Le mariage pour tous, rien qu’un début ?

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Sur la plateforme du camion qui doit ouvrir le cortège, Maxime règle la sono et accroche les derniers ballons, l’arc-en-ciel est parfait. Le clocher de l’église Saint-Pierre, dominant la place Wilson résonne. Sur le perron, un couple se tient par la main, fraîchement marié. Mais Maxime, comme plusieurs centaines d’autres personnes, n’est pas là pour célébrer cette nouvelle union. Il participe à la première marche des fiertés de Dijon.

Une manifestation inédite à plus d’un titre. Car en ce samedi 25 mai 2013, Dijon, comme Tours, ouvre le bal des gay pride post-promulgation de la loi sur le , dite Taubira. Celle qui ouvre justement le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Le rassemblement avait donc autant une valeur de test que de célébration. “Je vous demande de vous exprimer, mais surtout de ne pas répondre aux éventuels provocations et gestes d’incivilités qui pourraient nous être portés”, explique ainsi Mathieu Moreau, le président de l’association gay Cigales, avant le début du cortège.

Il faut dire que depuis l’adoption du texte, les tensions se sont décuplées. Les forces de l’ordre avaient d’ailleurs déployé un dispositif assez visible, afin de dissuader d’éventuels troubles-fêtes. Dans la foule, Julia ne craint pas ses possibles altercations : “Les débats à l’Assemblée et au Sénat ont permis de faire tomber plusieurs stéréotypes et cette marche est encore la preuve que la communauté homosexuelle n’est pas renfermée sur elle même. J’avais peur de l’image que le défilé pouvait véhiculer, mais je suis plutôt satisfaite”.

Pourtant, la détermination des manifestations restait intacte. Le mariage adopté, il faut désormais aller plus loin. “Le gouvernement ne fait pas le travail en entier”, souligne ainsi Jean-Michel Dorlet, du Front de gauche. Des propos corroborés par Mathieu Moreau qui : “La loi pour le mariage pour tous est une belle avancée, mais il reste beaucoup de combats. La Procréation médicalement assistée n’a pas été abordée, tout comme la filiation, la coparentalité ou encore la question des transgenres qui sont les grands oubliés de ce débat”.

Le président de l’association Cigales en appelle à une “égalité réelle”. Et pouvait compter sur le soutien de plusieurs formations politiques, syndicales et même d’une grande radio musicale. Sur la place du théâtre, Romain, animateur en centre socioculturel dans l’agglomération de Dijon balaye des yeux le cortège. “Dans la cour, les enfants et les jeunes adolescents parlent beaucoup des ‘PD’. Il y a un vrai travail d’éducation à mener pour faire tomber les tabous”, explique-t-il. “Les parents, mais aussi l’école doivent être partie prenante de cette évolution même si j’ai bien conscience qu’imposer des interventions sur l’homosexualité dans les établissements scolaires ne serait pas bien accueillis du tout”.

Pour cette première édition, plus de six cents personnes ont répondu à l’appel, un véritable succès pour le président de Cigales, organisateur de l’événement. C’est qu’il fallait faire preuve d’unité à la veille du grand rassemblement des antis, dimanche 26 mai.

Les commentaires sont clos.

  1. Un très bel album et une rédaction un peu originale !

    efezjfnezl le mardi 28 mai 2013 à 14h56

  2. Sympa.

    Pas de pancartes aux slogans injurieux envers les “antis” si j’en crois la galerie de photos. Le contraste est fort face aux militants roses et bleus aux slogans parfois de très mauvais goût, voire haineux.

    Phil le mardi 28 mai 2013 à 21h38

  3. Bonjour,
    Où pouvons nous récupérer les photos prises ? du moins celles ou nous sommes dessus
    merci !

    Durand le mercredi 29 mai 2013 à 20h04

  4. J’ai pour précepte de “ne jamais aller contre la Nature”, mais avec. Toutes les démarches (cause/conséquence) le confirment, et nous n’en sommes qu’au début du “retour de bâton”.
    Concernant la vie privée, dans le consentement, je ne m’oppose évidemment pas à cette évolution de la société, même si je considère que c’est une forme de défaite de la Nature. Mais sans conséquence, a priori. Sauf que l’arrogance et la toute puissance de la médecine a banalisé la PMA (et bientôt la maternité après ménopause et la paternité gestative ???). Et là, cela devient très grave, car la PMA relève de la frénésie à se perpétrer -contre la Nature- dans un monde surpeuplé où l’on sait pertinemment que beaucoup de nos enfants n’auront pas d’avenir (par la simple règle mathématique qui explique que les arrivées sur le marché du travail sont plus nombreuses que les départs à la retraite et que cette situation va empirer. Donc faites l’amour mais pas des victimes !!

    soleil vert le jeudi 30 mai 2013 à 11h07

  5. étant professionnel de santé je me demande une chose: que vient faire la PMA au milieu de tout ça, au milieu de ces commentaires ?

    ” La PMA a été envisagée comme le remède à la stérilité du couple, et non pas la réponse au désir d’enfant” Art. 2141-2

    merci de ne pas faire d’amalgame entre mariage gay et PMA, et mélanger tous les sujets!

    thib le dimanche 2 juin 2013 à 13h03