, ce qui n’est possible qu’avec l’avion, ce qui leur évite de payer hôtel et restaurants et allonge inutilement la durée de leur absence de Dijon. Sauf low cost (et encore…), le tarif de l’avion est généralement plus élevé que celui du train, précisément parce que le service rendu le justifie.

    Patrice Bouillot le mardi 28 mai 2013 à 16h35

  4. Valentin Euvrard

    Au temps pour moi, il m’a semblé qu’en comparant les tarifs, les numéros de vols de Bordeaux et de Toulouse étaient similaires durant le même jour.

    D’accord sur le gain de temps dans le cas d’un aller-retour la même journée, ce que l’article ne contextualise pas.

    En revanche, l’aéroport de Dole-Jura affiche des tarifs bien plus compétitifs, notamment pour relier la ville de Nice, où le billet coûte moins cher (entre 100 et 120 €) que le trajet en voiture (130€ selon ViaMichelin en “trajet le plus rapide”), tandis que le train coûte approximativement une centaine d’euros.

    Certes, les tarifs des lignes de l’aéroport de Dijon se justifient par l’énorme gain de temps du trajet, mais si de nouvelles liaisons apparaissent pour des destinations plus accessibles, il faudra alors un tout autre argument que le gain de temps pour embarquer depuis Longvic plutôt que de prendre le train…

    Valentin Euvrard le mardi 28 mai 2013 à 17h30

  5. D’accord avec vous sur la comparaison tarifaire. Cela ne fait que confirmer le projet tel qu’il était envisagé dès le départ : attirer à Dijon des compagnies low cost, les seules qui soient capables, de par leur modèle économique, de proposer des tarifs réellement attractifs et d’exploiter des lignes de manière pérenne.

    Patrice Bouillot le mardi 28 mai 2013 à 18h47

  6. Bel accord, qui permet de repousser le débat après les élections municipales !

    Bravo pour le travail comparatif des prix. Il faut rajouter au prix du billet le prix payé par les contribuables, plus de 820 000 € à diviser par le nombre de voyageurs transportés.

    Phil le mardi 28 mai 2013 à 21h32

  7. Un rappel: tous les avantages du projet renaissance présenté il y a 7 ans sont tombés à l’eau, sauf la rapidité du voyage.
    Tous les arguments des opposants sont vérifiés (associations d’environnement comme EELV)et la majorité des politiques locaux et régionaux ne remettent même pas en cause ce projet, simplement ils essaient de se refiler la patate chaude !
    Comment ne pas hurler de devoir payer pratiquement 1 million d’€ pour 30 000 personnes transportées quand il y a tant de personnes au chômage ou en emplois précaires qui ont besoin d’une petite aide pour “vivre” ? Dîtes moi dans cette région qui sont les assistés ? Vous savez ces gens qui grugent les fonds publics ? Une honte !

    jd21 le vendredi 31 mai 2013 à 10h23