Fin des négociations à Parker, 77 licenciements en septembre

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

La semaine dernière, les membres du comité central d’entreprise (CCE) de et les représentations syndicales étaient à Annemasse pour finaliser les dernières négociations et émettre un avis sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui menace 81 emplois à Dijon. Un avis quasi unanimement négatif. Les syndicats mettent en cause la raison d’être même de ce PSE, alors que le groupe Parker fait des bénéfices. Mais le plan, prévoyant de sauvegarder uniquement 4 emplois à Dijon, devrait bien être validé par la Direccte de Haute-Savoie.

La est la seule organisation syndicale à avoir donné un avis officiel sur ce PSE. Elle “dénonce la nature même du projet de réorganisation […] à motivation économique et industrielle. Elle affirme qu’il ne s’agit que d’un plan financier et d’une restructuration boursière avec comme unique but de garantir une augmentation croissante des dividendes versés aux actionnaires. Les excellents résultats du groupe depuis 57 années consécutives sont là pour en témoigner”. Le CCE s’est prononcé à l’unanimité contre les raisons du PSE : “La nécessité de la restructuration n’a pas été démontrée, au contraire (excellente santé financière du groupe et marges de manœuvre importantes au sein des divisions).”

Licenciements boursiers

Un plan alternatif a été proposé, comprenant notamment la sauvegarde de l’activité sur le site d’Annemasse. Mais il a été “balayé d’un revers de la main par la direction”, selon la CGT. Le CCE déplore lui aussi “l’absence de discussions loyales et approfondies sur la base des propositions alternatives des élus pour le site d’Annemasse” et tranche : “Cette restructuration constitue donc un plan de licenciements boursiers pour satisfaire les actionnaires”. Quelques emplois y seront tout de même conservés à Annemasse.

Le syndicat dénonce aussi la mauvaise stratégie du groupe sur le site de Dijon : “Depuis le rachat de Parvex par le groupe Parker Hannifin, les investissements insignifiants notamment en moyens humains, dans l’outil industriel, dans la R&D […] ont conduits le site dans la situation humaine et industrielle dramatique que nous connaissons aujourd’hui”.

La majorité des salariés grévistes a validé les mesures d’accompagnement social du PSE. Mais la CGT affirme que “la direction locale et la direction de Parker France ont travaillé de façon très insuffisante sur la sauvegarde des emplois”. Sur 180 emplois menacés, seulement 4 ont été sauvés à Dijon et 5 à Annemasse. Dans ce contexte, “La CGT ne signera que certains accords partiels de ce PSE concernant l’accompagnement social”.

Premières lettres de licenciement en septembre

La suite des événements ne souffre d’aucun suspens, regrette , délégué CGT. “Selon toute vraisemblance et sans réelle surprise, la Direccte 74 devrait valider le PSE durant la deuxième quinzaine d’avril. Nous le saurons bien assez tôt. Concernant les salariés qui seront impactés par un licenciement, les premières lettres devraient être envoyées début septembre”. Il tire un constat amer des six mois de mobilisation contre le PSE. “[Nous avons] interpellé à plusieurs reprises les pouvoirs publics et le pouvoir politique tout en étant lucides sur le pouvoir des premiers et la volonté de légiférer et d’interagir du second. En ce qui nous concerne à l’instant T, les élections municipales étant passées et le PSE bouclé, nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer”.

Malgré leurs efforts, les syndicats n’ont pas obtenu satisfaction. “Ce que nous avons obtenu des négociations est très insuffisant puisque officiellement, sur le site de Dijon, 77 salariés et leur famille vont être mis sur la paille”, continue Dominique Durand. Mais il veut saluer le courage des salariés de Parker. “Les salariés qui se sont battus à chaque fois que cela à été nécessaire n’ont pas à rougir des résultats obtenus. Seule leur volonté de se défendre à permis d’appuyer certaines organisations syndicales pour qu’elles puissent obtenir des mesures qui, si elles n’ont pas permis de sauvegarder un maximum d’emploi, ont permis un accompagnement probablement plus humain.”

Dominique Durand est bien pessimiste sur le futur des employés qui resteront à Parker. “Dans probablement peu de temps, l’avenir nous le dira, les salariés qui n’auront pas été impactés par les suppressions d’emplois d’aujourd’hui vont probablement subir une nouvelle restructuration. C’est la grande mode chez les grands groupes qui brassent beaucoup d’argent.” La CGT encourage les salariés à s’organiser syndicalement “le plus rapidement possible afin de ne pas être dépourvu le jour où le groupe viendra les poignarder dans le dos”.

Les commentaires sont clos.

  1. Un savoir-faire industriel qui se perd,
    des bâtiments ou plutôt un site
    qui intéresse déjà les
    promoteurs immo

    Dijon Autrement le vendredi 28 mars 2014 à 17h04