Le Front de Gauche fait campagne face aux “lobbies” de Dijon

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À quelques jours du vote pour les élections municipales, le intensifie ses attaques face au maire sortant, François Rebsamen (PS). Principales cibles : “les lobbies” dijonnais, c’est-à-dire les différentes entreprises privées qui gèrent des services publics via des délégations. La Lyonnaise des Eaux ou Keolis pour les transports, par exemple. Le propose dans ces domaines le passage à des régies publiques.

La première charge a été lancée vendredi 14 mars à l’occasion de la venue de Gabriel Amard, président de la Gauche par l’Exemple et spécialiste des questions de régies publiques.

L’eau, un “problème démocratique”

Depuis plusieurs mois, le Front de Gauche cherche à en savoir plus sur les contrats passés par la Ville de Dijon et la Lyonnaise des Eaux pour la gestion des infrastructures d’eau potable. “Nous avons demandé ces contrats, mais nous n’avons pas pu les consulter. La mairie considère ces documents comme sensibles et ne souhaite pas les porter à la connaissance du public”, explique Arnaud Guvenatam. “Cette volonté de cacher est un problème démocratique. Nous avons saisi la commission d’accès aux documents publics, qui nous a donné un avis favorable”.

Gabriel Amard encourage la démarche. “S’ils veulent cacher ces contrats, c’est qu’il y a des choses à apprendre, voir si ce qui a été promis à l’époque a été tenu”. Il dénonce “le caractère scélérat du racket que François Rebsamen fait aux Dijonnais sur leur facture d’eau”, considéré comme un impôt qui ne dit pas son nom. Le maire de Dijon revendique pourtant d’avoir réduit la facture d’un pourcentage non-négligeable. “Si François Rebsamen a obtenu une baisse des prix, quelqu’un devra payer. Les opérateurs privés ne lâchent jamais sur les marges”, répond Gabriel Amard. Seule solution pour avoir un contrôle sur le prix de l’eau : le passage en régie publique.

“C’est un moyen d’impliquer le citoyen dans la vie publique et de gagner du pouvoir d’achat”, renchérit Arnaud Guvenatam. Et à terme permettre de réaliser la promesse du Front de Gauche de la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, ceux de consommation vitale.

Les emprunts toxiques dans le viseur

Gabriel Amard revient ensuite sur la dette toxique de Dijon. Les emprunts toxiques, contractés dans les années 2000 en majeure partie auprès de la banque Dexia, représentent 47% de la dette de la Ville. “Le bon sens serait de porter plainte. Ces remboursements illégitimes constituent une surcharge. Mais ce n’est pas fait à Dijon. On se pose la question du lien avec le fait que François Rebsamen ait été administrateur de Dexia”. Thomas Spindler, membre du Commité d’audit citoyen de la dette () est aussi en septième position sur la liste du Front de Gauche. Il a abordé cette question lors du meeting du parti mardi 18 mars. Il prévient : “Si la collectivité n’attaque pas la banque, les citoyens le feront”.

Gratuité des transports

Gabriel Amard met aussi en cause la délégation de service public qui permet à Kéolis de gérer le réseau de transports du Grand Dijon. “Un service qui est du ressort de la chose publique se retrouve privatisé.” Là aussi, le passage en régie publique pourrait selon lui donner de bons résultats : “une régie autonome des transports est la forme la plus aboutie de cogestion d’un service avec ses usagers”. Cette proposition rejoint d’ailleurs une des promesses formulées par , tête de liste lors du meeting de mardi 18 mars : “la gratuité des transports publics”.

“C’est le prix des transports publics qui empêchent les Dijonnais de les utiliser”, assure , deuxième tête de liste. Or la billetterie ne représente que 22% des rentrées de Kéolis. Un manque à gagner qui pourrait être rapidement compensé par les économies faites lors du passage en régie publique, selon le Front de Gauche. Pour Gabriel Amard, la multiplication des délégations de services publics et des partenariats public-privé masquent un quasi-complot des entreprises et des politiques complices. “Ils organisent l’asphyxie des comptes publics pour que les entreprises privées se saisissent de tout les biens publics”.

Denis Guvenatam, deuxième tête de liste du Front de Gauche|Photo Nicolas Boeuf

Denis Guvenatam, deuxième tête de liste du Front de Gauche |Photo Nicolas Boeuf

“Nous ne voulons pas d’une droite revancharde et réac”

Lors du meeting du 18 mars, Isabelle de Almeida a prononcé un discours aux enjeux presque uniquement nationaux, fustigeant la politique du PS au pouvoir, accusé de faire le jeu du Medef. Mais elle insiste sur l’importance du scrutin municipal : “C’est un moment important pour faire nos choix de vie. Le nom de notre liste, l’Humain d’abord, n’est pas qu’un slogan.”

Denis Guvenatam tient à clarifier les choses au sujet d’une éventuelle alliance au second tour. “On ne joue pas la deuxième mi-temps avant la première, surtout quand le match n’a pas encore commencé. Mais nous le disons, c’est à François Rebsamen de venir sur notre programme s’il veut une alliance, pas l’inverse. La liste l’Humain d’abord ne sera pas une rustine. C’est un combat contre l’opacité et les mensonges. Nous sommes les sans-culottes et on commence à frapper à la porte”.

Pendant ces deux derniers événements de campagne, le Front de Gauche n’a ciblé dans ses attaques uniquement le PS au pouvoir au niveau national ainsi que François Rebsamen pour Dijon. En fin de discours, Isabelle de Almeida évoque tout de même la droite. “Nous ne voulons pas d’une droite revancharde et réac avec son projet de régression sociale, et nous voulons réduire au maximum l’influence de l’extrême-droite, qui veut notamment amputer le budget de la Culture à Dijon”.

Les commentaires sont clos.

  1. Oui!

    Dijon Autrement le mercredi 19 mars 2014 à 8h16

  2. Oui ! D’ailleurs, il manque a Rebs la casquette Dexia dans son equipement de sportif du dimanche en couv’ du mag…

    Ducolf le mercredi 19 mars 2014 à 12h41

  3. Quoi, mais si on supprime les entreprises privées par des régies publiques, c’est la fin des petits cadeaux lors de la passation des marchés ! Inenvisageable !!

    Sireuil le mercredi 19 mars 2014 à 18h51

  4. Si DLDG n’avait pas eu de liste, j’aurais voté Front de Gauche. Passer les services publics en régie est une très bonne chose.

    CamilleG le mercredi 19 mars 2014 à 22h43

  5. @ Camille : OK pour DLDG mais je préfère choisir le Front de gauche, qui dénonce des emprunts toxiques délivrés par Dexia dont M Rebsamen fut administrateur… comme la régie de l’eau potable et non plus de la soumission aux grands groupes.
    Il faudrait aller plus loin encore, remettre en régie le réseau de chaleur et le ramassage des déchets. Tout compte fait, il s’agit de métiers classiques, que les collectivités peuvent parfaitement se réapproprier.
    Enfin, la gratuité des transports en commun est très envisageable, qui invite toutes les couches sociales à bénéficier du bien commun, à réduire leurs déplacements individuels motorisés et de la pollution et la consommation de carburants.
    Allez voir les petits films rigolos du FdG sur le site https://www.youtube.com/watch?v=BlrF__hCbQk&feature=youtu.be

    Joseph B le jeudi 20 mars 2014 à 0h19

  6. J’ai du mal à comprendre le vote DLDG… Tous les militants passe t leur énergie et leur vie pour convaincre qu’une autre façon de faire est possible.
    Plutôt que de ferrailler avec les institutions je pourrais rester chez moi. Mais les gens ont l’intérêt général au cœur,e dévouement pour les citoyens. Mais visiblement “mettre la Tour Eiffel à Dijon”, ça attire plus.
    DLDG avec ses allusions sur le “maçon” Rebsament ne fait pas mieux que Soral. J’ai beau être en opposition totale a Rebsamen (je ne voterai pas pour lui c’est évident) mais je ne comprends pas qu’on puisse hésiter entre Front de Gauche et DLDG qui est de droite tradi, a l’ancienne…

    Arnaud Guvenatam le jeudi 20 mars 2014 à 3h42

  7. @Arnaud: j’essaie de m’intéresser à la campagne municipale à Dijon, et de voir ces guerres intestines entre M.HOUPERT et M.REBSAMEN m’a “dégoûtée” quelque peu de la “politique”. On se croirait en campagne présidentielle, où chaque candidat tire à boulets rouges sur l’autre. Mon vote DLDG, on va dire que c’est un vote ras-le-bol, et si un coup de pied pouvait être mis dans la fourmilière, ça ferait du bien à tout le monde.

    Ensuite, pour rebondir ce que dit Joseph, oui, il faut aller plus loin dans les mises en régie.

    CamilleG le jeudi 20 mars 2014 à 8h43

  8. @Camille : mais regardez qui veut mettre en régie les services qui doivent être publics. DLDG il est pas là pour ça. Mes camarades font tout passer en régie partout en France. Je vous mets un lien d’une conférence de presse sur le projet dijonnais. Peut-être que vous verrez que la solution n’est pas dans la mise en place d’une tour Eiffel à Dijon…

    Arnaud Guvenatam le jeudi 20 mars 2014 à 16h47

  9. @Arnaud: Merci. Je regarderai le lien demain. Je me doute que la solution n’est pas d’avoir une tour Eiffel à Dijon… DLDG a lui-même dit que c’était une utopie. Il voulait juste faire un buzz, qui a fonctionné. Mais si je peux voter autrement que d’habitude, pourquoi pas? DLDG ne propose pas de programme, il propose juste un état d’esprit, et il dit justement de voter pour cet état d’esprit… Qui me parle. Et pour une fois, j’ai envie de me “lâcher”. Je souhaiterais un second tour, aux municipales dijonnaises…

    CamilleG le jeudi 20 mars 2014 à 21h48

  10. Je respecte votre choix. Mais si sincèrement, ce sont des régies publiques et services publics que vous voulez, il n’y a qu’un seul vote. Front de Gauche. je suis à l’aise d’autant que je ne suis pas candidat.
    Houpert et Cavin, c’est des aides aux entreprises, c’est tout. Et ces entreprises qu’on aide licencient. La Lyonnaise des Eaux, ce sont des millions d’euros qu’ils se mettent en poche en le faisant répercuter sur nos factures. Une vraie baisse d’impôts, c’est la régie. Partout où on passe en régie, le prix diminue fortement. En Essonne, ils ont baissé la facture de 40%, nous on est dans le concret.

    Arnaud Guvenatam le vendredi 21 mars 2014 à 14h12