Les salariés de Parker invitent François Hollande à venir s’expliquer à Dijon

Les salariés des sites de Dijon et d’Annemasse de Hannifin demande à François Hollande de venir s’expliquer à Dijon. “Les salariés se demandent si le gouvernement va continuer encore longtemps à cautionner ces licenciements boursiers”, s’interroge la CGT.

Lire le communiqué de presse ci-dessous.

“Les salariés des sites de Dijon et d’Annemasse (74) de PARKER HANNIFIN sont en grève depuis le jeudi 13 février, date à laquelle la direction a refusé de poursuivre les négociations qui concernent « l’accompagnement social » du Plan de « Sauvegarde » d’Emplois (PSE)

En effet, depuis l’annonce de ce vaste plan de restructuration européen le 25 septembre 2013, les organisations syndicales ont démontré à plusieurs reprises leur volonté de négocier au mieux cette restructuration boursière en impliquant notamment les salariés dans des groupes de travail.

Sur le site de Dijon, ces groupes de travail sont en train de démontrer que la délocalisation des deux chaînes de montage/bobinage moteur en république Tchèque est une erreur de stratégie industrielle.

Par exemple, sur les moteurs à courant continu, le bobinage extrêmement précis est réalisé sur des machines vieillissantes que seuls les salariés savent régler. Le déplacement des ces machines en république Tchèque engendrerait de nombreux problèmes de remise en œuvre. Les salariés tchèques ne sont pas plus « bêtes » que les français, toutefois le process de fabrication est peu formalisé sur le papier, le savoir-faire à Dijon se transmet oralement.

Non contente de licencier les salariés sur les chaînes de montage, la direction de ce groupe américain ose demander aux salariés français de transmettre leur savoir à ceux qui demain travailleront à leur place pour un salaire de misère.
Les salariés de Parker Dijon (ex Parvex) ne laisseront pas un savoir-faire connu et reconnu partir en république Tchèque.

Pour rappel, sur le site de Dijon ce sont 81 salariés soit 50 % de l’effectif qui vont être sacrifiés afin de satisfaire les actionnaires américains. Sur les sites de Haute Savoie, 65 % de l’effectif à Annemasse et 12 % de l’effectif de Contamine le seront également pour les mêmes raisons.

Dans ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi, force est de constater que la direction de Parker France ne démontre aucune volonté de sauvegarder le maximum d’emplois. Bien au contraire, depuis de nombreux mois elle laisse pourrir la situation.

Dans le même temps, les salariés qui vont perdre leur emploi ne croient pas à un hypothétique reclassement, si cela fonctionnait ça se saurait !
Ces mêmes salariés, qui ont consacré toute leur énergie et un investissement total dans leur travail, après s’être pliés aux exigences du groupe Parker se voient « remerciés » d’une façon inqualifiable.

Les propositions de la direction sur les primes supra légales de licenciement sont une insulte aux salariés et un manque total de respect pour un groupe qui se dit respectueux de son personnel.
Ces primes représenteraient au maximum pour les plus anciens entre 20 000 et 28 000 € selon qu’ils partent en rupture ou en départ volontaire. Les plus jeunes toucheraient des clopinettes !

Les salariés qui vont être licenciés ne l’entendent pas de cette oreille. La moyenne d’âge du site de Dijon étant de 48,5 ans, il est difficile pour eux d’envisager un avenir serein. Beaucoup d’entres eux ont encore des crédits sur le dos, des enfants à charge.

Avec des résultats financiers qui se chiffrent à plusieurs milliards de $, le groupe PARKER HANNIFIN se livre ici à une honteuse mascarade.
100 millions de dollars ont été provisionnés pour ce plan de restructuration européen. Le groupe a très largement les moyens d’indemniser dignement les salariés qu’il va mettre à la porte.

Les salariés de Parker Hannifin France mettent au défi Monsieur Don Waskewicz N°1 du groupe de venir en France expliquer à ceux qu’il va mettre à la porte que le groupe n’a pas les moyens de les indemniser dignement !

Par ailleurs, plusieurs millions d’€ ont été distribués par l’Etat français sous forme de crédit d’impôts, sans contrôle, sans garantie de résultat et de maintien d’emploi.
Aujourd’hui, la CGT dénonce le gâchis que représente cet argent public, jeté par la fenêtre à des entreprises dont les résultats financiers ne démontrent aucune difficulté.
Les salariés se demandent si le gouvernement va continuer encore longtemps à cautionner ces licenciements boursiers ?
Il serait souhaitable que Monsieur Hollande viennent à Dijon pour expliquer cela aux salariés !

Pour l’heure, les salariés grévistes ont reconduit le mouvement pour les jours qui viennent et attendent un signe fort de la part de Parker dans la reprise des négociations.”

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