Chevigny-Saint-Sauveur : L’étrange bataille pour l’héritage…

Après le placement en garde à vue du maire sortant de la ville, , difficile d’anticiper la réaction des électeurs de . Depuis plusieurs mois, sur fond de rumeur, une guerre de succession s’était engagée entre les candidats de droite. Qui de ou de Jean Perrin avait reçu l’opprobre de l’ancien maire de la ville, Lucien Brenot, aujourd’hui décédé ? À gauche, espérait réaliser un bon coup.

Note de la rédaction : Les interviews des candidats ont été réalisées avant le placement en garde à vue de Michel Rotger.

Lorsque nous lui disons que la campagne s’est apparentée à une guerre d’héritage, Jean Perrin dément instantanément. “Je me suis battu sur le terrain des idées, j’ai édité neuf documents de campagne depuis ma déclaration de candidature”. Pourtant, son concurrent, Michel Rotger aligne les arguments pour justifier sa légitimité à ce poste. C’est lui, l’ancien premier adjoint de Lucien Brenot, qui a pris sa succession en 2012.

“En politique, tout n’est pas permis. La démocratie impose le respect”, explique-t-il. “J’appelle à revenir à la raison”. Jean Perrin brandit sa liste. On y retrouve Arlette Brenot, la veuve de l’ancien maire ! De l’autre côté de l’échiquier politique, Louis Legrand assiste au spectacle. “C’est vrai que ça se déchire, mais rien n’est jamais gagné”. Les révélations du quotidien Le Bien Public et du Miroir Mag pourraient bien venir semer le trouble.

Jeudi 20 mars, au soir, le maire sortant a en effet été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour “harcèlement sexuel” et “agression sexuelle”. Ses colistiers crient à la “manipulation indigne” : “Comme par hasard, tout cela sort à trois jours du scrutin”. Nous avions interrogé les autres candidats sur cette rumeur, aucun n’avait souhaité y répondre. Chacun préférant présenter ses arguments.

Car Chevigny, au-delà de l’affaire, est une ville qui s’est profondément métamorphosé ces dernières années. C’est même celle qui a gagné le plus d’habitants en dix ans. “En réalité, elle a regagné les habitants quelle avait perdu”, souligne Louis Legrand. “Désormais, il faut arrêter de construire massivement. 50 logements suffisent pour maintenir le niveau de population”.

Jean Perrin, par ailleurs président de l’UNPI de justifier ce choix : “Les familles se détendent, car les enfants quittent le domicile. À nous de faire en sorte qu’il puisse trouver un logement sur la ville lorsqu’ils partent”. Michel Rotger propose lui aussi de “lutter contre le bétonnage et la densification outrancière imposée par le Scot”.

Car cette augmentation de la population a eu un impact direct sur la fluidité du trafic dans la ville. Et chacun s’accorde sur un point : la nécessité de créer une voie de contournement pour désengorger la ville. Sauf que cette voie devait initialement être construite sur l’emplacement du nouveau quartier Ouest. Désormais, il faut négocier avec la commune de Sennecey-les-Dijon. “Le maire était à mon lancement de campagne, il est prêt à dialoguer”, se félicite Jean Perrin.

Louis Legrand complète lui cette proposition en demandant de faire entrer le tramway dans la ville, “au moins jusqu’au rond-point de la Visitation”. “Ce serait facilement justifiable au regard de la population desservi”, plaide-t-il. Jean Perrin est lui un peu plus gourmand puisqu’il demande cinq kilomètres de voie supplémentaires pour desservir aussi la zone économique ou l’on retrouve Urgo par exemple. “L’investissement serait de quinze millions d’euros par kilomètres, car les emprises sont déjà réservées”, argumente Jean Perrin.

Les impôts devraient se maintenir

La municipalité a lancé les travaux pour une nouvelle zone économique, dite en Terre Rousse. “Elle va permettre l’arrivée prochaine de nouvelles entreprises”, promet Michel Rotger qui assure avoir déjà quelques noms prestigieux comme McDonald’s et ses quarante emplois. “Ce sera de nouveaux emplois pour les habitants, mais aussi de nouvelles ressources”.

Et c’est là que le bât blesse pour ses adversaires. “La commune est très endettée, plus que les villes voisines comme Longvic”, argumente Louis Legrand. “Nous gérerons la commune de manière plus professionnelle en maintenant la stabilité des taux de la fiscalité”. Jean Perrin propose même un chiffrage complet des grands projets de son programme : 2,5 millions pour la cuisine centrale, 500 000 euros pour la création d’un plan d’eau.

Les commentaires sont clos.

  1. il est tout à fait anormal que les politiques nationaux départementaux locaux qui sont mis en examen en attente de jugement de rejugement puissent se présenter sans qu’il y ai des invalidations de listes immédiates
    Encore une particularité bien française
    lorsqu’un citoyen lamda est condamné ou en attente lui il perd souvant son travail immédiatement
    Et çà çà profite au fion national malgré toutes leurs casseroles aussi dégueulasses que leur programme et déclarations politique

    yves le samedi 22 mars 2014 à 15h45

  2. D’accord avec vous Yves. A partir du moment ou une personne à une mise en examen pour des faits graves comme ceux-ci, il n’est pas normal que le candidat puisse être éligible.
    Par ailleurs le candidat perdant , largement dépassé, même par la gauche de Louis Legrand raconte des balivernes. Michel Rotger n’était absolument pas présent à son lancement de campagne. Ça devient une habitude systématique de nos politiques de nous raconter des mensonges.

    André le jeudi 3 avril 2014 à 0h37