David Lanaud du Gray : “Je veux construire une image positive, originale et dynamique de la ville”

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Beppe Grillo Dijonnais, le Coluche local, est celui que personne n’attendait. À 41 ans, il conduit la seule liste sans étiquette de la ville, “Dijonnons ensemble avec ”. Ce fils d’ouvrier n’en est pas à son coup d’essai. En 2008 déjà, il avait lancé sa candidature à la mairie de Dijon en promettant l’organisation d’apéro géant le samedi avant de finalement prétexter des menaces de mort pour se retirer. Cette fois-ci, la liste est déposée en préfecture.

Voilà plus d’un an qu’il a débuté sa campagne sur les réseaux sociaux avec une mesure-choc : rapatrier la tour Eiffel à Dijon. Du buzz pour se faire connaître, c’est un peu sa recette. Depuis quelques jours, il se déplace, avec son équipe, dans les quartiers, hors du centre-ville pour que la démarche prenne. Car il est encore difficile de quantifier l’impact qu’aura cette candidature.

À partir de lundi 17 mars et durant toute la semaine, retrouvez chaque soir les interviews des différents candidats aux élections municipales à Dijon, sur Radio Dijon Campus. Branchez-vous dès 17h30 sur le 92.2FM ou rendez-vous à 18h sur le Miroir Mag.
David Lanaud du Gray bonjour. Déjà, question commune à l’ensemble des candidats. Que représente pour vous le mandat de maire ?

Être maire, c’est être le GO, le VRP de la ville. L’homme qui est là pour le bien-être des habitants, pour donner le ton. Comme un chef d’orchestre. C’est pour ça que ma candidature, qui est la seule apolitique et 100% société civile, a réussi à réunir aussi largement.

Quel bilan tirez-vous des mandats de François Rebsamen ?

François Rebsamen a un bilan plutôt positif. Il a changé la ville, physiquement, on ne peut pas le nier. En même temps, il était difficile de faire moins bien qu’avant. Mais la ville manque de liant, notamment au niveau de la culture. Elle est un peu trop élitiste : il manque des événements populaires, fédérateurs, qui rassemblent les habitants.

Nous serons peut-être une alternative au vote sanction
Avant de passer à vos propositions, une question simple : à quoi sert votre candidature ?

Ma candidature prouve déjà qu’il est tout à fait possible de se présenter à une élection municipale. Jusque là, il fallait prendre une carte dans un parti et faire ses preuves pour être tête de liste. D’un point de vue juridique et administratif, ce fut très difficile. Tout est fait pour empêcher des candidatures comme la nôtre d’émerger.

Vous vous présentez comme apolitique. Qu’est ce que cela signifie ?

J’ai l’impression d’entendre monsieur le sénateur-maire sortant. Pour lui, une liste apolitique, composée exclusivement de membres de la société civile, est forcément de droite. Nous sommes une liste apolitique dans le sens où nous sommes des déçus de la gauche et de la droite. J’ai à mes côtés des anciens du parti socialiste, des anciens de l’UMP. Et même des personnes qui ne votaient plus car elles ne se reconnaissaient plus dans les partis en place. Dans tous les cas, il s’agit de personnes qui veulent continuer de s’investir dans la vie de leur ville et participer au débat et être force de proposition.

La thématique de la campagne tourne autour de l’attractivité de la ville et du rayonnement de Dijon. C’est la thématique que j’ai lancée au départ et qui est reprise par tous les candidats. Nous avons mis la réelle thématique de la campagne sur la table. Pareil pour les propositions. Par exemple, le projet de construire un musée en hommage à Gustave Eiffel a été repris.

Revenons à vos colistiers. Toutes les sensibilités politiques donc. Extrême-droite aussi ?

Non. Nous sommes issus de droite ou de gauche certes, mais nous ne voulons pas tomber dans les extrêmes. Nous serons peut-être une alternative au vote sanction de certaines personnes qui voulaient se tourner vers le Front national. Sauf que dans notre cas, c’est un vote sanction gentil !

Comment avez-vous choisi vos colistiers ?

Plusieurs candidats ont répandu dans les quartiers que David Lanaud du Gray était le candidat des bobos, du centre-ville, qu’il n’était pas connu au-delà des cinq rues autour de chez lui. Figurez-vous que non. Il suffit de venir avec nous au marché des grésilles, dans le quartier de la Fontaine d’Ouche pour voir que l’on redonne de l’espoir. Un pied de nez aux candidats classiques.

Mes colistiers sont d’abord des personnes qui sont venues d’elles-mêmes me voir. Nous nous sommes rencontrés pour voir si nous partagions le même projet. Les quinze premiers qui pouvaient consacrer du temps à la campagne figurent en tête. Les numéros des places suivantes ont été tirés au sort, pour éviter toute jalousie.

Des candidats sérieux ont repris des propositions du candidat jugé non sérieux
Parlons du programme désormais…

(Il coupe) Il n’y a pas de programme. C’est un terme un peu ringard, dépassé et très conventionnel. On y met ce qu’on veut sans que ce soit forcément respecté après les élections. Nous préférons inviter les gens à voter pour un état d’esprit.

Alors, parlons de votre “état d’esprit”. On y trouve le rapatriement de la Tour Eiffel, la destruction du centre Dauphine. Des propos-chocs, qui font le buzz sur internet. Il faut obligatoirement faire le buzz pour être entendu des électeurs ?

Malheureusement, les médias ne s’intéressent qu’aux candidats qui sont labellisés politique. Très souvent, ils estiment qu’une candidature est légitime, car elle est rattachée à un parti politique.

Dans votre cas précis, vous aviez un passif derrière vous. En 2008, vous vous étiez retiré au dernier moment prétextant des menaces de mort.

Oui. Mais pour se faire connaître, pour que les gens s’intéressent à vous, vous devez obligatoirement annoncer des mesures phares, chocs et provocatrices. Après, derrière chaque idée, il y a des propositions sérieuses pour que les gens puissent voir plus loin. La Tour Eiffel permettait de mettre en lumière l’ingénieur à travers la création d’un musée ou un monument à son hommage. J’ai permis à de nombreux Dijonnais d’apprendre qu’il était né dans notre ville. Raser le centre Dauphine montrait ma volonté de redynamiser le centre-ville en restructurant un espace immonde et délabré pour y faire une annexe du palais du congrès. Nous lancerons un concours d’architectes locaux pour que le bâtiment soit lui-même une curiosité locale.

N’avez-vous pas peur que les gens n’aillent pas plus loin que ces propositions-chocs et ne vous prennent pas au sérieux ?

S’ils ne lisent pas que les titres, ils devraient me trouver plus sérieux que j’en ai l’air. J’ai un ton différent, mais ça permet aux citoyens qui ne s’intéressaient plus à la vie politique de l’être à nouveau. Des candidats sérieux ont repris des propositions du candidat jugé non sérieux. Donc au final, je trouve que je suis plus sérieux qu’eux.

La plupart des propositions tournent autour de l’attractivité. Mais n’est ce pas éloigné des préoccupations majeures des citoyens ?

Pas du tout. Tout est dans l’image. Si nous arrivons à construire une image positive, originale et dynamique de la ville alors les entreprises auront envie de venir s’implanter ici. Les entrepreneurs viennent plus volontairement s’installer dans une ville dont l’identité est unique plutôt que dans une ville où il ne se passe rien. Dijon fait beaucoup pour les personnes âgées, mais très peu pour la jeunesse qui ne reste pas. De plus, avec le tourisme, il est facile de créer de l’emploi non délocalisable. Il faut les faire rester deux, trois jours à Dijon pour consommer, sortir le soir dans la ville.

Vous pensez que Dijon à une mauvaise image ? Vous proposez un musée de la moutarde. C’est assez cliché tout de même.

Tout à fait. Mais la moutarde, comme Gustave Eiffel, sont les choses les plus connues au monde. Je trouve dommage de ne pas pouvoir surfer sur cette notoriété déjà acquise. Nous avons une ville avec un patrimoine historique magnifique et une forte histoire. Il faut désormais allier cette histoire avec la modernité.

Vous êtes le seul candidat à ne pas vous être positionné sur la question des finances.

Oui, car je ne serai pas élu au pouvoir. Je ne suis que porteur d’idées alors puisque nous n’avons pas de pétrole, j’apporte les idées.

Vous siégerez peut-être au conseil municipal. Quelles sont vos pistes pour financer ces projets ?

J’y serai très certainement en effet. Nous ne faisons pas de propositions démagogiques. Les projets sont réalisables. Il faut juste un peu de volonté. Lorsqu’on veut faire quelque chose, on trouve toujours les moyens d’y arriver. Mais je souhaite que tous ces projets ne soient pas uniquement financés avec de l’argent public. Il faudra se tourner vers le mécénat et la participation des entreprises. Je ne veux pas que seul le contribuable paye.

Au soir du premier tour, des candidats vous font des appels du pied. Êtes-vous prêt à rejoindre une liste ?

Pas du tout. Où alors, il faudrait me proposer une mission qui assure mon indépendance. Jusqu’à maintenant, des candidats ont essayé de me récupérer. Mais mes colistiers, comme mes électeurs ne se retrouvent dans aucun parti. J’aurai l’impression de les trahir en rejoignant un camp ou l’autre. Si nous faisons plus de 10%, nous restons. S’il n’y a qu’un tour et que nous faisons plus de 5% au moins une personne entrera au conseil municipal.

Les commentaires sont clos.

  1. Pas de proggramme.

    Il veut juste être élu, devenir notable parmi les notables ?

    Finalement, il n’est pas drôle et sa créativité s’est évanouie.

    Circulez, il n’y a rien à voir !!

    Antoine le samedi 22 mars 2014 à 20h03

  2. Schizophrénie

    Dijon Autrement le dimanche 23 mars 2014 à 10h19

  3. Il est plus beau sans son chapeau!

    CamilleG le dimanche 23 mars 2014 à 15h15

  4. Dommage qu’il n’ait pas répondu aux questions des Amis de la terre Côte-d’Or sur les questions posées aux candidats sur Dijon concernant une ville écologique et citoyenne. Regardez qui a répondu (et quoi) et qui n’a pas répondu :
    http://www.amisdelaterre.org/Elections-municipales-a-Dijon-les.html

    Phil le dimanche 23 mars 2014 à 16h05

  5. Pour ceux qui ont lu tout ce que ce sympathique candidat a dit, il ne fait pas de doute qu’il est bien légitime et que ce qu’il propose est tout à fait sensé… Mais voilà, il va prendre un siège au Conseil Municipal, siège qui aurait pu revenir à un de nos politicards professionnels…. On comprend leurs glapissements !

    Couac le mardi 25 mars 2014 à 18h25

  6. Beppe Grillo si cela vous chante… et encore très “canton Dijon”… Mais Coluche ?????????? Vous plaisantez … il ne lui arrive pas à la cheville !

    xavier le mercredi 26 mars 2014 à 17h11