Bourgogne : La reprise de l’intérim, premier signe d’embellie sur le marché de l’emploi ?

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La reprise poussive perçue en France en 2013 n’est pas au rendez-vous en Bourgogne. Du moins, durant les trois premiers trimestres de l’année. Avant d’entrer dans sa période de réserve, en raison de l’approche des élections, l’ a dressé un premier bilan, contrasté, de l’année qui vient de s’écouler, vendredi 31 janvier 2014.

Mais les statisticiens de la rue Hoche gardent espoir. La Bourgogne n’est pas la région la plus sinistrée ni la plus attractive d’ailleurs. Et si l’emploi salarié se replie avec une destruction nette de 1 100 emplois sur un trimestre – 4 300 sur l’année -, la reprise de l’ pourrit laisser présager un avenir plus radieux… Et ce, dès 2014 !

L’intérim a toujours une avance sur le cycle économique

Toutes les bonnes nouvelles sont toujours bonnes à prendre. Et celle que pointe l’institut national des statistiques et études économiques dans sa dernière étude en fait partie. Après avoir légèrement baissé au premier semestre 2012, l’intérim progresse de 6,3% au troisième trimestre de l’année qui vient de s’achever. Générant 900 emplois supplémentaires et retrouvant ainsi à son niveau de début d’année 2012. “L’intérim réagit plus rapidement à une potentielle reprise ou à une chute de l’activité”, explique Christine Charton.

Il offre en effet aux entreprises un volant de flexibilité plus facilement mobilisable. Le processus d’embauche est externalisé aux agences d’intérim, réduisant le coût pour les entreprises et la durée des vacances de poste lorsque celles-ci souhaitent augmenter leur emploi. Mais reste à savoir si ce rebond de l’intérim est précurseur. Reste que le secteur a perdu 45 000 emplois en équivalent temps plein sur l’ensemble de 2013 d’après les derniers chiffres, non disponibles en région. Les premières semaines de janvier ne montrent pas vraiment de signes de reprise.

La Bourgogne est une des régions qui enregistre la plus forte hausse de se secteur, qui touche plus globalement le grand Est de la France. “L’industrie est la plus grosse consommatrice d’intérimaires”, poursuit Christine Charton. Et c’est justement dans ces régions que l’industrie est la plus développée, et donc aussi la plus touchée par la crise. Alors s’agit-il juste d’un afflux temporaire d’activité ou les prémisses d’une réelle reprise ? Les statisticiens ne se prononcent pas pour le moment. D’autant que lorsque la crise a éclaté, il a fallu deux trimestres pour s’en rendre réellement compte.

Mais ce qui inquiète le plus l’Insee c’est que la Bourgogne est déjà passée au travers du petit regain d’activité qu’avait connu la France en 2012. “Ce qui créer l’emploi aujourd’hui, c’est le tertiaire”, note Moise Mayo, directeur de l’Insee. “Alors nous allons voir s’il s’agit là aussi d’une non-reprise. Savoir si la Bourgogne décroche. Dijon est la seule grande métropole de la région, mais n’est pas encore assez forte pour résister à Paris et Lyon”.

En Côte-d’Or, l’intérim progresse de 8,4%. Une forte hausse qui vient compenser les baisses d’effectifs des autres secteurs : -1% dans le commerce. Cette conjoncture assez maussade n’est pas propre à la Bourgogne. En France, l’activité recule aussi au troisième trimestre de 0,1% après. “L’emploi total devrait progresser d’ici mi-2014 et le chômage devrait se stabiliser dans la même période”, annonce l’Insee.

Toujours plus de chômeurs de longue durée

À en croire les chiffres de Pôle emploi, le chômage aurait reculé en Bourgogne, en décembre 2013, de 0,8%, mais aurait aussi progressé de 2,4 sur un an. Les chiffres de l’Insee ne sortiront officiellement que courant avril. “Depuis le début de l’année 2013, le taux de chômage bourguignon se maintient au même niveau, à 9,8 % de la population active, alors qu’il progresse de 0,1 point en France métropolitaine, pour s’établir à 10,5%”, complète Stéphane Vigneau.

La Côte-d’Or tire son épingle du jeu avec un taux de chômage “historiquement” plus faible. La Saône-et-Loire et la Nièvre restent en revanche les deux départements bourguignons les plus touchés. Mais ce qui interpelle le plus c’est la proportion toujours plus grande que tiennent les “chômeurs de longue durée”. Ils représentent désormais 45% des chômeurs. En revanche, la part des jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi se réduit sous l’effet du développement des emplois aidés.

Ces mêmes contrats de génération boostent le secteur des emplois non marchand. Moise Mayo, directeur de l’Insee annonce d’ailleurs qu’un état des lieux sera prochainement établi afin d’établir un véritable panorama de la situation. Pour connaître une croissance de l’emploi, il faut que le Produit intérieur brut du pays augmente de 1%. Chose qui est encore loin d’être atteinte.

Surtout que si l’intérim porte tous les espoirs, d’autres réalités viennent noircir le tableau : le secteur de la construction est très éprouvé avec 5 200 emplois en moins en cinq ans et les permis de construire en repli ne laissent pas entrevoir un retournement de tendance. Même si ceci peut-être une conséquence de l’approche des élections. La création d’entreprises est aussi en retrait. “Au bout de cinq ans, 55% des entreprises ont résisté”, relativise cependant Stéphane Vigneau. “Les dépôts de bilan en Bourgogne sont même en baisse”… Une hirondelle qui fera peut-être bientôt le printemps ?

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