Où sont passés les supporters du DFCO ?

Où sont passés les supporters du DFCO ?

Alors que le Dijon Côte-d’Or prépare sa campagne d’abonnement pour la saison 2013-2014 avec une “grande journée de ” place de la République, en ce samedi 15 juin, combien seront-ils à honorer les tribunes de leur présence dès la reprise, en août prochain ?

Le club, qui était encore en Ligue 1 il y a un peu plus d’un an, est désormais redescendu en Ligue 2 et a terminé l’exercice à … la 7ème place. Autrement dit, durant une saison encore – au minimum – le club de la ville jouera les seconds rôles du football professionnel. Malgré tout le croit pouvoir vendre ses abonnements comme des petits pains : les prix vont de 48€, l’abonnement le moins cher en demi-tarif (tribune Nord) à 340€, le plus cher en plein tarif (tribune Ouest). L’objectif est clairement affiché : “faire aussi bien que la saison 2012/2013 », d’autant que la communication du club précise que d’une manière générale, après la phase de réabonnement, “le nombre d’abonnés reste stable”.

Lors de sa première et unique saison en première division, le club affichait l’un des plus beaux taux de remplissage (devant celui de l’Olympique lyonnais, des Girondins de Bordeaux ou de Saint-Etienne !), avec, en moyenne, 84,5% de ses tribunes pleines, avec environ 13.500 spectateurs à chaque rencontre. L’effet de la montée en Ligue 1, à n’en pas douter.

“C’est logique qu’il y ait moins de monde au stade”

Cette saison, le stade Gaston-Gérard a été le plus rempli de sa division, avec un taux à 54,1%, loin devant celui de l’AJ Auxerre (27,8%), pourtant vitrine régionale du foot en Bourgogne durant de nombreuses décennies. Sauf que, d’un coup, la fréquentation du stade a chuté de 5.000 spectateurs. Un “phénomène logique” explique Baptiste, supporter dijonnais expatrié à Paris. Il n’alimente  pas fidèlement les statistiques de remplissage de l’enceinte mais il suit chaque match à distance, en streaming. “Il faut que je vois le match coûte que coûte”, justifie-t-il.

Baptiste explique qu’aujourd’hui, s’il y a moins de monde en tribune, c’est parce que la Ligue 2 attire moins . “Des rencontres contre le GFC Ajaccio ou Châteauroux, qui a envie d’aller les voir ?”, interroge-t-il, “et puis, les départs de Benjamin Corgnet, d’Eric Bauthéac ou du coach Patrice Carteron ont joué en la défaveur du club”. Une explication qui laisse des traces dans les statistiques : sur la saison 2010/2011, 2.000 personnes supplémentaires sont venues au stade pour encourager une équipe qui affichait clairement ses ambitions de montée… Mais qui a assez peu évolué, une fois en Ligue 1. Après la relégation et les départs, une partie de l’affectif qu’avaient les supporters pour cette équipe s’est, elle aussi, envolée.

Résultat : cette saison, le club a vendu deux fois moins d’abonnements. Baptiste préfère voir le verre à moitié plein, en considérant que “seuls les vrais supporters restent”. La montée en Ligue 1 aura donc engendré un véritable phénomène de mode. En deux saisons, le nombre d’abonnés a été multiplié par 4, avant de finalement se retrouver … divisé par 2. “Ceux qui sont restés sont ceux qui ont permis au club d’obtenir de précieux points en championnat”, rationalise-t-il, avant d’ajouter que “c’est tout sauf un hasard si le DFCO se retrouve sur le podium des meilleures équipes à domicile ».

“Rien n’a vraiment changé”

Concernant le changement de direction, de staff et de joueurs, le jeune homme estime que “rien n’a véritablement changé. Le nouveau président [Olivier Delcourt, NDLR] était ami avec l’ancien, Olivier Dall’Oglio, le nouvel entraîneur, était l’adjoint de Patrice Carteron”. Au DFCO, rien ne se perd, tout se transforme. Idem pour les joueurs. Si ce ne sont pas exactement les mêmes que pendant l’aventure de la Ligue 1, Baptiste dresse un schéma grossier de la situation : “le gardien sauve tout mais fait quelques boulettes, la défense est catastrophique, le milieu de terrain est créateur, les ailiers sont vifs et l’attaquant de pointe galère”.

Il note également une baisse d’ambiance dans le stade, “il me semblait qu’il y avait plus de chants venant des virages, en Ligue 1 ». Loin “d’être impressionné”, il s’estime même “déçu” de l’animation des travées. En éternel optimiste, il reste confiant pour la saison à venir. Sur l’exercice 2012-2013, “on savait tous que Monaco et Nantes étaient les ogres du championnat. Maintenant qu’ils sont montés à l’étage supérieur, je vois mal qui peut nous inquiéter. Surtout que le club est conscient de son potentiel pour revenir en Ligue 1, à demi-mots, tout le monde le dit”.

Et si le monde le pense plus ou moins, la municipalité, elle, a l’air d’y croire dur comme fer. Durant une session du conseil du Grand Dijon, en décembre 2012, les élus ont accordé une enveloppe d’un million d’euros dédiée à l’extension des tribunes du stade. Dans les colonnes du Bien Public, Gérard Dupire, délégué aux sports et aux travaux, explique que “si le club accède à la Ligue 1, son stade ne peut rester bancal”. D’ailleurs, la tribune Est devrait être rénovée, en deux temps, afin de ne pas la condamner entièrement durant toute une saison.

Et accueillir le retour, qui sait, des fans de Ligue 1.

Les commentaires sont clos.

  1. Chouette article, documenté etc, merci.

    hop le samedi 15 juin 2013 à 15h53