Et un an plus tard… les Municipales à Dijon

2013-06-politique-houpert-rebsamen-municipales-2014-JJ-miroir

Il aura fallu une dépêche AFP parisienne pour officialiser une campagne déjà lancée depuis plusieurs mois à Dijon. “Je suis candidat pour être maire de plein exercice pendant la durée du mandat”, a déclaré mercredi 12 juin 2013 l’actuel sénateur-maire de Dijon François Rebsamen devant l’Association de la presse parlementaire.

L’information n’a rien d’un scoop, puisque l’édile brigue officiellement un troisième mandat à Dijon depuis plus d’un an. Il avait fait l’annonce publiquement à ses administrés en mars 2012, en amont d’un conseil municipal. Mais l’été approchant, cette nouvelle déclaration précipite la course aux municipales dans un nouveau rythme, qui n’est pas sans inquiéter son principal adversaire déclaré : le sénateur UMP Alain Houpert. Jeudi 13 juin, ce dernier recevait d’ailleurs la visite d’un nouveau soutient national de taille : celui de Michèle Alliot-Marie.

“Dijon n’est qu’un marchepied dans sa quête du pouvoir”

En réalité, la phrase de , prononcée devant la presse parisienne, répondait surtout aux interrogations des journalistes sur la question du cumul des mandats, dont le sénateur-maire est un des plus fervents défenseurs.

En affirmant être candidat pour un mandat de “plein exercice”, l’élu socialiste affirmait entendre mener à bien son mandat sans avoir de vues sur un quelconque ministère que la rumeur lui prête depuis plusieurs semaines, en cas de remaniement. “Je suis président d’un groupe politique au Sénat, candidat à Dijon, je ne me lève pas le matin en me disant que je vais être ministre”, a-t-il d’ailleurs ajouté. Sans être explicite, la formule entend également qu’en cas de ratification de la loi sur le non-cumul des mandats, il préférera son mandat dijonnais à celui de sénateur.

Mais une telle annonce a surtout eu l’effet d’agiter son adversaire UMP auto-proclamé, . Selon lui, ” François Rebsamen vient d’annoncer sa candidature à la mairie de Dijon en 2014 depuis Paris. […] Les Dijonnais jugeront de la considération qu’il leur porte et de la proximité qu’il leur consacre. Par cet acte parisien, il montre aussi que Dijon n’est qu’un marchepied dans sa quête du pouvoir”, a-t-il déclaré amer dans un communiqué transmis à la presse – probablement sans connaissance de la véritable annonce officielle de mars 2012.

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Toujours plus de soutiens… parisiens

Encore non désigné officiellement par l’UMP et toujours en lice avec Emmanuel Bichot – qui avec le collectif ” Agir pour Dijon ” brigue lui aussi l’investiture de droite pour le Palais des Ducs – Alain Houpert cumule malgré tout les soutiens de taille à droite : l’ex Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, les ex-ministres de l’agriculture Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez… et dernièrement .

Alain Houpert s’est donc offert l’appui politique de l’ex-femme d’Etat, en déplacement jeudi 13 juin à Dijon pour participer à l’origine à la convention d’été de la CGPME. Michèle Alliot-Marie a fait un petit extra afin de rencontrer les militants UMP venus en nombre au café La Comédie.

Celle qui fut présidente du RPR, ministre d’Etat, députée et ministre de la Défense a profité ce jeudi de l’occasion de la sortie de son ouvrage Au cœur de l’Etat pour apporter sa vision très critique du “monde médiatico-politique” français…

“Nous n’avons aucune raison de baisser les bras”

Pour séduire les militants et aider Alain Houpert à “porter le changement dans la ville”, Michèle Alliot-Marie table principalement sur leur sentiment partagé” qu’ils ne comptent plus en tant que personne, que la France est en déclin”. Et quel meilleur sujet que celui du mariage pour tous pour illustrer cette thèse ? “Que l’on n’aille pas au referendum pour un sujet aussi important, c’est quelque chose que moi, gaulliste, je ne peux pas comprendre”, affirme l’ex-femme d’Etat.

Mais en racontant ses multiples voyages diplomatiques, ses expériences, elle a malgré tout tenu à rassurer les militants UMP sur leurs doutes quant à la politique de l’actuel gouvernement socialiste : “Nous n’avons aucune raison de baisser les bras. En 2017, il va falloir reprendre complètement les choses en main, et ce ne sera pas facile car il y aura eu des dégradations à l’extérieur et à l’intérieur. Mais dans les autres pays, je dis déjà à mes interlocuteurs : attendez, on a peut-être des dirigeants qui actuellement ne sont pas à la hauteur, mais nous pouvons commencer à préparer d’ores et déjà ce que nous voulons pour l’avenir “.

Et d’ajouter, pour encourager l’assistance à participer activement à la campagne des Municipales : “Il ne faut jamais renoncer à agir. Ce qui nous motive tous, c’est que nous croyons dans notre pays”. En tout cas, Alain Houpert ne croit pas aux choix faits à Dijon. Les comités de quartiers, la rue de la Liberté – “complètement dégradée en quinze jours” -, son regard porté sur la vie locale est aussi critique que celui porté par son invitée sur le gouvernement national. Tout le monde y passe, sans exception. Même la presse, “régionale en particulier”, accusée de “caresser la main qui la nourrit”…

Les commentaires sont clos.

  1. Je ne savais pas qu’à Dijon, seuls le PS et l’UMP participaient à l’élection municipale…

    Arnaud Guvenatam le vendredi 14 juin 2013 à 11h02

  2. Houpert soutenu par la grande amie des anciennes familles reignantes de Tunisie ? qui n’a rien vu venir du printemps arabes ? Beau soutien clairvoyant !!!

    Phil le samedi 15 juin 2013 à 0h21

  3. Après les évènements de Tunisie et son apport “du savoir-faire français”, en l’occurrence matraques, gaz lacrymo, flashballs, tasers…au régime déchu, je me demande comment elle peut encore parler en public, cette dame qui se prétend républicaine… C’est républicain de soutenir un dictateur ? Soit. la realpolitik peut faire qu’on supporte un dictateur sans le soutenir. C’est républicain d’envoyer de quoi castagner des manifestants qui revendiquent…leur liberté ? assurément non. C’est une lourde faute morale doublée d’une faute politique. Vous faites honte à la France

    carlos le jeudi 11 juillet 2013 à 1h28