Emplois d’avenir : Le vaccin contre le chômage chez les jeunes

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Inverser la courbe du chômage. C’est le – trop ? – ambitieux objectif que s’est fixé , président de la République, pour l’année 2013. Or, le nombre de demandeurs d’emploi ne cesse de grimper. A tel point qu’il bat cette année le record de 1997, où 3,1 millions de chômeurs figuraient en catégorie A, contre 3,2 aujourd’hui (lire ici LeParisien.fr).

A Dijon, le taux de chômage a augmenté de 18,49% sur un an, et concernant les jeunes, il a varié de +16,45% (infographie tirée de LeMonde.fr). Des statistiques qui se révèlent paradoxales lorsque, dans le même temps, 14 familles professionnelles sont en tension et ont du mal à recruter en Bourgogne, notamment dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie et même des soins, où il y aurait 5 offres… pour un seul demandeur.

Une balance du recrutement déséquilibrée que le café de l’emploi tente de réajuster. Organisé en ce mardi 11 juin par la mairie de Dijon, l’Association profession sport animation loisirs et culture (Apsalc 21) et le Groupement d’employeurs associatifs (GEA 21), il réunissait employeurs et demandeurs d’emploi à la Péniche cancale.

Le dispositif existe depuis 2010 et a été importé par Nelly Metge, adjointe déléguée à l’emploi, l’insertion et plus globalement à l’économie sociale et solidaire, qui l’avait repéré au Havre. “On l’a adapté pour Dijon, on a cherché un endroit neutre pour ces rendez-vous. On a choisi la Péniche, qui est une coopérative d’intérêts collectifs (CIC), qui est un lieu convivial mais surtout qui permet aux jeunes présents de faire découvrir un lieu culturel”, précise-t-elle.

L’objectif est simple : court-circuiter les codes traditionnels de l’entretien d’embauche.

“On est tous discriminés”

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Photo Jonas Jacquel

Le cœur de cible des cafés de l’emploi sont essentiellement “les jeunes, les personnes issues des quartiers politiques de la ville, donc les Grésilles et Fontaine d’Ouche, les femmes mais aussi des seniors”, détaille Nelly Metge. “Nous ciblons toutes les personnes discriminées, et on l’est tous, puisqu’il y a des critères d’embauche pour chaque offre”. Cette 13ème édition est ciblée sur les emplois d’avenir, qui figuraient dans le programme de François Hollande et qui ont été initiés en novembre 2012.

“Ils sont réservés aux jeunes de 18 à 25 ans, non qualifiés, plus ou moins diplômés – jusqu’à Bac +2 -, qui cherchent à s’insérer durablement dans le monde professionnel”, détaille Nelly Metge. Pour ces jeunes peu diplômés, il devient de plus en plus difficile de trouver un contrat stable, surtout lorsqu’il n’y a pas d’expérience en amont pour les épauler. D’autant que les employeurs “cherchent le mouton à 5 pattes, celui qui a tous les diplômes et 30 ans d’expérience à 18 ans”.

A l’issue de ce café, sur la trentaine de candidats, entre “80 et 90%” d’entre eux ressortiront avec un job à la clé”. Une embauche importante qui n’est pas ponctuelle mais qui s’inscrit dans un véritable cadre propice au long-terme. Les employeurs sont “bien conscients que les jeunes qu’ils recrutent n’ont pas forcément d’expérience. A cet égard, et le contrat d’avenir le stipule, il y a un tutorat renforcé à mettre en place au sein de l’organisme employeur pour former ses nouvelles recrues, ce que faisaient naturellement les anciens dans les entreprises auparavant”, explique Nelly Metge.

Diplômes : “On ne peut pas se retrouver dans le métier sans rien”

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Photo Jonas Jacquel

L’ambiance dans la Péniche contraste avec celle de ses soirées. Cafés et croissants sont servis au bar, le décor est calme, les discussions sont feutrées et sont faites avec une certaine intimité. Léa patiente pour son entretien. Elle a 19 ans et c’est sa première participation au café de l’emploi. Elle souhaite travailler dans la petite enfance et a déposé son dossier et son CV à la mairie. C’est cette dernière qui gère en amont les candidatures : les jeunes n’ont pas à venir avec leur dossier, les recruteurs l’ont déjà et jugeront en face-à-face de leur motivation.

“Sans passer son CAP, c’est vraiment compliqué d’arriver dans le métier”, or, de CAP, Léa n’en a pas. Néanmoins, elle n’en est pas à sa première expérience puisqu’elle a déjà travaillé dans la restauration. Si elle “espère avec une réponse positive”, elle ne l’obtiendra pas durant l’entretien. Aurore, elle, sort tout juste d’une entrevue avec un employeur : “ils [les recruteurs, NDLR] ne se prononcent pas tout de suite après l’entretien, ils ne jugent que la motivation”, témoigne-t-elle.

Pour elle aussi c’est son premier café de l’emploi, mais elle a déjà eu “plusieurs petits jobs” en guise d’expérience. Surtout, elle possède un CAP petite enfance. Malgré ses atouts, pas si simple de s’insérer dans le monde du travail. Avec un entretien pour devenir agent de crèche et un autre en tant qu’animatrice dans le secteur de la petite enfance, elle maximise ses chances de trouver un job pendant au moins un an.

Et tout aura débuté autour d’un café.

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