Les quatorze commandements d’Édouard Cavin (FN) pour Dijon

Edouard Cavin, candidat du Front national au élections municipales 2014 à Dijon | Photo Thibaut Genevet

Edouard Cavin, candidat du Front national au élections municipales 2014 à Dijon | Photo Thibaut Genevet

Quelques jours après la présentation de sa liste, présentait son programme, jeudi 6 mars. Comme pour l’annonce de sa candidature, c’est au café de la préfecture que le candidat frontiste aux élections municipales de Dijon avait invité la presse. Avec ses principaux colistiers, il a déroulé les quatorze axes qu’il “s’engage à respecter”.

Des impôts en baisse de 25%

Plongés dans leurs notes, les colistiers vont égrainer les différentes propositions. Elles sont rassemblées en quatorze thèmes et respectent le cadre national fixé par le parti dans sa charte d’action municipale. “Ce sont des propositions locales, pragmatiques, porteuses d’une nouvelle espérance”, atteste rapidement Édouard Cavin. “Nous avons constaté, ces dernières années, des dérives majeures : la hausse des impôts, la sanctuarisation du centre-ville. Il faut rendre aux Dijonnais cette joie de vivre qui les caractérisait”.

Et si la préférence nationale se retrouve dans de nombreuses mesures, celle qu’il porte comme un étendard dans sa campagne est la réduction de 25% des impôts sur la durée du mandat. Là où certains de ses adversaires crient à la démagogie, il répond : “C’est l’équivalent de quatre millions d’euros par an. Rien de bien compliqué”. Il vise les dépenses de communication, les frais de réception, mais aussi la politique culturelle et associative. “La culture représente 23% du budget de la mairie”, note de son côté Bernard Bonoron, colistier du candidat. “Le tout pour des projets élitistes ou clientélistes. Il faut stopper cela”. “Et rééquilibrer l’ensemble, car le budget consacré au TPE, PME est de 4,5%”, renchérit Édouard Cavin.

Il l’avait répété à plusieurs reprises durant le début de sa campagne : ses attaques se concentreront sur ce budget et la dette de la ville. “Il faut stopper le matraquage fiscal. Entre l’État et la mairie, le porte-feuille des Dijonnais en prend un coup”. En conséquence, pas de grands projets emblématiques pour porter sa campagne. “Je peux lancer des études pour une patinoire comme veulent le faire mes deux adversaires, mais c’est au bas mot dix millions d’euros et il faut trouver un moyen de les financer”.

Laïcité et sécurité

Mais s’il est un budget qui ne sera pas amputé, c’est celui de la sécurité. Il sera même augmenté. “Les viols ont augmenté de 22,6% en Côte-d’Or, les cambriolages de 14,7%”, lance Jean-Pierre Bissey-Paris en guise d’introduction. “Nous devons ramener la paix publique et l’ordre républicain”. Il propose d’étendre la vidéoprotection dans les zones sensibles, aux abords des établissements scolaires, devant les lieux de vie nocturne, d’évacuer les squats et camps clandestins.

Le Front national renoue avec ses thèmes de prédilection. Des thèmes qu’il souhaite imposer dans le débat. “La montée des incivilités, de la violence, des agressions caractérise la vie d’une part croissante de Dijonnais et Dijonnaises”, ajoute Jean-Pierre Bissey-Paris. Ceci alors même que la ville a été classée deuxième en matière de sécurité par le magazine L’Express il y a quelques jours et qu’elle est la dixième ville de France ayant le plus de policiers municipaux selon le ministère de l’Intérieur.

Lors de son lancement de campagne, Edouard Cavin avait promis de “suivre” François Rebsamen. Notamment dans les quartiers. Pour exposer le vrai bilan. “Je n’arrive pas à faire la différence entre les deux candidats, mais une chose est sûre, mon score créera une grosse surprise”. Logement, habitat, environnement, sport. Tous les thèmes vont y passer. Y compris ceux de la famille ou de la laïcité.

“Nous souhaitons rétablir deux heures de français hebdomadaires supplémentaires pour pallier les graves lacunes existantes”, annonce Fredericka Desaubliaux. Christophe Billet de souhaiter vouloir “défendre vigoureusement la laïcité républicaine dans tous les secteurs de la vie municipale”. À titre d’exemple, la liste souhaite que les demandes de repas religieux soient acceptées en contrepartie d’une compensation financière…

Le retour de la voiture

Le candidat – crédité de 12% des intentions de vote au premier tour – suit une feuille de route, adoptée au niveau national et déclinée dans plusieurs villes. Quitte à froisser un peu les consciences et l’évolution. “Il faut mettre fin à la dictature anti automobile et la terreur de l’horodateur”, assure Carmen Deruelle. Pour se faire, la liste compte augmenter “dès le lendemain des élections” le nombre de places de stationnement, en ville notamment.

Mais où ? “Là où elles étaient avant”, répondent d’abord Edouard Cavin et Franck Medina. “En fait, il faudra déjà arrêter d’en supprimer puis les remettre là ou des trottoirs ont été construits”, complète le candidat frontiste. “Je ne suis pas contre le tramway, loin de là, mais la politique du tout-tram a été nocive pour le centre-ville et les commerces”.

Comme au moment de la Présidentielle, les petits commerçants restent une cible de choix pour le parti. La liste Dijonnaise promet par exemple un stationnement gratuit pour les artisans-commerçants et les professionnels de santé, mais aussi plusieurs initiatives pour booster la fréquentation du centre-ville : un salon viticole sur le modèle du salon Vinexpo à Bordeaux ou un plan pour mettre en lumière la ville.

Et cette attractivité doit aller de pair, selon Edouard Cavin, avec un vrai aéroport. “Nous souhaitons relier Dijon à Clermont-Ferrand. De facto, les chefs d’entreprises auraient vingt destinations européennes à disposition”. Une idée soufflée par des “experts” de l’aviation et qu’il entend bien pouvoir appliquer.

Les commentaires sont clos.

  1. “Quand j’entends le mot “Culture”… je sors ma candidature… Navrant!
    Reconnaissons quand même les ravages de l’art comptant pour rien

    Dijon Autrement le mardi 11 mars 2014 à 15h30

  2. Explication de texte:
    Des impôts en baisse de 25% mais seulement pour les français très très blanc.
    Laïcité et sécurité: Tous les non chrétiens doivent se cacher avant de quitter le pays même s’ils sont nés en France de parents nés en France.

    Dépenses de politique culturelle et associative. Suppression de toutes les subventions pour les associations dont le président n’est pas au FN (ça a déjà été fait dans les villes tenues par le FN). Pour la culture, seul le maire décide de ce qui est de la Kultur ou pas.

    Sireuil le mardi 11 mars 2014 à 20h14

  3. On souhaite donc que les citoyens utilisent leur voiture pour aller de chez eux à leur lieu de travail, aller consommer et de temps en temps aller se divertir via une activité culturelle considérée “non élitiste” (donc accessible à tous quel que soit le bagage culturel ou intellectuel…).
    C’est beau un parti hyper capitaliste, même sans patinoire. Au moins les Romains proposaient “du pain et des jeux”…

    Jean-Luc le mercredi 12 mars 2014 à 8h23

  4. Il est peut êre écolo ce candidat : augmenter les places de stationnement de voiture. Oui, mais en faisant des parkings relais, modulant vers les bus, tram et les stations vélos. Il va pas défoncez les trottoires du centre-villes pour y remettre des voitures ?

    Relier en avion Dijon à Cermont-Ferrand, pour ramener du Saint-Nectaire ?

    Vraiment un clown cet Edouard.

    CitoyenDijonnais le jeudi 13 mars 2014 à 0h35