Scierie du Morvan : “Contreproductif, polluant, pas viable”

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Première nouvelle, nous avons neuf députés européens en Bourgogne, ils appartiennent à l’ensemble Grand-Est. Mais qui les connaît ? Peu de citoyens. Pourtant, ils représentent nos intérêts chaque jour. Quelques-uns ont fait un passage dans les ateliers afterwork du Mouvement européen de France à Dijon, pour rencontrer les électeurs et prendre la température sur le terrain.

Parmi eux, , euro-députée EELV-Les Verts, une femme surdouée (elle a été nommée pour les MEP Europe Awards, qui récompensent le travail des élus du parlement), très forte dans les dossiers de défense de l’environnement et dans la préservation des droits des citoyens.

Après une réunion publique en présence de Catherine Hervieu (EELV 21) le jeudi 6 juin, l’euro-députée a chaussé ses bottes et sa casquette de commissaire aux pétitions, pour se rendre à Sardy-lès-Epiry (Nièvre) et rencontrer les associations Adret-Morvan, Loire-vivante et Decavipec, engagées dans un véritable bras de fer contre le projet Erscia.

Sandrine Bélier, bonjour.

Vous avez rencontré les opposants au projet Erscia vendredi 7 juin, afin de constater la situation, le potentiel de violation du droit communautaire. Quel est, selon vous, le véritable enjeu de la lutte contre Erscia ?

“J’en vois deux, dont l’un a été relayé par une prise de position du syndicat national du bois la semaine dernière. Le premier est la préservation d’un milieu naturel, une forêt – elle participe à la richesse de la région d’un point de vue biologique et écologique – qu’il serait dommage de raser – à hauteur de 100 hectares.

Le second ? Le projet n’est pas une simple scierie, mais un vrai projet industriel. Il n’est pas viable au regard d’autres expériences similaires et il met en danger des emplois et des activités présentes sur la région Bourgogne et les régions avoisinantes (Auvergne, Centre). On nous annonce des créations d’emplois qui n’en sont pas de vraies. Ils seront créés au détriment de la perte des autres. Je trouve cela d’autant plus inutile et regrettable.”

Erscia est-il un dossier “symbolique” pour l’Europe ? 

Non, je crois que le mot est trop fort. C’est un dossier “potentiellement” intéressant – nous ne sommes que dans la première phase de l’instruction, face à un non-respect des législations de protection de l’environnement et notamment de la nature.

En revanche, Erscia n’est pas un dossier “courant”. On n’a pas ce type de grand projet tous les mois et heureusement. Je comprends cette volonté au départ de s’investir dans la filière bois, de rentrer dans une logique de transition énergétique au bois. Sauf que dans ce cas, l’énergie, on veut la produire à l’échelle de la masse alors que c’est totalement contraire à l’idée même de préservation de l’environnement, de la lutte contre le dérèglement climatique. C’est contre-productif, contraire à l’environnement et à la logique économique.

L’idée de développer l’énergie bois est cependant intéressante, mais dans le but de l’inclure dans un mix énergétique qui combine l’éolien, le solaire, l’hydraulique et l’énergie bois.

Erscia = Notre-Dame-des-Landes ?

Il existe en effet une similitude avec le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Erscia a été inscrit dans le cadre de restrictions de budgets parmi les “grands projets” (destructeurs de l’environnement et particulièrement couteux en argent public) de demande de financement à l’Union européenne – 2 millions d’euros ont été sollicités.

La pétition qui m’a été remise n’est pas une pétition au sens français. Dans son sens européen, elle peut n’être déclenchée que par un seul citoyen (ou plusieurs) qui se plaint de non-respect par son pays de lois européennes au Parlement. Deux associations (Adret Morvan d’une part et Loire vivante-Decavipec de l’autre) ont demandé à l’Union européenne de se prononcer sur l’arrêt du projet au regard de violation du droit communautaire. Il faudra environ six mois de démarche avant de recevoir l’avis de la .

Quel était pour vous l’intérêt de cet afterwork ? 

C’est important de montrer que les députés européens ne sont pas déconnectés du territoire. De mon côté, cela m’alerte sur les préoccupations des citoyens et citoyennes. Je trouve que ces échanges sont intéressants car cela nous renvoie à l’idée que les citoyens se font de l’Europe, il y a toujours une certaine curiosité de leur part.

A suivre… Sandrine Bélier et les grands dossiers à défendre

Les commentaires sont clos.

  1. bravo, bien dit… Les élus locaux qui soutiennent, eux, ce projet débile, comme d’autres, assumeront-ils leur part de responsabilité, compte tenu de leur manque de discernement ?

    soleil vert le vendredi 14 juin 2013 à 8h25