Vis ma vie de nouveau chômeur : Suis-je un boulet pour la société ?

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Souvenez-vous, nous avions laissé Maxime, la trentaine, en bas de son agence , lors de son premier rendez-vous. Il avait gardé une bonne impression malgré quelques a priori et attendait son premier stage pour l’aider à élaborer un projet d’accès à l’emploi avec l’appui d’un professionnel de l’orientation.

Sur la convocation, le message est sans équivoque. “Prévoir la journée”. Ce jour-là, lorsqu’il se rend à son agence Pôle emploi, il s’attend donc à se voir assener un cours magistral pour lui apprendre à valoriser ses compétences. C’est là qu’il nous emmène pour le deuxième volet de notre série

Des courriers encore des courriers

Maxime a désormais une vision un peu plus claire de son avenir. Son entreprise a certes un peu tardé à lui envoyer les derniers documents, mais la réactivité de l’administration l’a, encore une fois, surpris. “Cinq jours plus tard, j’avais un échéancier des mes indemnités”. Après cinq ans de CDI, il peut compter sur plus de 700 jours d’aide pour retrouver le chemin de l’emploi. Bien assez pour celui qui additionne les activités bénévoles.

Son code d’inscription sur le site de Pôle emploi est arrivé en même temps. Complexité propre à l’administration française, il a dû retaper entièrement son CV que la conseillère avait déjà vérifié. “Les dossiers chômeurs et demandeurs d’emplois ne sont pas mutualisés”, note-t-il, surpris. “Mais après tout, quand on est chômeur, on a le temps”. Il prendra vingt minutes pour remplir ce formulaire qu’il connaît désormais par cœur.

Et c’est précisément contre ce préjugé que Maxime commence à se battre. “Non, les chômeurs ne sont pas forcément des boulets pour la société”, rétorque-t-il. Il y a tout juste une semaine, il a reçu une convocation pour la première journée de stage, puis une seconde. Il avait pris soin de cocher l’option mail pour éviter la paperasse. “Nous étions sept ou huit à cette réunion, dans une salle bien trop petite pour tous nous accueillir”.

À ses côtés, les stéréotypes des demandeurs d’emplois : le cinquantenaire qui ne peut pas se réinsérer, l’étudiante surdiplômée qui souffre du manque d’expérience, la mère au foyer qui doit avoir une certaine flexibilité, le nouvel émigré qui multiplie les petits boulots. “Le formateur nous présente le but de ce stage puis nous invite à nous présenter”. Concrètement, chaque semaine, pendant trois mois, il alternera entre rendez-vous individuel et collectif. Une démarche de réflexion sur ses propres caractéristiques personnelles et leur adéquation avec un futur emploi.

Toujours en activité

À 10h10, tout était terminé. Sur la convocation, on lui avait pourtant conseillé de réserver sa journée. “Trois personnes ne correspondaient pas à la formation, ils sont donc restés un peu plus longtemps”. Maxime devra revenir à 13h30 pour un nouvel entretien de quinze minutes et signer quelques papiers.

“Les chômeurs ont cette image de boulet, mais beaucoup font quelque chose de leur journée. Du bénévolat, des activités chronophages pas forcément inutiles à la société”. Essentiellement pour garder un pied dans le monde du travail, conserver un rythme de vie sain et éviter une probable rupture du lien social.

Trois jours après cette première réunion, il reçoit un courrier lui expliquant que cette dernière, qui vient de se dérouler donc, est reportée. Au même jour et à la même heure ! Il esquisse un sourire. “La magie de Pôle emploi”.

Un avenir de manager ?

Lorsque nous le rencontrons, Maxime sort tout juste de son premier rendez-vous individuel avec son conseiller, professionnel de l’orientation. “Quelqu’un de bien, de souriant qui voit du positif partout”. En trente minutes, il détaille ses activités, ses loisirs. Tout ce qui peut se transformer à terme en compétence en résumé. “Je suis ouvert à tout, sauf aux métiers de commercial et de formateur”, assure-t-il. Des professions qu’il a déjà exercées par le passé.

La suite, il ne la connaît pas encore. Il a bien quelques devoirs à faire pour la semaine prochaine : imaginer une situation professionnelle dans laquelle il aimerait se retrouver. “Maitre du monde”, plaisante-t-il. Avant d’ajouter plus sérieusement : “Piloter des projets, je le vois avec mes activités bénévoles est quelque chose qui me motive. Sans forcément me spécialiser dans un domaine, j’apprécie de faire travailler des personnes ensemble”. Manager, chef de projet en somme.

Tout cela, il devra le présenter dans quelques jours lors de la journée de travail en groupe. Il en aura cinq durant tout son parcours. Elles doivent permettre d’exposer collectivement les projets, mutualiser les démarches, préparer les enquêtes et élaborer des stratégies personnelles à l’aide du groupe. “C’est un brainstorming en quelque sorte qui pourra éventuellement faire naitre de nouvelles idées chez d’autres personnes”. Lui se définit comme créatif, excédé par les tâches répétitives. Des profils très présents dans les participants à ce genre de stage.

Les commentaires sont clos.

  1. Il est dans une très bonne dynamique; surtout, que la lourdeur du système n’écrase pas sa motivation! :) Il va trouver rapidement du travail si il continue ainsi! Et qu’il n’hésite pas à passer son bénévolat dans son expérience professionnelle dans son CV, si celui-ci correspond à son projet professionnel!

    CamilleG le mercredi 5 février 2014 à 8h34

  2. Une chose est certaine concernant Pôle Emploi, c’est qu’il n’y a rien à en attendre de concret. Ce ne sont pas les salariés qui sont en cause, encore que pour certains la motivation et l’énergie ne sont pas denrées évidentes !! Mais, quand il y a une crise économique, quand il y a manque de confiance des entreprises, seules créatrices de vrais emplois, dans les décisions du gouvernement, quand il y a inadéquation entre formation et offres éventuelles, comment croire que Pôle Emploi puisse servir à quelque chose !!!

    Parmentier le mercredi 5 février 2014 à 10h46