Les volontaires, bien plus que des “gentils petits jeunes qui vont voir des pauvres personnes âgées” !

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En T-shirt, sweat à capuche ou polaire, tous abordent la couleur orange fluo de l’association . Elle a pour but la promotion et l’organisation du dans le département de la Côte-d’Or. 25 jeunes volontaires qui attendent la visite du préfet, , mardi 11 février, dans les locaux du quartier des Grésilles. L’occasion d’évoquer leur parcours et les missions qu’ils accomplissent dans le cadre de leur service civique.

Pendant six à neuf mois, ces jeunes ont choisi de donner de leur temps au service de la société. Solidarité envers les personnes âgées, sensibilisation à la protection de l’environnement ou aux dangers de l’alcool… En échange de leur mobilisation à temps plein, ils ont droit à une indemnité de 570 euros par mois. “L’objectif est de participer à la vie de la cité au sens noble du terme”, explique le préfet. L’association organise aussi des formations à la découverte des institutions, à la lutte contre les discriminations, etc.

Échange entre les générations

Zyned, 23 ans, ne trouvait pas de travail après avoir obtenu son BTS sanitaire et social. La jeune femme s’est tournée vers le service civique pour “donner de son temps” et ne pas rester inactive. Elle a choisi une mission auprès des personnes âgées. Plusieurs fois par semaine, elle rend des visites d’une heure et demie à des personnes très isolées “pour stimuler leurs capacités et leur mémoire”.

“J’ai rencontré une dame complètement seule depuis onze ans.”, raconte Zyned. “Je ne sais pas quel âge elle a encore, on ne veut pas la brusquer, mais je pense qu’elle a 80 ans. Depuis une année, elle a totalement perdu le moral, elle ne sort plus du tout. Elle n’a plus du tout goût à la vie. Mais elle aime bien que l’on joue au Scrabble”. La jeune femme semble prendre le cas de son aînée très au sérieux. Elle interpelle le préfet : “C’est vraiment très important comme mission, de lutter contre l’isolement des personnes âgées. Il faut le faire remonter au national et en faire une priorité !”

On ne fait pas de discours moralisateurs

Mais attention, les volontaires du service civique ne sont pas que des “gentils petits jeunes qui vont voir de pauvres personnes âgées”, rappelle le directeur d’Unis-cité. Il faut sortir le volontariat des bons sentiments. Stéphane, 23 ans et sans diplôme, fait par exemple de la prévention nocturne à l’adresse des fêtards dijonnais “mais sans discours moralisateur ni médiation”. “Il faut que les jeunes parlent aux jeunes”, avance-t-il. “On fait cela en autonomie, donc on doit apprendre à être à l’aise, toujours souriant et avoir des phrases d’accroche positive”.

Parmi les volontaires du service civique, à Dijon, il y a une grande diversité. Prudence, par exemple, partage son temps entre son master de droit des affaires et de l’aide en informatique. “En ce moment, je vais voir une dame âgée. Son mari lui interdisait de toucher à l’ordinateur. Maintenant qu’il est décédé, elle en a un peu peur. On lui a montré que non, l’ordinateur n’est pas un monstre. Elle est ravie de pouvoir envoyer des mails aujourd’hui. Toutes ses copines pouvaient le faire, elle en concevait beaucoup de frustration”. “On nous reproche à nous, les jeunes, de ne pas nous mobiliser.” L’étudiant a choisi de faire un service civique pour donner de son temps à la société.

Le gouvernement veut tripler le nombre de volontariats

“La diversité des missions et des volontaires est quelque chose que l’État veut vraiment mettre en avant dans le service civique”, assure Pascal Mailhos. Devant les jeunes volontaires, le préfet se remémore son service militaire. “C’est la première fois que je me retrouvais avec toute ma classe d’âge. Il y a des jeunes que l’on ne recroise jamais dans sa vie. Ça m’a permis d’être conscient de cette réalité.” Le service civique pourrait permettre de retrouver à un moment cette mixité sociale, l’aspect militaire en moins. “C’est une autre façon de vivre cet apprentissage du vivre ensemble et de la différence.” Le préfet s’adresse une dernière fois aux volontaires : “Profitez-en. C’est à votre âge qu’il est le plus facile de concevoir et de vivre cette diversité.”

Le service civique prend son essor. En 2010, on comptait 48 volontaires en Côte-d’Or. Ils sont aujourd’hui plus de 200. Ils ont en moyenne 21 ans et 58% sont des jeunes filles. “L’ambition du gouvernement est de tripler le nombre de volontariats. Il vient de débloquer une enveloppe de 149 millions d’euros pour cela”, assure Pascal Mailhos. Une action de promotion à destination notamment des quartiers difficiles et des jeunes “décrochés”. “C’est un bon moyen de les raccrocher à la vie citoyenne et au travail”, estime le préfet. “Les jeunes passés par le service civique ont des compétences et donc moins de mal à trouver un emploi. Il faut voir ce service civique comme un sas vers l’embauche”, promet-il.

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