Info / intox : “Le Pape n’a pas demandé à abroger la loi sur le mariage gay”

2013-06-15-Thomas-Thevenoud-depute-ps-saone-et-loire

Le Pape François aurait-il exhorté les parlementaires français, reçus ce matin au Vatican, à abroger la loi sur le mariage pour tous ? Pour des médias comme Europe1, l’information paraît claire. Pas de doute, lorsque le chef du Vatican a invité les élus français à “ne pas hésiter à abroger les lois si nécessaire” pour leur “apporter l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine”, il faisait “clairement allusion à toutes les législations pouvant être considérées comme contraires aux principes de l’Eglise catholique, de l’avortement à l’euthanasie en passant par le mariage gay.”

A la lecture du Figaro, on se rend compte que le discours n’est pas si précis et ciblé à l’égard de ces questions de société. Les phrases prononcées par le souverain pontife ressemblent plutôt à des encouragements à exercer le travail de parlementaire en conscience. Le député de la Saône-et-Loire s’est-il à ce moment senti visé – lui qui a été pincé en pleine séance de Scrabble sur les bancs de l’assemblée ? En tous cas, il était parmi ceux qui ont posé un genou devant le successeur de Benoît XVI. Thomas Thévenoud, député PS (71) a publié ce samedi 15 juin 2013 un communiqué sur son site, assurant que non, “Le Pape n’a absolument pas demandé à abroger la loi sur le mariage pour tous”.

Communiqué – Samedi 15 juin 2013

“Présent ce matin au Vatican, lors de l’audience privée que le Pape a accordée aux parlementaires français, je peux attester qu’à aucun moment la loi sur le mariage pour tous n’a été évoquée, ni par le Pape, ni par le sénateur Charles Revet qui s’est exprimé au nom de la délégation.

Le Pape s’est contenté de rappeler la mission qui est la notre en tant que parlementaire : voter la loi mais aussi « contribuer de manière efficace et continue à l’amélioration de la vie de nos concitoyens ». Il a, par ailleurs, cité le principe de la laïcité qui est à la base « des relations de confiance qui existent généralement en France entre les responsables de la vie publique et ceux de l’église catholique ». C’est dans le cadre de ces relations de confiance que je suis venu à Rome, et parce que je représente en tant que député socialiste des Françaises et des Français qui, croyants ou non-croyants, sont épris de justice et d’égalité.

J’espère que ce Pape, venu du nouveau monde, mettra en œuvre ces principes de justice et d’égalité dans une mondialisation qui fait toujours plus de victimes.”

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