La rectrice de l’académie de Dijon inquiétée par la Cour des Comptes

Photo Jérémie Lorand

Photo Jérémie Lorand

L’instauration de la loi d’autonomisation des universités portée sous le gouvernement Fillon, par Valérie Pécresse, aura fait au moins une victime collatérale, rectrice de l’ – jusqu’à la fin de la semaine. Elle sera remplacée en début de semaine prochaine par Denis Rolland, actuel recteur de la Guyane.

Car l’ex-présidente de l’université de Versailles Saint-Quentin (UVSQ) est soupçonnée par la Cour des Comptes de mauvaise gestion. Elle qui a accompagné avec volontarisme la transition vers l’autonomie, la recherche de partenariats public-privé, la mise en réseau et le rassemblement des campus autour de l’UVSQ. Accompagnée, propulsée, surfinancée, selon les avis.

Une affaire médiatique

Car au moment où l’université déjà mal dotée par l’État passait un cap décisif, la présidente en poste de 2008 à 2012 mettait en place des projets ambitieux. Nos confrères de l’Express listent dans un article du 28 janvier dernier : « Construction d’un observatoire scientifique, d’une fac de médecine; création d’une somptueuse bibliothèque; incitation à l’ouverture de nouveaux masters et aux recrutements; généreuse politique de distribution de primes, dont elle et son mari ne sont pas oubliés : selon nos informations, à eux deux, ils ont encaissé 65000 euros rien qu’en 2011! » La presse publie en amont du jugement des informations gênantes.

… Que la rectrice refuse dans une lettre ouverte écrite ce mercredi 26 février 2014. « A ce jour, le rapport définitif de la Cour des Comptes n’est toujours pas rendu. J’observe que les fuites dans la presse du Relevé d’observations provisoires de la Cour des Comptes, alors que cette divulgation est juridiquement passible du pénal, n’ont pas joué en ma faveur dès lors qu’appelée pour ma part à respecter scrupuleusement le devoir de réserve s’imposant à moi en tant que Rectrice, il m’était impossible de répondre personnellement. Je considère que d’autres éléments ont pu jouer en ma défaveur. Le premier est un conflit personnel entre le président actuel et moi-même.»

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En effet, il apparaît qu’en plus des défauts de gestion, celle qui est devenue par la suite rectrice de l’Académie de Bourgogne a pris en grippe son successeur. A moins que ce ne soit l’inverse. Quoi qu’il en soit, le second accuse la première d’avoir précipité les dettes d’une université qui frise la cessation de paiement tandis qu’elle précise tout de même qu’il était au moment des faits reprochés… son vice-président du conseil d’administration. Patronne tyrannique ou vice-président revanchard ? La rectrice se défend : « Dès lors qu’un président ou une présidente bénéficie de toutes ces validations, comme ce fut le cas durant ma présidence, comment peut-il ou peut-elle voir sa seule gestion mise en cause ? »

En réalité Sylvie Faucheux regrette les échanges tendus qui ont eu lieu entre Jean-Luc Vayssière et Geneviève Fioraso : «  C’est la situation financière délicate que traverse l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines et, plus encore peut-être, les retombées médiatiques provoquées par les injonctions répétitives du président actuel de cette université qui m’a succédé en mars 2012, à l’égard de la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. » La ministre actuelle s’est inquiétée de la situation de l’université, endettée comme une vingtaine d’autres en France. Elle n’a pas souhaité répondre au SOS lancé par le nouveau président. D’où, une certaine tension.

Entrée au classement de Shangaï

La rectrice attendra la parution au bulletin officiel de son départ. Professeure des universités, le rectorat n’est pas en mesure de communiquer quel poste Sylvie Faucheux pourra occuper. En attendant, elle s’efforce de multiplier les preuves de sa bonne volonté :« Le paradoxe est que le motif de ma nomination en tant que Rectrice avait été notamment le succès reconnu de l’UVSQ sous ma présidence : entrée au classement de Shanghaï qui retient les meilleures universités au niveau mondial, accroissement de 50% des effectifs étudiants, meilleur taux national de réussite et un des meilleurs taux d’insertion des étudiants, participation au développement des territoires d’implantation, accroissement régulier des ressources propres et … aucune difficulté budgétaire et financière pendant 10 ans. »

Les commentaires sont clos.

  1. Professeur des écoles ? plutôt professeur des universités je pense

    Jean-Luc le jeudi 27 février 2014 à 8h26

  2. Marion Chevassus

    Cher Jean-Luc,

    Merci de votre lecture attentive du Miroir, nous modifions de ce pas la coquille.

    Bien à vous.

    Marion Chevassus le jeudi 27 février 2014 à 15h46

  3. Une rectrice pas très droite? Pouf! Pouf!

    Dijon Autrement le samedi 1 mars 2014 à 8h24