François Rebsamen présente sa liste sur fond de rigueur

Photo Jonas Jacquel

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Un à un, ils se lèvent. Écharpes roses autour du cou, les nouveaux prennent la parole, les sortants se contentent de saluer les quelque 500 personnes présentes. Jeudi 20 février 2014, au palais des congrès de Dijon, présentait sa liste en vue des prochaines échéances électorales.

Quelques minutes plus tôt, la préfecture de Côte-d’Or lui avait grillé la politesse en diffusant les 59 noms auprès de la presse. Alors l’effet de surprise n’était pas total, c’est vrai. Un peu plus cependant quand le maire a dévoilé l’axe global de sa campagne : “Pas de grandes réalisations qui mettrait en péril les ressources financières de la ville”.

Il ne présentera son programme que dans quelques jours. Mais déjà on sent une certaine ligne de conduite se dessiner : celle de l’assainissement des finances. “Nous ne ferons les grandes réalisations que si nous en avons les moyens, que si la conjoncture le permet”, explique-t-il. “Sans mettre en péril les ressources financières de la ville. Nous maintiendrons en revanche nos efforts sur l’éducation, le soutien aux personnes âgées et la construction de logements”. Comme un arrière-gout de rigueur qui se dessine ?

Photo Jonas Jacquel

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En tout cas, les colistiers, avant de devoir peut-être se serrer la ceinture, affichaient un grand sourire. Depuis plusieurs semaines déjà, la liste est bouclée. La photo a même été prise il y a moins d’un mois, dans les escaliers Gabriel, au palais des Ducs de Bourgogne. Comme pour la campagne de 2008 d’ailleurs. Les fuites s’étaient depuis multipliées. “Les listes divulguées étaient fausses de toute façon”, sourit le maire. “La voici la belle équipe et moi, je suis un peu animateur”.

Et pas facile de faire parler des novices en politique. On sent une ambiance école des fans dans la salle. Quelques uns s’en tireront mieux. À l’image d’Aline Ferrière, la benjamine de la liste : “Non les jeunes ne se désintéressent pas de la politique”, assure-t-elle, décidée à briser les préjugés. Au fil des noms, on imagine déjà les futurs postes. Là un expert comptable, là une enseignante. Mais la sensation de la soirée c’est bien entendu la présence, à la cinquième position du nageur paralympique Charles Rozoy.

Un “empêcheur de tourner en rond”, commente François Rebsamen. Ce matin, sur son profil Facebook, le médaillé justifie son engagement : “Vous connaissez mon engagement au niveau social, culturel et sportif. C’est donc la suite logique pour ma ville que j’aime tant”. Aux premières places, des lieutenants, des fidèles de toujours comme Colette Popard ou Alain Millot. Le Modem obtient lui sept places, tout comme Europe écologie – Les Verts. “Je ne suis pas socialiste et maire de Dijon mais maire de Dijon, de tous les Dijonnais puis socialiste”.

L’offensive contre Alain Houpert

Mais très vite, François Rebsamen passe à l’offensive. Avant d’entrer déjà, sur un écran géant était projeté des photos de Dijon : une comparaison entre la place Darcy il y a vingt ans et aujourd’hui. Il l’avait promis lors de ses réunions publiques : “Huit voies de circulation, des bus en travers, un vrai coupe-gorge pour qui osait la traverser”. Et ses efforts se sont concentrés sur son “principal concurrent”, Alain Houpert. Jamais il ne citera son nom en près de 40 minutes de discours.

“Je ne peux pas débattre avec une personne qui avance des chiffres faux”, explique-t-il en demandant aux sympathisants présents de le répéter. “Il faut avoir le courage de dire la vérité”. Un à un, il contredira alors les propos du candidat de la droite et du centre. “Dijon a gagné 2 500 emplois depuis 2001. Nous connaissons les difficultés, il est vrai que nous en avons perdu en 2011 et 2012 mais le solde, sur treize ans est positif”. Sur la question des transports, il demande aux voitures de se plier à sa vision de l’urbanisme. Au sujet de l’implantation de Primark, il se félicite de la création de 250 équivalents temps plein.

Rebondissant sur la polémique de son refus de débattre à l’antenne d’Europe 1, il explique que débat il y aura, au second tour. “Même si j’espère qu’on l’évitera”. Sous-entendu en passant dès le premier tour…

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

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Les commentaires sont clos.

  1. Certain-e-s candidat-e-s que nous ne nommerons pas ne portent pas les nouvelles couleurs… Kézako? Climatisation (pouf! pouf!) défectueuse?

    Dijon Autrement le vendredi 21 février 2014 à 14h27

  2. Quand on n’a pas de programme, on parle de son adversaire… et on justifie assez nullement le fait que l’on ne veut pas débattre avec lui sur une radio.

    A vrai dire, le programme a t’il été négocié avec les colistiers ?

    Le programme est prêt depuis longtemps, ne soyons pas naïfs. Juste que M Rebsamen veut une campagne éclair, où le fond sera masqué par la médiatisation.

    Parler vrai le samedi 22 février 2014 à 17h20

  3. Attention “Parler vrai” : faut aller aux réunions publiques et demander quel est le programme ? Il finira par sortir…
    Peut être que cette municipalité sortante est tellement convaincue de la qualité de son action passée qu’elle n’a pas besoin d’annoncer un programme nouveau, enrichi, à ses électeurs conquis.
    Entre vacuité du programme d’Alain Houpert et absence de programme coté Rebsamen et consors, on préfèrera les propositions du Front de gauche, qui ne manquent pas d’intérêt.
    Coté FN, c’est du grand classique : sécurité, etc.
    Ho, j’oubliais le trublion David Lanaud Du Gray, ballon d’oxygène parmi les pachidermes UMP et PS.

    CitoyenDijonnais le dimanche 23 février 2014 à 22h34

  4. Quid du prochain remaniement gouvernemental qui devrait intégrer l’ex futur maire de Dijon à un poste ministériel, aurons-nous Colette aux manettes ? ……!!!! et jusqu’en 2017 ….!!!

    Pilou le mercredi 26 février 2014 à 15h25